Frise chronologique
Xe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Xe siècle (≈ 1050)
Édifice préroman à angles arrondis
1051
Pèlerinage d'Odil de Morlhon
Pèlerinage d'Odil de Morlhon
1051 (≈ 1051)
Preuve écrite de l'existence de l'église
1281
Dépendance de Moissac
Dépendance de Moissac
1281 (≈ 1281)
Litige résolu en faveur de l'abbaye
XIIIe siècle
Changement de tutelle
Changement de tutelle
XIIIe siècle (≈ 1350)
Passage sous l'évêque de Rodez
vers 1450
Restauration par Pons de Cardaillac
Restauration par Pons de Cardaillac
vers 1450 (≈ 1450)
Ajout d'une chapelle gothique
2 mai 1988
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
2 mai 1988 (≈ 1988)
Protection officielle de l'édifice
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Toulongergues (ancienne) , y compris les peintures murales (cad. P 923) : classement par arrêté du 2 mai 1988
Personnages clés
| Odil de Morlhon - Seigneur local |
Pèlerin en 1051, atteste l'église |
| Pons de Cardaillac - Prieur de Villeneuve |
Restaure l'église au XVe siècle |
| Jacques Bousquet - Historien de l'art |
Redécouvre les peintures en 1964 |
| Raymond I Pieus - Orfèvre toulousain |
Auteur d'une croix processionnelle |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Toulongergues, située dans le hameau éponyme de Villeneuve (Aveyron), est un rare exemple d'architecture préromane à « angles arrondis ». Datant au moins du Xe siècle, elle se distingue par sa nef rectangulaire plus haute que le chœur carré, couvert d'un berceau aujourd'hui disparu. Les murs extérieurs, aux angles adoucis en quart de cercle, et la « porte des morts » à arc outrepassé (typique du Xe siècle) témoignent de son ancienneté. Les modifications du XVIIIe siècle ont altéré certains éléments, comme l'arc triomphal ou les colonnettes sculptées représentant saint Pierre et saint Paul.
Les peintures murales du chœur, partiellement conservées, comptent parmi les plus anciennes du Midi de la France. Analysées par Jacques Bousquet, elles représentent un saint nimbé, un agneau, Ève et un arbre stylisé, évoquant des scènes apocalyptiques. Ces fresques, comparables à l'art catalan du XIe siècle, couvraient autrefois l'intégralité du chœur. L'église abritait aussi une croix processionnelle en argent, œuvre de l'orfèvre toulousain Raymond I Pieus, aujourd'hui disparue ou déplacée.
L'histoire de Toulongergues est liée aux seigneurs de Morlhon, propriétaires des lieux au XIe siècle. En 1051, Odil de Morlhon et son épouse Cécile s'y recueillent avant leur pèlerinage à Jérusalem, confirmant l'existence de l'église. Au XIIIe siècle, le site passe sous l'autorité de l'évêque de Rodez, puis de l'abbaye de Moissac en 1281. Au XVe siècle, le prieur Pons de Cardaillac y ajoute une chapelle gothique et restaure le manoir attenant, ancien logis prioral. Classée Monument Historique en 1988, l'église illustre l'évolution architecturale et religieuse du Rouergue.
L'édifice s'inscrit dans un réseau d'églises préromanes aux angles arrondis, typiques du Rouergue. Depuis sa redécouverte par Jacques Bousquet en 1964, des études (notamment celles d'Antoine Débat) ont identifié des bâtiments similaires, comme les églises de Saint-Loup (Causse-et-Diège) ou de Vailhourles. Ces constructions, datées entre le IXe et le XIe siècle, reflètent une tradition architecturale locale marquée par des influences mozarabes ou wisigothiques, visibles dans les arcs outrepassés et les volumes compacts.
Aujourd'hui propriété de la commune de Villeneuve, l'église conserve des traces de son usage passé, notamment la porte percée lors de sa transformation en grange. Les peintures murales, bien que fragmentaires, offrent un témoignage exceptionnel de l'art roman méridional. Leur étude a révélé des techniques et des iconographies rares, comme la représentation des vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse, rapprochant Toulongergues des courants artistiques catalans contemporains.