Construction de la chapelle castrale XIIe siècle (≈ 1250)
Tour romane et voûte primitive conservées.
Début XVe siècle
Aménagement du comble refuge
Aménagement du comble refuge Début XVe siècle (≈ 1504)
Ajout de meurtrières et escalier colimaçon.
1506
Décès de Régnier de Creuë
Décès de Régnier de Creuë 1506 (≈ 1506)
Dalle funéraire dans l’église.
Fin XVe - début XVIe siècle
Reconstruction en église halle
Reconstruction en église halle Fin XVe - début XVIe siècle (≈ 1625)
Style gothique flamboyant, nef actuelle.
1862-1865
Agrandissements néogothiques
Agrandissements néogothiques 1862-1865 (≈ 1864)
Travée supplémentaire et surélévation du clocher.
1914-1918
Dégâts pendant la Première Guerre
Dégâts pendant la Première Guerre 1914-1918 (≈ 1916)
Cloches enlevées par les Allemands.
1924
Installation des nouvelles cloches
Installation des nouvelles cloches 1924 (≈ 1924)
Financées par Mary Strong-Shattuck (New York).
1928
Restauration et fresques de Donzelli
Restauration et fresques de Donzelli 1928 (≈ 1928)
Décoration du chœur et de la chapelle.
28 juin 1994
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques 28 juin 1994 (≈ 1994)
Protection de l’église et du cimetière.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, y compris le cimetière (cad. 136F 273, 274) : inscription par arrêté du 28 juin 1994
Personnages clés
Régnier de Creuë - Chevalier et seigneur local
Affranchit Creuë de la mainmorte (1487).
Miss Mary Strong-Shattuck - Donatrice américaine
Finança les cloches en 1924.
Duilio Donzelli - Artiste italien
Auteur des fresques (1928).
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Creuë, située dans l’ancienne commune de Creuë (Meuse, Grand Est), est un édifice hybride dont la construction s’étale du XIIe au XIXe siècle. À l’origine chapelle castrale romane du XIIe siècle, elle fut partiellement détruite à la fin du XVe siècle pour laisser place à une église halle gothique flamboyant, achevée au début du XVIe siècle. Le clocher, base romane des XIIe et XIIIe siècles, fut surélevé en 1865 d’un niveau néogothique, tandis que la nef, de plan rectangulaire (22 × 14 m), fut agrandie d’une travée en 1862. Des éléments défensifs du XVe siècle, comme des meurtrières et une bretèche, témoignent de son rôle de refuge lors des conflits.
La chapelle romane initiale, intégrée à la nef actuelle, conserve une voûte en croisée d’ogives et des ouvertures en plein cintre. Au XVe siècle, ses combles furent aménagés en refuge fortifié, accessible par un escalier en colimaçon encore visible. Les modifications ultérieures incluent l’ajout de barreaux aux baies gothiques au XVIIe siècle et des restaurations post-Première Guerre mondiale, notamment les fresques de Duilio Donzelli (1928) ornant le chœur et la chapelle. L’église abrite aussi des éléments remarquables comme une dalle funéraire du chevalier Régnier de Creuë (vers 1506), une Vierge de pitié du XVIe siècle, et des bases de colonnes sculptées de têtes humaines datées de la fin du XVe siècle.
Classée monument historique en 1994, l’église porte les stigmates des conflits, notamment les dommages de 1914-1918 qui entraînerent le remplacement de ses trois cloches en 1924, financé par une donatrice américaine, Miss Mary Strong-Shattuck. Les cloches actuelles, nommées Marie, Sainte Jeanne d’Arc et Sainte Thérèse, jouent chaque soir une mélodie automatique. Le site abrite également une colonie de chauves-souris, protégée comme nurserie pour petits rhinolophes. Les fresques de Donzelli, combinant symboles religieux et motifs floraux, ainsi que les éléments fortifiés résiduels, illustrent la dualité cultuelle et défensive de ce monument lorrain.
Parmi les détails architecturaux notables figurent le clocher de 30 mètres, divisé en quatre niveaux (trois romans, un néogothique), et la nef halle à collatéraux inégaux, caractéristique des églises lorraine. La base d’une colonne du bas-côté sud présente deux têtes sculptées énigmatiques, percées de trous suggérant un usage rituel (porte-cierges ?). Une peinture murale de Sainte Marguerite d’Antioche (1513) et un tableau classique au-dessus du portail complètent ce patrimoine artistique. L’histoire de l’église est aussi liée à l’affranchissement des habitants de Creuë de la mainmorte en 1487 par Régnier de Creuë, dont la dalle funéraire ornée de ses armoiries (d’or à la croix de sable) est conservée dans l’édifice.
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