Frise chronologique
vers 427
Construction de la nef
Construction de la nef
vers 427 (≈ 427)
Datation probable par carbone 14 et luminescence.
vers 450
Passage de saint Maurille
Passage de saint Maurille
vers 450 (≈ 450)
Lien avec la fondation légendaire de l’église.
XIe siècle
Première mention écrite de l’église
Première mention écrite de l’église
XIe siècle (≈ 1150)
Achat par les moines de Saint-Serge d’Angers.
XIIe siècle
Reconstruction du chevet
Reconstruction du chevet
XIIe siècle (≈ 1250)
Style roman et agrandissement liturgique.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments protégés.
1846, 1858, 1969
Foudre sur le clocher
Foudre sur le clocher
1846, 1858, 1969 (≈ 1969)
Dégâts répétés nécessitant restaurations.
2004
Restauration du clocher
Restauration du clocher
2004 (≈ 2004)
Réparation des maçonneries dégradées par le ciment.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Saint Maurille - Évêque d’Angers (Ve siècle) |
Associé à la fondation légendaire de l’église. |
| Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments Historiques |
Impulse les restaurations controversées en 1842. |
| Famille des la Tullaye - Seigneurs de Varennes (XVIIIe siècle) |
Financeurs des rénovations et du mobilier. |
| Charles Joly - Architecte (XIXe siècle) |
Auteur du projet de restauration imposé. |
| Arnaud Rémy - Archéologue (XXIe siècle) |
Dirige les fouilles confirmant l’origine mérovingienne. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Romain de Savennières, située en Maine-et-Loire, est l’une des plus anciennes églises de la région encore conservée en élévation. Sa nef, datée entre 362 et 519 avec une probabilité forte autour de 427, pourrait être liée à l’épiscopat de saint Maurille, présent à Savennières vers 450. Des sarcophages du Haut Moyen Âge et des textes hagiographiques, comme La Vie de saint Maurille (révisé entre 620 et 905), confirment son origine ancienne et son rôle funéraire précoce.
Au XIe siècle, les moines de Saint-Serge d’Angers acquièrent les trois églises du bourg, dont Saint-Pierre, alors église centrale. Le chevet est reconstruit au XIIe siècle, et un collatéral nord est ajouté à la fin du XVe siècle pour répondre à l’accroissement démographique. L’église abrite alors cinq confréries et quatre chapellenies, reflétant son importance religieuse et sociale.
Entre le XVIIIe et le XIXe siècle, la famille des la Tullaye finance des rénovations (sacristie, mobilier, clocher). Classée Monument Historique en 1840, l’église subit des restaurations controversées sous la direction de Prosper Mérimée, incluant la suppression des enduits extérieurs et la réparation du clocher, frappé à plusieurs reprises par la foudre (1846, 1858, 1969). Les travaux du XXe siècle se concentrent sur les toitures et la consolidation du clocher, endommagé par des infiltrations et l’usage inapproprié de ciment.
Architecturalement, l’église allie des murs en arête-de-poisson (briques et moellons) typiques du Haut Moyen Âge, un chevet roman, et des portails remaniés. Son plan cruciforme et ses éléments comme le cadran solaire ou les ballets (porches en bois) du XVIIIe siècle illustrent son évolution stylistique. Les fouilles récentes (2023) et les études archéologiques confirment son statut d’église mérovingienne exceptionnellement préservée.
Le mobilier, enrichi après la démolition du prieuré Saint-Romain en 1770, inclut des cloches historiques et des autels néo-médiévaux installés au XIXe siècle. Malgré les dégradations révolutionnaires évitées, l’édifice a nécessité des campagnes de restauration régulières, témoignant de sa fragilité et de sa valeur patrimoniale depuis près de 16 siècles.