Frise chronologique
XIe siècle
Construction de la nef primitive
Construction de la nef primitive
XIe siècle (≈ 1150)
Seul vestige de l’église originelle
XIVe siècle
Construction du clocher
Construction du clocher
XIVe siècle (≈ 1450)
Cloches d’origine encore conservées
XVe siècle
Incendie et reconstruction
Incendie et reconstruction
XVe siècle (≈ 1550)
Bas-côtés reconstruits après destruction
1731–1733
Réparations d’urgence par le curé Dufrène
Réparations d’urgence par le curé Dufrène
1731–1733 (≈ 1732)
État de ruine documenté
XVIIe siècle
Transept et chœur reconstruits
Transept et chœur reconstruits
XVIIe siècle (≈ 1750)
Transformation partielle en style gothique
1920–1921
Reconstruction post-Première Guerre mondiale
Reconstruction post-Première Guerre mondiale
1920–1921 (≈ 1921)
Classement monument historique en 1921
2009
Restauration moderne
Restauration moderne
2009 (≈ 2009)
Gargouilles et horloge ajoutées
2013–2014
Fouilles de l’ancien cimetière
Fouilles de l’ancien cimetière
2013–2014 (≈ 2014)
Création d’un ossuaire
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 16 décembre 1921
Personnages clés
| Blaise Nicolas Dufrène - Curé de Camelin (début XVIIIe siècle) |
A organisé les réparations en 1733 |
| Sr Mâlle - Architecte à Soissons |
A évalué les dommages en 1732 |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin, édifiée dès le XIe siècle pour sa nef, est un témoignage architectural mêlant styles roman et gothique. Construite en pierre de taille sur une butte surélevée, elle adopte une croix latine, avec des contreforts et une voûte en berceau typiques du roman. Les ajouts gothiques, comme les arcs brisés et décorations, apparaissent progressivement, suivant un axe sud-nord. Son clocher date du XIVe siècle, tandis que l’abside, reconstruite au XVIIIe, achève sa transformation stylistique.
L’histoire de l’église est marquée par des destructions et reconstructions successives. Un incendie au XVe siècle ravage une partie de l’édifice, entraînant la reconstruction des bas-côtés, puis du transept et du chœur au XVIIe siècle. Durant la Première Guerre mondiale, des bombardements endommagent gravement l’église, nécessitant une restauration dans les années 1920. Classée monument historique en 1921, elle subit encore des rénovations en 2009 (gargouilles, horloge) et en 2013–2014, avec la mise au jour d’un ancien cimetière transformé en ossuaire.
À l’intérieur, une croix monumentale en fer forgé, suspendue aux colonnes, côtoie des statues religieuses (Joseph, Vierge à l’Enfant, Jeanne d’Arc) et des plaquettes illustrant la Passion du Christ. Une plaque commémore les habitants « morts pour la France ». Les cloches originales du XIVe siècle, aujourd’hui préservées, ont été remplacées par une cloche du XIXe siècle pour un usage courant. L’église illustre ainsi près de mille ans d’histoire locale, entre foi, conflits et patrimoine.
Une anecdote du XVIIIe siècle révèle l’état de délabrement extrême de l’église, poussant le curé Blaise Nicolas Dufrène à des réparations d’urgence. Dans un récit daté de 1733, il décrit ses démarches auprès de l’intendance de Soissons pour financer les travaux, utilisant des arbres en étayage provisoire. Les 2 000 livres allouées permirent enfin de sauver l’édifice, dont la charpente était « entièrement dénervée ». Ce document offre un témoignage rare sur les difficultés matérielles et administratives de la préservation du patrimoine rural à cette époque.
Aujourd’hui, l’église se dresse à l’intersection de la route de Noyon et de la rue Pichemine, toujours propriété communale. Son architecture hybride, ses éléments décoratifs (gargouilles restaurées, horloge) et son histoire mouvementée en font un symbole du village de Camelin, entre mémoire religieuse et résilience face aux guerres.