Frise chronologique
1572-1588
Construction de l'église
Construction de l'église
1572-1588 (≈ 1580)
Initiée par le cardinal Nicolas de Pellevé.
1585
Saisie des biens du cardinal
Saisie des biens du cardinal
1585 (≈ 1585)
Nef restée inachevée jusqu’en 1606.
1606
Achèvement des voûtes
Achèvement des voûtes
1606 (≈ 1606)
Financé par Françoise de Pellevé, nièce du cardinal.
1743
Déplacement du clocher
Déplacement du clocher
1743 (≈ 1743)
Transféré sur la croisée du transept.
10 janvier 1921
Classement monument historique
Classement monument historique
10 janvier 1921 (≈ 1921)
Protection de l’édifice par arrêté ministériel.
11 août 1932
Classement du porche et retable
Classement du porche et retable
11 août 1932 (≈ 1932)
Extension de la protection patrimoniale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 10 janvier 1921 ; Porche de l'église et le fragment de retable qu'il abrite : classement par arrêté du 11 août 1932
Personnages clés
| Nicolas de Pellevé - Cardinal et chef de la Ligue catholique |
Initiateur présumé de la construction, natif de Jouy-sous-Thelle. |
| Françoise de Pellevé - Nièce du cardinal |
Finança les voûtes en 1606. |
| Louis Graves - Historien local (XIXe siècle) |
A étudié l’église et contesté l’attribution à Pellevé. |
| Bernard Duhamel - Historien de l’art |
A décrit l’église comme un « canard dans le poulailler ». |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Jouy-sous-Thelle, située dans le département de l'Oise, est un édifice catholique paroissial construit entre 1572 et 1588, probablement à l'initiative du cardinal Nicolas de Pellevé, natif du village et chef de la Ligue catholique. La nef, restée inachevée en raison de la saisie des biens du cardinal en 1585, ne vit ses voûtes achevées qu'en 1606, grâce à un don de sa nièce, Françoise de Pellevé. L’absence totale d’influence gothique et son plan tréflé en font une singularité architecturale dans la région.
L’église fut dédiée en 1588, mais son clocher, initialement situé sur le chœur, fut déplacé au-dessus de la croisée du transept en 1743, provoquant des tensions entre les paroissiens et les décimateurs. Les niches funéraires des croisillons abritaient autrefois les tombes des seigneurs locaux, dont celles de la famille Pellevé, avec des statues en marbre blanc partiellement conservées. Sous la Révolution, l’édifice fut rattaché au diocèse de Beauvais, puis à celui d’Amiens entre 1801 et 1822.
Classée monument historique en 1921, l’église abrite un mobilier remarquable, dont un retable rocaille du XVIIIe siècle, une poutre de gloire médiévale, et des retables latéraux encadrant des tableaux restaurés en 2009. Aujourd’hui affiliée à la paroisse Sainte-Thérèse d’Auneuil, elle accueille des messes mensuelles. Son architecture, marquée par des pilastres corinthiens et des voûtes en berceau, mêle sobriété extérieure et richesse décorative intérieure, avec des motifs sculptés comme des rosaces et des coquilles Saint-Jacques.
L’extérieur, en pierre de taille aux joints quasi invisibles, contraste avec l’intérieur où les voûtes, ajoutées a posteriori, rompent l’homogénéité stylistique. Les fenêtres, dépourvues d’ébrasement, interrompent la corniche, tandis que les niches extérieures, surmontées de frontons, animent les murs. Malgré son inachèvement visible (pierres en attente, nef tronquée), l’édifice incarne un témoignage rare de la Renaissance religieuse en Picardie, dépourvu de toute ornementation gothique.
Le mobilier classé comprend notamment un ensemble autel-tabernacle-retable du XVIIIe siècle, restauré après des siècles de négligence, et une poutre de gloire du XVIe siècle, ornée d’un Christ en croix et de symboles du Tétramorphe. Les retables latéraux, œuvres d’un atelier de Gisors, encadrent des tableaux anonymes représentant des scènes hagiographiques, comme saint Roch en pèlerin. Ces éléments illustrent l’évolution liturgique et artistique de l’édifice, entre héritage médiéval et influences baroques.