Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Benoît de Perrecy-les-Forges se situe sur la commune de Perrecy-les-Forges (Saône-et-Loire) en Bourgogne-Franche-Comté. Elle est l'ancienne église du prieuré fondé par le comte Eccard II et dépendant du prieuré de Saint-Benoît-sur-Loire, prieuré supprimé par brevet royal du 8 avril 1776. L'édifice fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862.
Le prieuré, institué en 876 par le testament d'Eccard II, dépendait de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire ; Eccard II donna Perrecy au monastère pour offrir un site de repli en cas d'attaque viking sur la Loire. Les bénédictins s'installèrent et élevèrent un édifice imposant. L'église actuelle, construite par eux vers 1020–1030, a été conservée pour l'essentiel, seule l'extrémité occidentale (la dernière travée de la nef et l'avant-nef) relevant d'une reprise du XIIe siècle.
Le plan primitif est largement préservé, malgré l'absence en élévation du bas-côté nord dont subsiste un petit fragment, de l'extrémité du croisillon sud du transept et du haut vaisseau du chœur. De la construction initiale du début du XIe siècle subsistent la totalité du mur sud de la nef, très déversé, la totalité de la croisée du transept jusqu'à la coupole surplombant la tour-lanterne, les murs du chœur avec leurs deux travées de bas-côtés et la base de l'abside polygonale. Ces parties sont bâties en maçonnerie de petit moellon carré, caractéristique du XIe siècle et distincte des autres campagnes de construction.
La sculpture est presque inexistante : seuls les chapiteaux des baies géminées formant claire-voie intérieure au‑dessus des grands arcs de la croisée subsistent, et des impostes moulurées, qui servaient d'appui aux cintres, animent la nudité des murs dépourvus de lésènes et de bandeaux. Cette muralité paraît avoir été conçue pour recevoir des peintures ; une prospection reste à faire.
L'édifice, exemple d'architecture religieuse des XIe et XIIe siècles, a connu plusieurs interventions : vers 1095 le croisillon nord du transept fut voûté ou re‑voûté en voûte d'arêtes et renforcé par des contreforts intérieurs ronds et des contreforts extérieurs aux angles ; vers 1120 la nef fut allongée et une avant-nef neuve, en grande partie en pierre de taille de fort appareil et à deux niveaux décorés, fut érigée et surmontée d'une tour-beffroi à deux niveaux ; au XVe siècle le chœur fut reconstruit en pierre de taille avec de grandes baies en lancette à remplages, et le cloître adossé au bas-côté sud fut remplacé par un cloître voûté d'ogives dont seuls les culs-de-lampe subsistent. Le mur nord de la nef a par ailleurs été presque entièrement reconstruit à une date indéterminée de l'époque gothique sur l'emprise de la grande arcade nord disparue, avec la quasi‑disparition du bas-côté nord.
À l'initiative du père Laborier, curé de Perrecy de 1941 à 1949, le chevet a reçu en 1946 un vitrail en l'honneur de saint Benoît. La tour-lanterne, montée sur trompes, est typique romane et s'écarte des modèles carolingiens ; elle présente des dimensions considérables pour l'époque, sa hauteur étant de 18 mètres, et son état de conservation est exceptionnel.
Édifice cultuel consacré du diocèse d'Autun, l'église relève de la paroisse Saint-Matthieu-en-Pays-montcellien, dont le siège est à Montceau-les-Mines et qui en est affectataire au titre de la loi de 1905 ; mille ans après sa construction, elle demeure un lieu de culte catholique.