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Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin dans l'Aisne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise romane et gothique Clocher en bâtière

Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin

    2 Rue Pichemine
    02300 Camelin
Propriété de la commune
Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin
Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin
Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin
Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin
Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin
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Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin
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Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin
Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin
Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin
Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin
Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin
Crédit photo : Markus3 (Marc ROUSSEL) - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Construction de la nef primitive
XIVe siècle
Construction du clocher
XVe siècle
Incendie et reconstruction
1731–1733
Réparations d’urgence par le curé Dufrène
XVIIe siècle
Transept et chœur reconstruits
1920–1921
Reconstruction post-Première Guerre mondiale
2009
Restauration moderne
2013–2014
Fouilles de l’ancien cimetière
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : classement par arrêté du 16 décembre 1921

Personnages clés

Blaise Nicolas Dufrène - Curé de Camelin (début XVIIIe siècle) A organisé les réparations en 1733
Sr Mâlle - Architecte à Soissons A évalué les dommages en 1732

Origine et histoire

L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Camelin, édifiée dès le XIe siècle pour sa nef, est un témoignage architectural mêlant styles roman et gothique. Construite en pierre de taille sur une butte surélevée, elle adopte une croix latine, avec des contreforts et une voûte en berceau typiques du roman. Les ajouts gothiques, comme les arcs brisés et décorations, apparaissent progressivement, suivant un axe sud-nord. Son clocher date du XIVe siècle, tandis que l’abside, reconstruite au XVIIIe, achève sa transformation stylistique.

L’histoire de l’église est marquée par des destructions et reconstructions successives. Un incendie au XVe siècle ravage une partie de l’édifice, entraînant la reconstruction des bas-côtés, puis du transept et du chœur au XVIIe siècle. Durant la Première Guerre mondiale, des bombardements endommagent gravement l’église, nécessitant une restauration dans les années 1920. Classée monument historique en 1921, elle subit encore des rénovations en 2009 (gargouilles, horloge) et en 2013–2014, avec la mise au jour d’un ancien cimetière transformé en ossuaire.

À l’intérieur, une croix monumentale en fer forgé, suspendue aux colonnes, côtoie des statues religieuses (Joseph, Vierge à l’Enfant, Jeanne d’Arc) et des plaquettes illustrant la Passion du Christ. Une plaque commémore les habitants « morts pour la France ». Les cloches originales du XIVe siècle, aujourd’hui préservées, ont été remplacées par une cloche du XIXe siècle pour un usage courant. L’église illustre ainsi près de mille ans d’histoire locale, entre foi, conflits et patrimoine.

Une anecdote du XVIIIe siècle révèle l’état de délabrement extrême de l’église, poussant le curé Blaise Nicolas Dufrène à des réparations d’urgence. Dans un récit daté de 1733, il décrit ses démarches auprès de l’intendance de Soissons pour financer les travaux, utilisant des arbres en étayage provisoire. Les 2 000 livres allouées permirent enfin de sauver l’édifice, dont la charpente était « entièrement dénervée ». Ce document offre un témoignage rare sur les difficultés matérielles et administratives de la préservation du patrimoine rural à cette époque.

Aujourd’hui, l’église se dresse à l’intersection de la route de Noyon et de la rue Pichemine, toujours propriété communale. Son architecture hybride, ses éléments décoratifs (gargouilles restaurées, horloge) et son histoire mouvementée en font un symbole du village de Camelin, entre mémoire religieuse et résilience face aux guerres.

Liens externes