Frise chronologique
XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIIe siècle (≈ 1350)
Première église sur un site élevé.
1437-1442
Destruction partielle
Destruction partielle
1437-1442 (≈ 1440)
Ne restent que fondations et façade.
Seconde moitié du XVe siècle
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
Seconde moitié du XVe siècle (≈ 1575)
Ajout de chapelles et chevet flamboyant.
Fin XVe - début XVIe siècle
Chevet gothique flamboyant
Chevet gothique flamboyant
Fin XVe - début XVIe siècle (≈ 1625)
Reconstruction par Raymond de Ferrand.
1733
Construction de la sacristie
Construction de la sacristie
1733 (≈ 1733)
Par l’abbé Dumas.
XIXe siècle
Décor néo-gothique
Décor néo-gothique
XIXe siècle (≈ 1865)
Ajouts intérieurs et restaurations.
1942-1944
Fresques de Masutti
Fresques de Masutti
1942-1944 (≈ 1943)
Peintures en trompe-l’œil dont la *Cène*.
23 septembre 1958
Classement monument historique
Classement monument historique
23 septembre 1958 (≈ 1958)
Inscrite à l’inventaire.
1976-1982
Restauration complète
Restauration complète
1976-1982 (≈ 1979)
Par l’association *Amis des pierres*.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. B 440, 442 2è feuille) : inscription par arrêté du 23 septembre 1958
Personnages clés
| Raymond de Ferrand - Seigneur de Mauvezin |
Commanditaire du chevet gothique flamboyant. |
| Gustave Alaux - Architecte (XIXe siècle) |
Restaura l’église, relevé erroné de la charpente. |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte et théoricien |
Étudia la charpente dans son *Dictionnaire*. |
| Giovanni Masutti - Peintre italien |
Auteur des fresques (1942-1944). |
| André Desgrez - Architecte des Bâtiments de France |
Supervisa la restauration (1976-1982). |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-ès-Liens, située à Mauvezin-sur-Gupie en Lot-et-Garonne, trouve ses origines au XIIIe siècle, bien que sa structure actuelle date principalement des XVe et XIXe siècles. Construite sur un emplacement élevé, elle aurait pu servir d’observatoire. Détruite entre 1437 et 1442, il n’en restait que les fondations et la base de la façade. Sa reconstruction débuta dans la seconde moitié du XVe siècle, avec l’ajout de deux chapelles latérales couvertes de voûtes d’arêtes. Le chevet, de style gothique flamboyant, fut achevé à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle sous l’impulsion de Raymond de Ferrand, seigneur local, dont les armoiries ornent une clé de voûte.
La charpente de la nef, en forme de carène de vaisseau renversé, est un élément architectural exceptionnel. Bien qu’Eugène Viollet-le-Duc l’ait étudiée dans son Dictionnaire raisonné de l’architecture française, son analyse reposait sur un relevé erroné de l’architecte Gustave Alaux, datant la charpente du XIIIe siècle alors qu’elle fut réalisée au XVe. Une étude de 1957 a révélé sa singularité technique : une charpente à chevron portant ferme, avec des poinçons décalés, et une seule ferme complète. Les modifications ultérieures, comme les fenêtres de la nef, sont attribuées à Alaux, qui restaura l’église au XIXe siècle.
Au XVIIIe siècle, l’abbé Dumas y adjoignit une sacristie (1733). L’édifice, épargné pendant la Révolution, fut enrichi au XIXe siècle d’un décor intérieur néo-gothique. Entre 1942 et 1944, le peintre italien Giovanni Masutti y réalisa des fresques en trompe-l’œil, dont une Cène inspirée de Léonard de Vinci. Classée monument historique en 1958, l’église fut restaurée entre 1976 et 1982 par l’association Les Amis des pierres du temps passé, sous la direction de l’architecte André Desgrez.
Les décorations intérieures, notamment les peintures de Masutti, ainsi que la charpente, témoignent de son évolution stylistique et technique. L’abbé Brousseau initia également des restaurations du décor. Enfin, l’église illustre l’interaction entre patrimoine médiéval et interventions modernes, avec des éléments comme le feston bas de voûte, ajouté plus tardivement. Son inscription aux monuments historiques souligne son importance architecturale et historique dans la région.