Frise chronologique
1790
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
1790 (≈ 1790)
Début de la construction révolutionnaire.
25 juillet 1794
Exécution de l'abbé Hébert
Exécution de l'abbé Hébert
25 juillet 1794 (≈ 1794)
Guillotiné avec André Chénier.
1819
Restauration par la duchesse d'Angoulême
Restauration par la duchesse d'Angoulême
1819 (≈ 1819)
Achèvement de l'édifice inachevé.
1868-1870
Agrandissement par Guenepin
Agrandissement par Guenepin
1868-1870 (≈ 1869)
Prolongement de la nef et nouveau chœur.
31 janvier 1954
Appel de l'abbé Pierre
Appel de l'abbé Pierre
31 janvier 1954 (≈ 1954)
Solidarité nationale pour les sans-abri.
11 juin 1971
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
11 juin 1971 (≈ 1971)
Sauvetage *in extremis* de la destruction.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église, à l'exception du clocher (cad. AJ 39) : inscription par arrêté du 11 juin 1971
Personnages clés
| Pierre Hébert - Curé de Courbevoie (1785-1794) |
Initiateur de la construction, guillotiné. |
| Louis Le Masson - Architecte (élève de Ledoux) |
Concepteur du plan elliptique révolutionnaire. |
| Duchesse d'Angoulême - Mécène (1819) |
Finance la restauration post-Révolution. |
| Jean-Baptiste Guenepin - Architecte (1868-1870) |
Dirige l'agrandissement majeur. |
| Abbé Pierre - Prêtre (appel de 1954) |
Lance son célèbre appel humanitaire. |
| François Neuville - Curé (1907-1942) |
Fait construire le clocher en 1932. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-Saint-Paul de Courbevoie est un lieu de culte catholique situé dans les Hauts-de-Seine, inscrit aux monuments historiques depuis 1971. Son origine remonte au XIVe siècle, avec une chapelle dédiée à Saint-Pierre et Saint-Paul, détruite pendant la guerre de Cent Ans puis reconstruite au XVIe siècle. L'édifice actuel, construit à partir de 1790 sous la direction de l'architecte Louis Le Masson, élève de Claude-Nicolas Ledoux, est l'un des rares monuments religieux érigés pendant la Révolution française. Son plan atypique, en forme de T avec une nef elliptique, s'explique par l'exiguïté du terrain.
La première pierre est posée en 1790 par le comte d'Affry et Pierre-Jacques Thorin, seigneur de Courbevoie, en présence de l'abbé Pierre Hébert, curé de la paroisse. Ce dernier, guillotiné en 1794, est commémoré par une plaque dans l'église. Les travaux, interrompus en 1793 après la destitution de Le Masson, reprennent en 1819 grâce à des fonds réunis par la duchesse d'Angoulême. L'église est alors restaurée et achevée, avec une voûte en poterie recouverte de plomb.
En 1868, l'architecte Jean-Baptiste Guenepin dirige un agrandissement majeur, prolongeant la nef et ajoutant un nouveau chœur. Le clocher, prévu dès l'origine mais non réalisé, est finalement construit en 1932 sous l'impulsion de l'abbé François Neuville, curé de 1907 à 1942. L'église est également marquée par l'appel historique de l'abbé Pierre en 1954, depuis sa chaire, en faveur des sans-abri. Sauvée in extremis de la destruction en 1971 par son inscription aux monuments historiques, elle bénéficie de restaurations majeures en 1980, 1987-1988 et 1992-1993.
L'intérieur abrite des œuvres remarquables, dont des toiles marouflées du XIXe siècle représentant des scènes religieuses, comme Saint Paul prêchant devant l'Aréopage (1877) par Édouard Debat-Ponsan ou La Trinité en gloire (1870) par Louis Adan. Les vitraux, détruits en 1943 lors d'un bombardement, sont remplacés en 1957 par des verrières de Jacques Le Breton. L'orgue actuel, inspiré des instruments du XVIIe siècle, est installé en 2011 par Bertrand Cattiaux.
L'église Saint-Pierre-Saint-Paul reste un symbole du patrimoine religieux et architectural de Courbevoie, mêlant héritage révolutionnaire, restaurations du XIXe siècle et événements marquants du XXe siècle. Son plan elliptique, son péristyle néoclassique et son histoire mouvementée en font un monument unique en Île-de-France.