Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Langonnet, située dans le bourg du même nom en Bretagne, trouve ses origines dans un établissement monastique fondé par les moines de l’abbaye de Landévennec. Les parties les plus anciennes, datant du XIIe siècle, ne conservent aujourd’hui que la partie orientale de la nef, de style roman. Ce vestige témoigne d’une architecture sobre mais remarquable, avec des chapiteaux aux motifs géométriques et figuratifs stylisés, caractéristiques d’une école locale bretonne.
Au XVIe siècle, l’église subit d’importants remaniements : l’extérieur est entièrement refait, tout comme les collatéraux, la chapelle des fonts et la partie orientale. Les premières travées de la nef sont reconstruites dans un style gothique flamboyant, visible notamment sur la façade ouest, ornée de contreforts à pinacles et d’un tympan ajouré. Un porche carré, daté de 1523, et un ossuaire du XVIIe siècle complètent cet ensemble, reflétant l’évolution architecturale et liturgique de l’époque.
Le clocher, initialement surmonté d’une flèche en bois, est détruit par la foudre en 1844. Entre 1846 et 1873, la tour carrée et le clocher sont entièrement reconstruits, marquant la dernière grande transformation de l’édifice. À l’intérieur, le mobilier, majoritairement du XIXe siècle, contraste avec les éléments médiévaux préservés. Les vitraux contemporains, réalisés en 1993 par Gérard Lardeur, ajoutent une touche moderne à ce patrimoine multiséculaire.
Classée Monument Historique en 1980, l’église se distingue par ses chapiteaux romans, uniques en Bretagne par leur diversité et leur abstraction. Ces sculptures, mêlant motifs géométriques, animaux et scènes religieuses, s’inscrivent dans un courant artistique breton où la stylisation prime sur la figuration. L’édifice illustre ainsi près de neuf siècles d’histoire religieuse et architecturale, depuis ses origines monastiques jusqu’à ses restaurations modernes.
Les seigneurs locaux, comme ceux de Runellou, de Collobert, de Cosperec et de Kermain, ont marqué l’histoire de l’église au XVIIe siècle, comme en témoigne un écu héraldique sur la façade occidentale. Leur présence rappelle le rôle des familles nobles dans le mécénat et la gestion des lieux de culte en Bretagne à cette époque.