Frise chronologique
VIIIe siècle
Fondation de la paroisse
Fondation de la paroisse
VIIIe siècle (≈ 850)
Première mention d’une paroisse à Rueil.
XIIe siècle
Construction de la première église
Construction de la première église
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice roman initial sur le site.
1420-1432
Construction du clocher roman
Construction du clocher roman
1420-1432 (≈ 1426)
Pendant l’occupation anglaise, guerre de Cent Ans.
1584
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
1584 (≈ 1584)
Par Antoine Ier, roi détrôné du Portugal.
1632-1635
Construction de la façade actuelle
Construction de la façade actuelle
1632-1635 (≈ 1634)
Sur ordre de Richelieu, par Jacques Lemercier.
1792
Saccage révolutionnaire
Saccage révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
Destruction des sculptures et verrières.
1825
Installation du tombeau de Joséphine
Installation du tombeau de Joséphine
1825 (≈ 1825)
Dans l’église, neuf ans après sa mort.
1854-1857
Restauration par Napoléon III
Restauration par Napoléon III
1854-1857 (≈ 1856)
Agrandissement du transept et reconstruction du clocher.
1941
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1941 (≈ 1941)
Protection officielle de l’édifice.
1990
Restauration de la façade
Restauration de la façade
1990 (≈ 1990)
Réinstallation des statues des apôtres Pierre et Paul.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Pierre-Saint-Paul : classement par arrêté du 7 août 1941
Personnages clés
| Antoine Ier - Roi détrôné du Portugal |
Pose la première pierre en 1584. |
| Cardinal de Richelieu - Commanditaire de la façade |
Fait ériger la façade en 1632-1635. |
| Jacques Lemercier - Architecte de la façade |
Auteur de la façade, inspirée de la Sorbonne. |
| Joséphine de Beauharnais - Impératrice des Français |
Son tombeau installé en 1825. |
| Hortense de Beauharnais - Reine de Hollande |
Enterrée dans la crypte en 1837. |
| Napoléon III - Empereur des Français |
Finance la restauration de 1854-1857. |
| Joseph-Eugène Lacroix - Architecte impérial |
Dirige les travaux de restauration. |
| Pierre Cartellier - Sculpteur du tombeau de Joséphine |
Auteur du monument en marbre de Carrare. |
| Jean-Auguste Barre - Sculpteur du mausolée d’Hortense |
Œuvre inaugurée en 1858. |
| François Anguier - Sculpteur du bas-relief |
Auteur de *La Descente de croix* (1667). |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre-Saint-Paul de Rueil-Malmaison, située dans les Hauts-de-Seine, trouve ses origines au VIIIe siècle avec la création d’une paroisse. Une première église est construite au XIIe siècle, suivie par l’élévation d’un clocher roman entre 1420 et 1432, pendant l’occupation anglaise. L’édifice est en grande partie détruit à la fin de la guerre de Cent Ans, puis reconstruit à partir de 1584 sous l’impulsion d’Antoine Ier, prétendant au trône du Portugal en exil. La façade actuelle, érigée entre 1632 et 1635 sur ordre du cardinal de Richelieu, est l’œuvre de l’architecte Jacques Lemercier et s’inspire de celle de la Sorbonne.
Au cours des siècles, l’église subit plusieurs transformations et restaurations. En 1792, elle est saccagée pendant la Révolution française, perdant ses sculptures et ses verrières. Au XIXe siècle, Napoléon III finance une restauration majeure entre 1854 et 1857, confiant les travaux à l’architecte Joseph-Eugène Lacroix. Le transept est agrandi, le clocher roman reconstruit, et la façade ornée de statues modernes en 1990. L’église est classée Monument historique en 1941.
L’intérieur de l’église abrite des œuvres d’art remarquables, dont un bas-relief en bronze doré de François Anguier, La Descente de croix (1667), initialement destiné à l’église du Val-de-Grâce. Les orgues, offertes par Napoléon III, proviennent de l’église Santa Maria Novella de Florence, avec un buffet sculpté par Baccio d’Agnolo (1490-1520). Les tombeaux de Joséphine de Beauharnais (1825) et de la reine Hortense (1858) sont des œuvres majeures, réalisées respectivement par Pierre Cartellier et Jean-Auguste Barre.
L’église est également le théâtre d’événements historiques, comme les funérailles de Joséphine en 1814 ou celles de la reine Hortense en 1837. En 1860, elle accueille temporairement la dépouille de la duchesse d’Albe, sœur de l’impératrice Eugénie. La façade, restaurée en 1990, arbore les armes de Richelieu et la devise républicaine Liberté, égalité, fraternité, tandis que le portail nord, datant de 1603, porte les armes impériales et les initiales de Joséphine et Hortense.
Les cloches de l’église, bénites à différentes époques (1730, 1786, 1825, 1932), témoignent de son rôle central dans la vie paroissiale. L’édifice, propriété de la commune, reste un lieu de mémoire et de culte, marqué par l’histoire de France, de la Renaissance à l’Empire.