Frise chronologique
2e quart du XIIe siècle
Construction du chœur, transept et clocher
Construction du chœur, transept et clocher
2e quart du XIIe siècle (≈ 1237)
Campagne romane initiale, voûtes en berceau.
Début du XIIIe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
Début du XIIIe siècle (≈ 1304)
Style gothique primitif, galeries ouvertes.
XIVe siècle
Percement de la baie du chevet
Percement de la baie du chevet
XIVe siècle (≈ 1450)
Style gothique rayonnant, amélioration lumineuse.
Dernier quart du XVe siècle
Nouveau portail sud et modifications
Nouveau portail sud et modifications
Dernier quart du XVe siècle (≈ 1550)
Portail flamboyant, bouchage d’une ouverture.
30 octobre 1894
Classement monument historique
Classement monument historique
30 octobre 1894 (≈ 1894)
Protection officielle de l’édifice.
1905-1906
Restauration de la flèche du clocher
Restauration de la flèche du clocher
1905-1906 (≈ 1906)
Reconstruction du tiers supérieur en pierre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Croix de pierre du 15s : classement par arrêté du 15 juin 1938
Personnages clés
| Eugène Lefèvre-Pontalis - Historien et archéologue |
A étudié l’église, datation controversée. |
| Gabriel Ruprich-Robert - Architecte en chef des Monuments Historiques |
Dirigea les restaurations (1908-1927). |
| Jules Formigé - Architecte en chef des Monuments Historiques |
Poursuivit les restaurations (1927-1942). |
| François-Goëry Dumont - Facteur d’orgues (XIXe siècle) |
Constructeur de l’orgue à cylindre. |
| Henri Tibert - Curé de Santeuil (début XVIIe siècle) |
Monument funéraire classé dans l’église. |
| René de La Brière - Curé de Santeuil (milieu XVIIe siècle) |
Dalle funéraire conservée dans l’édifice. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Santeuil, située dans le Val-d'Oise en Île-de-France, est un édifice catholique construit en deux campagnes majeures : le second quart du XIIe siècle pour le chœur, le transept et le clocher, puis le début du XIIIe siècle pour la nef. Son architecture combine harmonieusement les styles roman et gothique primitif, avec une nef étroite de 3,50 m de large, des voûtes en berceau dans les croisillons et un clocher caractéristique du Vexin français. Contrairement à la plupart des églises de la région, elle a été épargnée par les destructions de la guerre de Cent Ans, conservant ainsi une homogénéité stylistique rare.
Le clocher, daté du XIIe siècle, présente deux étages de baies en plein cintre et une flèche octogonale en pierre, restaurée en 1905-1906. La nef, influencée par la cathédrale Notre-Dame de Paris, arbore une élévation à trois niveaux avec des galeries ouvertes sur combles, évoquant un triforium. Les modifications ultérieures furent mineures : percement de fenêtres pour améliorer l’éclairage, ajout d’une sacristie, et restauration des modillons et corniches. L’édifice, classé monument historique en 1894, a bénéficié de campagnes de restauration dirigées par Gabriel Ruprich-Robert et Jules Formigé entre 1908 et 1942.
À l’intérieur, la croisée du transept, voûtée d’ogives au XIIIe siècle, supporte un clocher dont les colonnes ont été partiellement coupées au XVe siècle pour élargir la visibilité du sanctuaire. Les croisillons, couverts de voûtes en berceau roman, abritaient autrefois des autels et des peintures murales, aujourd’hui disparus. Le chœur, éclairé par une vaste baie gothique rayonnante du XIVe siècle, conserve un retable classique du XVIIe siècle dédié à la Cène. L’extérieur, homogène malgré les périodes de construction distinctes, se distingue par ses contreforts plats, ses corniches à modillons, et une façade occidentale ornée d’une rosace et d’un portail en arc brisé.
Le mobilier comprend un orgue à cylindre du XIXe siècle, classé en 2002, ainsi que des statues des XIVe et XVIe siècles, dont une Vierge à l’Enfant et un saint Pierre pontifical. Des dalles funéraires des XIVe et XVIIe siècles, comme celles des curés Henri Tibert et René de La Brière, rappellent l’histoire paroissiale. L’église, toujours entourée de son cimetière surélevé, domine la vallée de la Viosne et marque le paysage du village, témoignant de son rôle central dans la vie communautaire médiévale et moderne.
Les sources archéologiques et historiques, bien que limitées, s’accordent sur une datation précise des campagnes de construction, malgré des divergences mineures parmi les experts. Eugène Lefèvre-Pontalis, Pierre Coquelle, et Monique Rivoire ont étudié l’édifice, soulignant son caractère exceptionnel dans le Vexin. Les restaurations successives, notamment au XIXe et XXe siècles, ont préservé son authenticité tout en adaptant certaines parties aux besoins liturgiques contemporains.