Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul
L'église Saint-Pierre-Saint-Paul, située au 1 rue de Valmy avec son porche sur l'avenue Franklin-Roosevelt, est un emblème de la reconstruction de Maubeuge après la guerre. L'ancienne église, dont l'origine remontait au VIIe siècle et qui avait déjà été détruite à cinq reprises, avait été inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 10 juin 1943 avant d'être détruite par les bombardements en 1944, après que la ville intra-muros ait été incendiée en 1940. André Lurçat, nommé architecte et urbaniste en chef de la reconstruction en 1945, fut chargé en 1949 de reconstruire l'édifice ; il travailla sur ce projet avec Henri Lafitte, qui proposa un avant-projet Art déco en 1947 et contribua à l'orientation vers un projet sobre et des matériaux modernes. Lurçat, convaincu des principes de l'urbanisme moderne, conçut la ville comme claire, verte, ensoleillée et aérée, et imagina pour l'église un lieu aux formes presque neutres, aisément reconvertible. L'édifice est entièrement réalisé en béton armé ; sa forme se présente comme un bloc et son plan est une croix latine de forme trapézoïdale. Les trois vaisseaux de la nef sont séparés par des poteaux porteurs qui forment un arc de cercle entre le chœur et le déambulatoire, et deux chapelles latérales occupent les bras du transept. La construction, commencée en 1955, s'est élevée entre 1955 et 1958 et la réception définitive a eu lieu en décembre 1960. Le clocher, haut de 43 mètres, est éclairé de briques de verre et s'accompagne d'une tour cylindrique abritant l'escalier d'accès au carillon de 28 cloches. Le porche d'entrée est divisé en trois parties, allusion à la Trinité, et le tympan est orné d'une mosaïque conçue par Jean Lurçat et réalisée par Michel Schmidt-Chevallier. L'extérieur comporte une mosaïque en émaux de Murano réalisée par Schmidt-Chevallier d'après les cartons de Jean Lurçat, tandis que les mosaïques intérieures et le chemin de croix originel sont l'œuvre de Catherine Lurçat ; cette dernière a aussi réalisé les mosaïques du banc de communion et du maître-autel. Le mobilier des autels et les statues des apôtres Pierre et Paul, hautes de 2,5 m, sont sculptés par Félix Roulin et mises en œuvre par le marbrier Pouillon de Cousolre. Les vitraux en dalle de verre ont été réalisés par Bernard Pelletier dans les années 1970. L'orgue construit par la manufacture Grandes Orgues de Lyon a été remplacé en 1993 par un instrument de style néoclassique du facteur Bernard Cogez, placé dans le chœur. Un second chemin de croix, réalisé par Livio Korn en 1994, a été installé dans la nef. L'église faisait partie, avec l'avenue Mabuse et le mail de Sambre, des trois réalisations d'André Lurçat financées par les dommages de guerre et elle occupe la partie nord, la plus haute, de la ville. L'édifice reconstruit a été inscrit au titre des monuments historiques en 2002. Le trésor de sainte Aldegonde, patronne de Maubeuge, est conservé dans l'une des chapelles et comprend le reliquaire du voile de la sainte, la crosse abbatiale et la châsse des reliques.