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Frise chronologique
XIe siècle
Début du pèlerinage marial
Début du pèlerinage marial
XIe siècle (≈ 1150)
Culte de la Vierge douloureuse attesté.
Fin XIe - XIIe siècle
Construction de l'église actuelle
Construction de l'église actuelle
Fin XIe - XIIe siècle (≈ 1295)
Période salienne, deuxième âge roman.
1546
Introduction de la Réforme
Introduction de la Réforme
1546 (≈ 1546)
Passage au protestantisme jusqu'en 1687.
1687
Rétablissement du catholicisme
Rétablissement du catholicisme
1687 (≈ 1687)
Sous Louis XIV, retour au culte catholique.
6 décembre 1898
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
6 décembre 1898 (≈ 1898)
Protection officielle de l'édifice.
1909
Confiance aux Franciscains
Confiance aux Franciscains
1909 (≈ 1909)
Gestion du pèlerinage et de l'église.
1989
Restauration majeure
Restauration majeure
1989 (≈ 1989)
Retour à un état proche de l'origine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Pierre-et-Paul : classement par arrêté du 6 décembre 1898
Personnages clés
| Louis XIV - Roi de France |
Rétablit le catholicisme en 1687. |
| Charles Winkler - Architecte restaurateur |
Dirigea les travaux de 1888. |
| Knauth (ou Henri Salomon) - Architecte du porche |
Conçut le porche en bois (1915-1917). |
| Franciscains - Ordre religieux gestionnaire |
Responsables depuis 1909 du pèlerinage. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-et-Paul de Hohatzenheim, située dans le Bas-Rhin sur la commune de Wingersheim-les-Quatre-Bans, est un édifice religieux roman construit entre la fin du XIe et le XIIe siècle. Elle se dresse sur l’emplacement d’un ancien temple romain et d’un sanctuaire du VIIIe siècle, témoignant d’une continuité cultuelle millénaire. Son architecture mêle des éléments conservateurs inspirés de l’art ottonien (intérieur) et des innovations saliennes (façades occidentales à traceries primitives), caractéristiques de la deuxième âge roman en Alsace.
La fondation de l’église est liée aux abbayes de Marmoutier et de Neuwiller-lès-Saverne, qui en furent successivement propriétaires. Classée monument historique dès 1898, elle abrite un pèlerinage dédié à la Vierge douloureuse depuis le XIe siècle, matérialisé par une piéta du XVe siècle toujours vénérée. Ce lieu de dévotion, confié aux Franciscains depuis 1909 sous l’autorité de l’archevêché de Strasbourg, illustre l’importance des cultes marians en Alsace médiévale et moderne.
L’édifice présente une nef à trois vaisseaux, un transept non saillant avec une tour de croisée en briques, et un chœur en cul-de-four orné de lésènes et d’une frise d’arceaux à têtes sculptées. Ces caractéristiques rappellent des modèles régionaux comme les églises de Murbach, Andlau ou Balbronn, datées du troisième quart du XIIe siècle. Les restaurations successives (notamment en 1772, 1888 et 1989) ont préservé ou restitué des éléments originaux, comme l’absidiole nord ou les peintures murales de 1934 représentant la Vie du Christ et de la Vierge.
L’histoire mouvementée de l’église reflète les bouleversements religieux alsaciens : introduction de la Réforme en 1546, rétablissement du catholicisme en 1687 sous Louis XIV, et fermeture révolutionnaire en 1799 avant sa réouverture en 1801. Une inscription latine sur une dalle du bas-côté nord commémore ces événements, soulignant son rôle central dans la mémoire locale. L’ajout d’un porche en bois en 1915-1917, conçu par l’architecte de la cathédrale de Strasbourg, marque aussi son adaptation aux usages contemporains.
Le mobilier et l’architecture intérieure — comme les arcades en plein cintre retombant sur des piles carrées, ou la tribune d’orgue à garde-corps ajouré — témoignent d’une synthèse entre héritage roman et aménagements postérieurs. Les ambiances visuelles, des peintures monumentales aux vitraux, renforcent son caractère de sanctuaire à la fois historique et vivant, toujours lié à la communauté franciscaine et aux pèlerins.