Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est une église catholique paroissiale située à Villers-Saint-Paul, dans l'Oise. Elle associe une nef romane du XIIe siècle à un chœur gothique du XIIIe siècle, deux parties distinctes présentant des particularités qui rendent l'édifice remarquable. Le clocher est placé à l'angle entre le croisillon nord et la chapelle latérale nord, position inhabituelle dans la région. La nef conserve un portail monumental roman à multiples archivoltes et une corniche richement sculptée où modillons et intervalles portent des motifs variés. À l'intérieur, les grandes arcades en tiers-point, parmi les premières du département, retombent sur des chapiteaux à sculpture archaïque ornés d'un grand nombre de motifs. Le chœur et le transept forment un ensemble homogène, caractérisé par des croisillons et des chapelles latérales composés chacun de deux travées successives, une diversité de types de fenêtres et une grande abondance de lumière. L'élévation intérieure est haute et élancée, visant à créer un vaste espace vide, tandis que l'extérieur du chœur paraît plus austère. Selon les auteurs cités, la nef remonte au XIIe siècle et le chevet gothique a été achevé vers 1225; l'église a par la suite été peu remaniée, ce qui lui confère une rare authenticité. L'édifice a été classé au titre des monuments historiques par la liste de 1862 et appartient à la paroisse de Tous les Saints du Creillois-Nord. Située à la limite sud-est du centre-ville, l'église donne sur la rue Jules-Uhry et son chevet est bordé par la ruelle de l'Église, si étroite que les contreforts du clocher ont été percés d'arcades pour permettre son passage; la façade méridionale ouvre sur le jardin du presbytère. L'histoire locale antérieure au Xe siècle est incertaine; la cure dépend des bénédictins de Fécamp, qui installèrent un petit prieuré près de l'église et détenaient une seigneurie importante au XIIIe siècle. La datation de la nef a fait l'objet de débats parmi les historiens, certains évoquant la fin du XIIe siècle, d'autres des affinités avec la fin du XIe siècle, tandis que l'analyse des corniches et des cordons extérieurs conduit plusieurs auteurs à retenir une construction au début du XIIe siècle ou autour de 1130–1135. Au XIIIe siècle, le chœur roman et le transept éventuel furent remplacés par un vaste chœur-halle gothique et un nouveau clocher implanté à l'angle nord-est, l'emploi de pierres de Saint-Maximin étant signalé. Après son achèvement, l'église a subi peu de transformations; seules des modifications des charpentes et la suppression d'une arcade entre la troisième et la quatrième travée de la nef sont mentionnées. Des réparations des vitraux et d'autres travaux sont signalés à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle; à la fin du XIXe siècle d'importantes restaurations menées sous la direction de l'architecte Sainte-Anne Auguste Louzier ont concerné toitures, pignons, parements et corniches, puis des réparations du clocher et des façades ont eu lieu au XXe siècle. Les auteurs estiment unanimement que Villers-Saint-Paul occupe une place à part dans l'architecture religieuse de la vallée de l'Oise et du Beauvaisis, en raison notamment de l'archivolte du portail, de la sculpture des corniches, des chapiteaux, du plan des parties orientales et de l'élégance du clocher. L'originalité des parties orientales est aussi attribuée à la situation géographique de Villers-Saint-Paul, à proximité de plusieurs diocèses et d'axes d'échanges, qui a pu favoriser des influences diverses. Le plan en T de l'édifice oppose une nef de six travées et deux étroits bas-côtés à un transept largement débordant et à un chœur à chevet plat accompagné de chapelles latérales; la croisée du transept est la seule travée carrée et les travées présentent des dimensions variées, rompant la monotonie. La nef, conçue pour être charpentée, est couverte aujourd'hui par un lattis de bois plâtré et éclairée par six petites baies hautes de chaque côté, dont la partie inférieure est partiellement obstruée par le rehaussement des toits des bas-côtés. Les grandes arcades en arc brisé reposent sur des piliers carrés engagés de colonnes et sont pourvues de chapiteaux à épannelage tronçonnique ornés d'entrelacs, de feuilles, de volutes, de têtes grimaçantes, d'un serpent et d'autres motifs, certains conservant des décors polychromes. L'ensemble oriental, de style pré-rayonnant, se distingue par l'absence de remplage, la grande surface vitrée obtenue par lancettes regroupées en deux ou trois et parfois surmontées d'oculi, par des arcatures plaquées en soubassement et par un système de piliers cantonnés de fines colonnettes. Les voûtes quadripartites peu bombées, les chapiteaux sculptés de feuillages et crochets, et l'usage varié des colonnes et colonnettes pour soutenir doubleaux et ogives contribuent à l'élégance intérieure et à la netteté de l'espace. À l'extérieur, la façade occidentale porte un portail largement saillant inscrit sous un gâble, avec archivoltes ornées et chapiteaux sculptés, et une frise et des cordons décoratifs qui se prolongent sur les murs; les élévations latérales de la nef sont notamment remarquables pour leur corniche composée de modillons et de bas-reliefs très variés. Le clocher, haut de 32 m, comporte trois étages et présente des baies en tiers-point et des baies abat-son géminées, des tourelles d'escalier, des pyramidons décorés et une corniche de crochets, son ensemble donnant une silhouette originale malgré l'absence de la flèche envisagée. Le mobilier de l'église comprend plusieurs éléments classés, notamment dalles funéraires, statues et un fragment de vitrail du début du XIIIe siècle représentant la Vierge à l'Enfant, ainsi que des traces de peintures murales anciennes.