Frise chronologique
fin XVe siècle
Construction de la chapelle Corday
Construction de la chapelle Corday
fin XVe siècle (≈ 1595)
Chapelle seigneuriale destinée aux Corday.
XVIe siècle
Édification de l'église actuelle
Édification de l'église actuelle
XVIe siècle (≈ 1650)
Période principale de construction.
XIXe siècle
Reconstruction partielle
Reconstruction partielle
XIXe siècle (≈ 1865)
Nef et chœur remaniés style néogothique.
19 juillet 1926
Classement monument historique
Classement monument historique
19 juillet 1926 (≈ 1926)
Inscription de la chapelle Corday.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle du XVIe siècle : inscription par arrêté du 19 juillet 1926
Personnages clés
| Famille des Corday - Seigneurs locaux |
Commanditaires de la chapelle funéraire. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Bréel, située dans le bourg d'Athis-Val de Rouvre (Orne, Normandie), est un édifice catholique dont la construction remonte principalement au XVIe siècle. Elle se distingue par sa chapelle seigneuriale, dite chapelle Corday, érigée à la fin du XVe siècle pour servir de sépulture à la famille noble des Corday. Cette chapelle, classée monument historique depuis 1926, arbore des éléments architecturaux remarquables comme des nervures gothiques, des pendentifs, et une façade en granit sculpté ornée d’une inscription macabre : « Telz fusmes coe vo Tel seres coe no » (« Nous avons été comme vous, vous serez comme nous »).
La chapelle Corday, intégrée au transept sud, présente une voûte à croisée d’ogives où figure le blason des Corday. À l’extérieur, son pignon encadré de pinacles et sa baie flamboyante rappellent le style des enclos paroissiaux bretons, une rareté dans l’Orne. L’intérieur abrite une Vierge à l’Enfant en bois polychrome des environs de 1500, classée à titre d’objet, ainsi que des culs-de-lampe et des statues de saints sur consoles. Ces éléments contrastent avec la nef et le chœur, reconstruits au XIXe siècle dans un style néogothique, conservant cependant des vestiges de l’église médiévale comme des baies en arc brisé ou une piscine en granite.
L’édifice, propriété de la commune, illustre l’évolution architecturale entre Moyen Âge et époque moderne. La chapelle Corday, initialement conçue comme un espace funéraire aristocratique, a subi des modifications ultérieures (destruction des réseaux de la baie sud pour éclaircir l’espace, murage de la baie est). Ces transformations reflètent les adaptations liturgiques et esthétiques au fil des siècles, tout en préservant des traces tangibles de son passé seigneurial. L’inscription morbide de la façade, typique de la danse macabre, rappelle la fragilité humaine, thème récurrent dans l’art religieux de la Renaissance.
Parmi les éléments notables, la Vierge à l’Enfant à l’oiseau se distingue par son iconographie : l’Enfant Jésus, assis sur le bras gauche de Marie, tient une pomme et un oiseau, symboles de la Rédemption et de l’Âme. La sculpture, partiellement masquée par une peinture du XIXe siècle, révèle sous ses couches une polychromie ancienne. Ces détails, associés aux blasons des Corday et aux bustes sculptés (un vivant et un mort) de la façade, soulignent le double rôle de l’église : lieu de culte paroissial et mausolée familial.
Le site, référencé dans les bases Mérimée et Clochers de France, bénéficie d’une localisation précise (2 Le Bourg, Bréel) et d’une protection patrimoniale partielle. Bien que l’église actuelle soit majoritairement une reconstruction du XIXe siècle, sa chapelle médiévale et ses vestiges gothiques en font un témoignage rare de l’art religieux normand à la charnière entre Moyen Âge et Renaissance. Son ouverture au public et son intégration dans le paysage local en font un point d’intérêt pour l’histoire de l’Orne et de la Basse-Normandie.