Frise chronologique
vers 1085
Donation à l’abbaye de Pontoise
Donation à l’abbaye de Pontoise
vers 1085 (≈ 1085)
Fondation du prieuré et premier vocable
Fin XIIe - Début XIIIe siècle
Reconstruction gothique primitive
Reconstruction gothique primitive
Fin XIIe - Début XIIIe siècle (≈ 1325)
Nef, clocher et chœur rebâtis
XVe siècle
Voûtement flamboyant et pèlerinage
Voûtement flamboyant et pèlerinage
XVe siècle (≈ 1550)
Saint Prix devient patron principal
1550-1633
Campagne de reconstruction Renaissance
Campagne de reconstruction Renaissance
1550-1633 (≈ 1592)
Bas-côtés, chœur et abside refaits
1695
Boiseries de la chapelle Saint-Prix
Boiseries de la chapelle Saint-Prix
1695 (≈ 1695)
Mobilier classé actuel
1836
Démolition partielle et remaniements
Démolition partielle et remaniements
1836 (≈ 1836)
Porche et travées supprimés
1896
Construction du porche néogothique
Construction du porche néogothique
1896 (≈ 1896)
Par l’architecte Lucien Magne
16 juin 1926
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
16 juin 1926 (≈ 1926)
Inscription officielle
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église : inscription par arrêté du 16 juin 1926
Personnages clés
| Geoffroy de Montmorency - Seigneur donateur |
Offre l’église à l’abbaye en 1085 |
| Saint Gauthier de Pontoise - Premier prieur |
Dirige le prieuré fondé en 1085 |
| Jean I de Tour - Sous-trésorier du Temple |
Transfère des reliques en 1278 |
| Lucien Magne - Architecte restaurateur |
Conçoit le porche en 1896 |
| Abbé Lebeuf - Historien local |
Étudie les reliques et vocables |
Origine et histoire
L'église Saint-Prix, située à Saint-Prix dans le Val-d'Oise, trouve ses origines au XIe siècle avec une première église romane donnée à l’abbaye Saint-Martin de Pontoise vers 1085. Ce don, lié à la Réforme grégorienne, inclut la fondation d’un prieuré sous la direction de saint Gauthier de Pontoise. L’édifice est alors dédié à saint Germain, avant que saint Prix, dont les reliques sont probablement transférées depuis l’abbaye de Flavigny en 1278, ne devienne le patron principal au XVe siècle, avec l’essor d’un pèlerinage local.
Entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle, l’église est entièrement reconstruite dans un style gothique primitif, conservant aujourd’hui des éléments comme les chapiteaux de la nef, les piles du clocher et l’étage de beffroi. Après les ravages de la guerre de Cent Ans, une seconde reconstruction intervient à la fin du XVe siècle, introduisant des voûtes gothiques flamboyantes dans la nef. La Renaissance marque une transformation majeure : bas-côtés, transept et chœur sont rebâtis entre 1550 et 1633, adoptant des arcs brisés et une modénature inspirée de l’Antiquité, bien que dépouillée.
Le XVIIe siècle voit l’ajout de chapelles latérales, dont celle dédiée à saint Prix, tandis que des remaniements ultérieurs (XVIIIe et XIXe siècles) altèrent partiellement la structure. En 1836, la démolition du porche et de la première travée de la nef modifie l’entrée, et un porche néogothique est ajouté en 1896 par l’architecte Lucien Magne. Classée monument historique en 1926, l’église illustre une superposition de styles, des corniches romanes aux voûtes Renaissance, en passant par des éléments baroques et classiques.
Le pèlerinage à saint Prix, centré sur une relique conservée dans une châsse, attire les fidèles jusqu’au XVIIe siècle, notamment pour des guérisons miraculeuses. La fontaine Saint-Prix, liée aux rituels de plongée, et les processions annuelles (comme celle du 12 juillet) animent la dévotion locale. Après un déclin, le pèlerinage est relancé au XXe siècle, avec une procession annuelle proche du 25 janvier. L’église, aujourd’hui intégrée à un regroupement paroissial, conserve un mobilier riche (boiseries, bas-reliefs, vitraux) et un rôle spirituel réduit mais symbolique.
Architecturalement, l’édifice se distingue par son clocher gothique trapu, son abside ornée de cartouches Louis XIII, et une nef à l’élévation atypique, dépourvue de fenêtres hautes. Les chapelles sud, voûtées en berceau ou d’arêtes, abritent un mobilier classé, comme les boiseries de 1695. Malgré des restaurations et des destructions partielles, l’église reste un témoignage des évolutions artistiques et religieuses de la région, de l’époque médiévale à l’ère moderne.