Frise chronologique
vers 1130
Construction du clocher roman
Construction du clocher roman
vers 1130 (≈ 1130)
Base du clocher et probablement un chœur roman.
vers 1220
Reconstruction gothique primitive
Reconstruction gothique primitive
vers 1220 (≈ 1220)
Chœur et nef reconstruits, effaçant les traces romanes.
1514
Financement du portail sud
Financement du portail sud
1514 (≈ 1514)
Don de Guy et Charles de Plessis, seigneurs.
1567
Dégâts lors des guerres de Religion
Dégâts lors des guerres de Religion
1567 (≈ 1567)
Église endommagée par les protestants en retraite.
début XVIe siècle
Reconstruction flamboyante et Renaissance
Reconstruction flamboyante et Renaissance
début XVIe siècle (≈ 1604)
Nef, bas-côtés et façade occidentale refaits.
25 octobre 1911
Classement monument historique
Classement monument historique
25 octobre 1911 (≈ 1911)
Protection de l’édifice par arrêté ministériel.
2014-2015
Restauration intégrale
Restauration intégrale
2014-2015 (≈ 2015)
Travaux extérieurs et intérieurs, mise en sécurité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AL 696) : classement par arrêté du 25 octobre 1911
Personnages clés
| Guy de Plessis - Seigneur de Sarcelles |
Finança le portail sud en 1514. |
| Charles de Plessis - Frère de Guy de Plessis |
Co-financeur du portail sud vers 1514. |
| Abbé Gallet - Curé de Sarcelles (XIXe siècle) |
Responsable des restaurations controversées et de la suppression du mobilier ancien. |
| Roland de Neubourg - Conseiller d’État sous Louis XIII |
Ancien seigneur de Sarcelles, son mausolée fut détruit en 1793. |
| Ferdinand de Guilhermy - Historien et archéologue |
A étudié les inscriptions de l’église au XIXe siècle. |
| Mathieu Lours - Historien de l’art |
A analysé la sculpture et l’architecture de l’édifice. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Sarcelles, située dans le Val-d’Oise, est un édifice religieux aux influences stylistiques variées, reflétant plus de quatre siècles d’histoire architecturale. Fondée au XIIe siècle, elle conserve un clocher roman tardif (vers 1130), caractérisé par sa flèche en pierre et ses baies en plein cintre ornées de chapiteaux historiés. Ce clocher, initialement accompagné d’un chœur roman, fut entièrement repris en sous-œuvre lors de la reconstruction gothique primitive du chœur vers 1220, effaçant toute trace d’architecture romane à l’intérieur.
Au début du XVIe siècle, sous l’influence de la Renaissance et du gothique flamboyant, la nef et les bas-côtés furent reconstruits, tandis que la façade occidentale adopta un ordonnancement hybride, mêlant éléments gothiques (portail à double archivolte) et Renaissance (rosace encadrée de colonnes corinthiennes). Le portail sud, financé par les seigneurs de Sarcelles Guy et Charles de Plessis (à partir de 1514), illustre cette transition stylistique avec ses rinceaux ajourés et ses médaillons sculptés. L’église subit des dommages en 1567 lors des guerres de Religion, nécessitant des réparations qui introduisirent des fenêtres Renaissance dans les bas-côtés.
Classée monument historique en 1911, l’église connut des transformations radicales au XIXe siècle sous l’impulsion de l’abbé Gallet, qui supprima le mobilier baroque et néogothique pour tenter de restaurer un état médiéval idéalisé. Les vitraux du XVIe siècle furent détruits, remplacés par des imitations du XIIIe siècle, et l’intérieur fut recouvert d’un enduit grisâtre, assombrissant l’espace. Malgré ces altérations, l’édifice conserve des éléments remarquables comme les voûtes à liernes et tiercerons de la nef, les arcatures plaquées du chœur, et un triforium discret dans la seconde travée.
L’histoire de la paroisse, attestée après 894, révèle son rattachement successif à l’archidiocèse de Paris sous l’Ancien Régime, puis au diocèse de Versailles après la Révolution, avant d’intégrer celui de Pontoise en 1966. Le doyenné de Sarcelles, autrefois majeur (incluant des paroisses comme Argenteuil ou Villiers-le-Bel), se réduit aujourd’hui à Sarcelles et Garges. Le mobilier actuel, épuré, ne compte plus que quelques pièces anciennes : une Vierge à l’Enfant du XIIIe siècle, des panneaux d’orgue du XVIe siècle, et une dalle funéraire Renaissance.
Le clocher, haut de 35 mètres, s’inscrit dans la tradition des clochers romans du Vexin, avec une corniche beauvaisine et des chapiteaux ornés de motifs végétaux ou historiés (comme deux fantassins en combat). La flèche octogonale en pierre, restaurée vers 1880, domine un chevet plat percé de triplets gothiques et d’une rosace, tandis que les élévations latérales mêlent contreforts gothiques et fenêtres Renaissance. L’église, restaurée entre 2014 et 2015, a retrouvé une partie de sa lumière originelle, bien que son intérieur conserve une atmosphère sobre, marquée par les choix esthétiques controversés du XIXe siècle.
Le portail occidental, chef-d’œuvre sculpté de la Renaissance, arbore un tympan orné d’une niche en édicule flanquée d’angelots et de guirlandes, tandis que le portail sud, d’inspiration flamboyante, présente des médaillons caricaturaux et des chérubins grotesques. Ces contrastes stylistiques, entre austérité gothique et exubérance Renaissance, font de l’église de Sarcelles un témoignage unique des évolutions artistiques en Île-de-France, entre Moyen Âge tardif et époque moderne.