Frise chronologique
1103
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1103 (≈ 1103)
Travées occidentales et façade romanes achevées.
1548
Confiscation des cloches
Confiscation des cloches
1548 (≈ 1548)
Répression de la révolte des *pitauds* par Montmorency.
1565
Destruction partielle
Destruction partielle
1565 (≈ 1565)
Cure démolie pendant les guerres de Religion.
1858
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure
1858 (≈ 1858)
Nef et façade refaites, clocher supprimé.
1946
Classement MH et restauration
Classement MH et restauration
1946 (≈ 1946)
Après dommages de la Seconde Guerre mondiale.
1986
Réparation de la toiture
Réparation de la toiture
1986 (≈ 1986)
Subvention municipale pour entretien.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 13 janvier 1946
Personnages clés
| Anne de Montmorency - Connétable de France |
Confisqua les cloches en 1548. |
| Curé Lacurie - Curé de Médis (XIXe siècle) |
Opposé à la destruction du clocher. |
| Curé Millaud et prieur Maurisse - Clergé local (début XVIIe) |
Témoins de la ruine post-guerres de Religion. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre-ès-Liens de Médis, fondée au XIIe siècle, était initialement un prieuré dépendant de l’abbaye aux Dames de Saintes, puis du chapitre de Saint-Eutrope. Son portail roman, achevé en 1103, et son chœur gothique reflètent ses origines médiévales. Les cloches furent confisquées en 1548 par Anne de Montmorency pour réprimer la révolte des pitauds, marquant son implication dans les troubles religieux de la Saintonge.
Au XVIe siècle, les guerres de Religion endommagèrent gravement l’édifice : la cure fut détruite en 1565, et la nef servit même de dépotoir jusqu’en 1849. Une première restauration au XVIIe siècle, jugée insuffisante, laissa l’église en péril. En 1836, des subventions publiques permirent des travaux d’urgence, suivis d’une reconstruction majeure en 1858, incluant la suppression du clocher médiéval malgré les protestations du curé Lacurie.
La Seconde Guerre mondiale aggrava les dégâts : les voûtes de la nef et du croisillon nord furent crevées par des bombes, contraignant les offices à se tenir dans la crypte jusqu’en 1946. Classée monument historique cette même année, l’église bénéficia d’une restauration jusqu’en 1950, puis de réparations de toiture en 1986. Son architecture hétéroclite, mêlant roman, gothique et ajouts modernes, témoigne de cette histoire tourmentée.
La façade occidentale, ornée de sculptures médiévales (palmettes, animaux fantastiques), contraste avec le pignon et le clocheton ajoutés au XIXe siècle. La nef conserve ses arcades romanes, tandis que le chœur gothique, surélevé sur une crypte, est éclairé par une baie à lancettes. Les traces de la petite porte murée près de la crypte rappellent son usage exclusif au XVIIe siècle, lorsque la nef était en ruine.
Les sépultures des seigneurs et prêtres de Médis, autrefois situées dans le sanctuaire, ont disparu. Aujourd’hui propriété communale, l’église reste un symbole du patrimoine religieux saintongeais, marqué par les conflits, les reconstructions et une résilience architecturale remarquable.