Origine et histoire
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Viarmes, située dans le Val-d’Oise, trouve ses origines à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, avec une première construction de style gothique primitif. Seuls subsistent de cette époque le chevet plat, une partie des élévations nord de la nef et la base du clocher, édifice modeste et initialement non voûté. La guerre de Cent Ans retarde les travaux, et ce n’est qu’au dernier tiers du XVe siècle que le voûtement du bas-côté nord et de la nef est achevé dans un style gothique flamboyant. Les remaniements se poursuivent au XVIe siècle avec la reconstruction du bas-côté sud, marqué par des voûtes à liernes et tiercerons et un décor annonçant la Renaissance.
Au XIVe siècle, le bas-côté nord est partiellement reconstruit, comme en témoignent les fenêtres à remplage rayonnant, mais son voûtement n’intervient qu’un siècle plus tard, après la fin de la guerre de Cent Ans. Les grandes arcades sud, datées du second quart du XVIe siècle, intègrent des motifs Renaissance, comme des chérubins dansants et des guirlandes, reflétant l’évolution stylistique de l’époque. Le clocher, endommagé par un incendie au XVIIe siècle, est lourdement restauré entre 1885 et 1887 par l’architecte Arthur Lemoux, qui lui ajoute un couronnement néogothique original, tandis qu’Édouard Bérard, élève de Viollet-le-Duc, conçoit en 1889 une nouvelle façade occidentale, inspirée des modèles régionaux mais teintée d’inventions éclectiques.
L’église, classée monument historique en 2004, conserve un mobilier remarquable, dont un maître-autel et un retable du XVIIIe siècle provenant de l’abbaye de Royaumont, offerts à la paroisse en 1791 après la Révolution. Ce retable, installé devant le triplet du chevet qu’il obstrue, prive la nef de lumière naturelle, accentuant son caractère sombre. Les vitraux, la chaire et l’orgue datent des campagnes de réaménagement des années 1880, financées par des mécènes locaux comme M. Champion-Mazille. L’édifice, au cœur d’un groupement paroissial incluant quatre communes, reste un lieu de culte actif, malgré un incendie survenu en janvier 2024 lors de travaux de restauration de la charpente du clocher.
Le plan de l’église, dépourvu de transept et de déambulatoire, révèle une nef à quatre travées flanquée de bas-côtés asymétriques, le sud étant presque aussi large que le vaisseau central. Les voûtes, toutes d’ogives, présentent des profils variés, des clés armoriées martelées à la Révolution, et des culs-de-lampe sculptés de motifs flamboyants ou renaissants. À l’extérieur, le chevet conserve des traces des trois campagnes de construction : le triplet gothique primitif du XIIIe siècle, les fenêtres rayonnantes du XIVe, et les décors mutilés du XVIe, tandis que les contreforts et les baies du clocher illustrent les restaurations du XIXe siècle.
Le mobilier classé comprend, outre le retable, cinq tableaux et deux dalles funéraires à effigie gravée. Parmi les tableaux, celui de la Sainte Famille, accroché dans le bas-côté sud, et un autre représentant le repas à Emmaüs, ornent le tympan du portail néogothique. Les dalles funéraires, aujourd’hui disparues ou illisibles, rappellent l’ancienne vocation mémorielle de l’édifice. L’église, bien que tardivement protégée, incarne ainsi près de huit siècles d’histoire locale, entre héritage médiéval, transformations modernes et vie paroissiale contemporaine.