Frise chronologique
Années 1490
Clés de voûte sculptées
Clés de voûte sculptées
Années 1490 (≈ 1490)
Realisation des clés armoriées (Jean Thomas de Belleville).
XVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XVe siècle (≈ 1550)
Édification du clocher fortifié, typique des églises frontalières.
1675
Ajout du porche ouest
Ajout du porche ouest
1675 (≈ 1675)
Construction par Lambert de Thorigny.
1919
Inauguration du monument aux morts
Inauguration du monument aux morts
1919 (≈ 1919)
Ancien cimetière paroissial reconverti.
Milieu du XIXe siècle
Fermeture du cimetière
Fermeture du cimetière
Milieu du XIXe siècle (≈ 1950)
Transformation en place du monument aux morts.
16 août 2006
Classement monument historique
Classement monument historique
16 août 2006 (≈ 2006)
Inscription d'office malgré l'opposition locale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église (cad. OF02 126) : inscription par arrêté du 16 août 2006
Personnages clés
| Jean Thomas de Belleville - Seigneur local |
Armoiries présentes sur une clé de voûte (années 1490). |
| Perrette de Villiers de l'Isle-Adam - Épouse de Jean Thomas |
Blason associé sur une clé de voûte. |
| Jean-Baptiste Lambert - Seigneur de Thorigny (XVIIe) |
Mécène de la paroisse, autel dédié. |
| Lambert de Thorigny - Seigneur (1675) |
Commanditaire du porche ouest. |
| Famille Planelli de Mascrany de La Valette - Donateurs (XVIIIe) |
Offre du portail toscan orné de graffitis. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Thorigny-sur-Oreuse, située dans le département de l'Yonne en Bourgogne-Franche-Comté, est un édifice religieux dont la construction s'échelonne entre le XVe siècle et la seconde moitié du XVIIe siècle. Elle est dédiée aux apôtres Pierre et Paul et dépend de l'archidiocèse de Sens-Auxerre. Son architecture reflète les influences des conflits de la guerre de Cent Ans, avec un clocher fortifié typique des églises frontalières entre Champagne, Île-de-France et Bourgogne. L'édifice surplombe les sources de l'Oreuse, dont l'une alimente un lavoir voisin, et a structuré l'urbanisme local dès le XVe siècle.
L'intérieur de l'église présente une nef en pente vers le chœur, suggérant l'existence ancienne d'une crypte comblée. Les bas-côtés abritent des autels dédiés à saint Jean-Baptiste et à la Vierge, ornés de sculptures des XIVe et XVIIe siècles. Parmi les éléments notables figurent une vouivre sculptée, des clés de voûte datées des années 1490 (dont une aux armes de Jean Thomas de Belleville et Perrette de Villiers de l'Isle-Adam), et un portail toscan offert par la famille Planelli de Mascrany de La Valette au XVIIIe siècle.
L'église, classée monument historique en 2006 malgré l'opposition locale, abrite des copies de tableaux d'Ingres et des vitraux du XIXe siècle. Fermée au culte aujourd'hui, elle souffre d'un délabrement inquiétant, bien qu'elle reste l'un des monuments les plus remarquables du Sénonais rural. Son histoire est marquée par des dons seigneuriaux, comme ceux de Jean-Baptiste Lambert au XVIIe siècle, et par des transformations liturgiques post-Vatican II.
Le cimetière paroissial, fermé au XIXe siècle, a été transformé en place du monument aux morts en 1919. Les matériaux de la sacristie, construite au XVIIe siècle, proviennent des carrières de grès de Saint-Martin-sur-Oreuse. L'édifice illustre ainsi plusieurs siècles d'histoire locale, entre conflits médiévaux, mécénat seigneurial et évolutions religieuses.
Les clés de voûte polychromes, représentant une tour peuplée de personnages ou des blasons, témoignent de la richesse artistique de la fin du XVe siècle. Le porche ouest, ajouté en 1675 par Lambert de Thorigny, et les graffitis du portail (mêlant inscriptions du XVIIIe siècle et traces contemporaines) ajoutent à sa singularité. Malgré son état actuel, l'église conserve des éléments architecturaux et historiques majeurs pour la région.