Frise chronologique
vers 1175
Construction du clocher gothique
Construction du clocher gothique
vers 1175 (≈ 1175)
Base du clocher primitif, archétype vexinois.
1210-1220
Construction du chœur gothique
Construction du chœur gothique
1210-1220 (≈ 1215)
Deux travées avec chapelles latérales ajoutées.
début XIVe siècle
Ajout de la chapelle sud
Ajout de la chapelle sud
début XIVe siècle (≈ 1404)
Style gothique rayonnant tardif.
vers 1540-1560
Reconstruction de la nef et bas-côtés
Reconstruction de la nef et bas-côtés
vers 1540-1560 (≈ 1550)
Style flamboyant tardif et Renaissance.
1560
Construction du clocher-porche
Construction du clocher-porche
1560 (≈ 1560)
Inachevé, attribué à Jean Grappin.
24 mars 1915
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
24 mars 1915 (≈ 1915)
Protection de l’édifice et de son mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 24 mars 1915
Personnages clés
| Jean Grappin - Maître-maçon |
Auteur des plans de la nef (1540) et du clocher-porche (1560). |
| Étienne Legay - Curé de Nucourt |
Finance le revoûtement de la base du clocher (1609). |
| Louis Régnier - Historien local |
A étudié et décrit l’église et son retable (XIXe siècle). |
Origine et histoire
L’église Saint-Quentin de Nucourt, située dans le Val-d’Oise en Île-de-France, est un édifice complexe mêlant plusieurs styles architecturaux. Fondée probablement au XIIe siècle, elle conserve une base de clocher gothique primitif (vers 1175), considérée comme l’archétype des clochers vexinois. Le chœur, construit entre 1210 et le début du XIVe siècle, reflète l’évolution du gothique, tandis que la nef et ses bas-côtés, reconstruits vers 1540-1560, affichent des influences flamboyantes tardives et Renaissance. Le clocher-porche occidental, inachevé et daté d’environ 1560, est attribué au maître-maçon Jean Grappin de Gisors, bien que son exécution ait été jugée économique et hâtive.
L’intérieur de l’église abrite un retable en pierre exceptionnel, sculpté vers 1530 et illustrant la Passion du Christ avec une virtuosité rare. Ce retable, accompagné de volets peints narrant le martyre de saint Quentin (patron de l’église), témoigne d’un art flamboyant tardif d’une grande finesse. Classée Monument Historique en 1915, l’église a bénéficié de restaurations au XXe siècle. Aujourd’hui, elle dépend du secteur paroissial Vexin-Ouest et n’accueille que quelques offices annuels, tout en restant un témoignage majeur du patrimoine religieux vexinois.
L’édifice se singularise par son implantation isolée, loin du village, au milieu du cimetière où se trouvent également une croix du XVIe siècle et la sépulture classée de Jacques comte de Monthiers. Son histoire reflète les évolutions religieuses et architecturales de la région, depuis le Moyen Âge jusqu’à la Renaissance, avec des influences tant gothiques que classiques. La diversité stylistique de ses éléments, des chapiteaux romans aux décors Renaissance, en fait un monument emblématique du Vexin français.
Le mobilier de l’église, partiellement conservé ou déposé dans des musées locaux (comme le musée Tavet-Delacour de Pontoise), inclut des statues des XVe et XVIe siècles, un lutrin du XVIIIe siècle, et des fonts baptismaux octogonaux richement sculptés. Parmi les pièces remarquables, on note une Vierge à l’Enfant du XVe siècle, un saint Quentin du XVIe siècle, et un groupe de sainte Catherine d’Alexandrie. Ces éléments, classés ou protégés, soulignent l’importance artistique et historique du lieu.
L’architecture extérieure, sobre et massive, révèle des détails significatifs comme les contreforts obliques du clocher-porche ou les baies géminées du clocher gothique. La toiture unique du XVIIe siècle, couvrant l’ensemble des vaisseaux, a modifié l’aspect initial de l’édifice, notamment en masquant partiellement le clocher central. Malgré ces transformations, l’église conserve une unité harmonieuse, marquée par l’utilisation de pierre calcaire locale et un appareil soigné.
Les sources historiques, notamment les travaux de Louis Régnier et Bernard Duhamel, mettent en lumière les campagnes de construction successives et les particularités stylistiques de l’église. Bien que certains détails, comme l’existence d’un monastère ancien, restent hypothétiques, l’édifice offre un panorama complet de l’art sacré en Île-de-France, des origines médiévales aux ajouts Renaissance. Son classement et sa restauration ont permis de préserver ce patrimoine, aujourd’hui accessible au public dans un cadre rural préservé.