Frise chronologique
Vers 575
Martyre de saint Quentin (ermite)
Martyre de saint Quentin (ermite)
Vers 575 (≈ 575)
Légende locale d'un ermite tué
1084
Rattachement à Marmoutier
Rattachement à Marmoutier
1084 (≈ 1084)
Érigée en prieuré par Raoul
XIIe siècle
Construction de l'édifice actuel
Construction de l'édifice actuel
XIIe siècle (≈ 1250)
Nef et abside romanes
1562
Pillage par les Huguenots
Pillage par les Huguenots
1562 (≈ 1562)
Dégâts pendant les guerres
1875
Restauration majeure
Restauration majeure
1875 (≈ 1875)
Travaux post-révolutionnaires
28 octobre 1926
Classement monument historique
Classement monument historique
28 octobre 1926 (≈ 1926)
Inscription par arrêté
12 avril 1998
Effondrement partiel du clocher
Effondrement partiel du clocher
12 avril 1998 (≈ 1998)
Frappe de foudre
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 28 octobre 1926
Personnages clés
| Saint Quentin (ermite) - Martyr local (VIe–VIIIe siècle) |
Légende liée à l'oratoire |
| Raoul - Archevêque de Tours (XIe s.) |
Rattache l'église à Marmoutier |
| Adam Fumée - Seigneur des Roches (XVe–XVIe s.) |
Fonda des services religieux |
| Louis-Victor Gesta - Maître-verrier (XIXe–XXe s.) |
Auteur des vitraux |
Origine et histoire
L’église Saint-Quentin de Saint-Quentin-sur-Indrois, dédiée au culte catholique, est située au centre du bourg, en bordure de la rue principale reliant Chédigny à la route de Bléré à Loches. Son histoire remonte à un oratoire primitif supposé construit sur le tombeau de saint Quentin, ermite du VIe siècle tué vers 575 (ou selon certains au VIIe ou VIIIe siècle). Cet ermite, disciple de Gontran Boson, aurait été assassiné pour avoir repoussé les avances de la maîtresse de son protecteur. La tradition locale célèbre ce martyr chaque 5 octobre, bien que son homonyme du IIIe siècle, martyr romain, soit plus largement connu.
En 1084, l’archevêque Raoul de Tours rattache l’église à l’abbaye de Marmoutier, qui en fait un prieuré. Un mur en petit appareil du XIe siècle subsiste encore au niveau du chevet. L’édifice actuel, bâti principalement au XIIe siècle, subit des remaniements aux XVIe et XVIIe siècles, ainsi que des restaurations avant la Révolution française (1789) et en 1875. Pillée par les Huguenots en 1562, l’église voit son clocher, frappé par la foudre en 1998, s’effondrer partiellement sur la toiture. Reconstruit au début des années 2000, il couronne une nef à charpente médiévale et un chœur voûté d’ogives, prolongé par une abside semi-circulaire du XIIe siècle.
L’architecture mêle des éléments romans (portes en plein cintre, abside en cul-de-four) et gothiques (voûtes sur croisées d’ogives, chapelle latérale du XVIe siècle transformée en sacristie). Le clocher, en moellons de pierre meulière, se termine par une flèche octogonale ornée de lanternons. À l’intérieur, les blasons des familles Ruzé et Fumée, seigneurs locaux de 1488 à 1712, ornent les clés de voûte et un pilier. Une plaque de cuivre datée de 1500, provenant du château des Roches-Saint-Quentin, commémore Adam Fumée, fondateur de services religieux. Deux retables du XVIIIe siècle et des vitraux du maître-verrier Louis-Victor Gesta (représentant saint Quentin, saint Étienne ou Jeanne-Marie de Maillé) complètent ce patrimoine.
Classée monument historique par arrêté du 28 octobre 1926, l’église illustre l’évolution architecturale et religieuse de la Touraine, entre légendes locales, conflits religieux (guerres de Religion) et restaurations modernes. Son mobilier et ses décors reflètent l’influence des familles nobles et des artisans verriers, tout en témoignant de la dévotion à saint Quentin, figure à la fois martyre et ermite dans la tradition tourangelle.