Frise chronologique
1607
Construction du chœur
Construction du chœur
1607 (≈ 1607)
Chœur polygonal en granite inauguré.
1612
Édification du porche
Édification du porche
1612 (≈ 1612)
Porche ouest à colonnes torses.
1646
Construction de la sacristie
Construction de la sacristie
1646 (≈ 1646)
Aujourd’hui disparue avec l’ossuaire (1652).
1731
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1731 (≈ 1731)
Style baroque par H. Mathieu Yvenou.
milieu XVIIe siècle
Changement de vocable
Changement de vocable
milieu XVIIe siècle (≈ 1750)
Remplacement de saint Rumon par saint Raymond.
11 mai 1932
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
11 mai 1932 (≈ 1932)
Inscription officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Raymond (cad. AI 369) : inscription par arrêté du 11 mai 1932
Personnages clés
| Saint Rumon (ou Ruan) - Saint patron initial |
Frère de saint Tugdual, honoré en Cornouailles. |
| Saint Raymond Nonnat - Nouveau vocable (dès 1657) |
Cardinal catalan de l’ordre de la Merci. |
| H. Mathieu Yvenou - Artisan du clocher (1731) |
Auteur de l’inscription gravée sous la corniche. |
| Gustave Lassalle-Bordes - Peintre du XIXe siècle |
Auteur des *Sept Maccabées* (1847). |
Origine et histoire
L’église Saint-Raymond, initialement dédiée à saint Rumon (ou Ruan), un saint breton honoré en Cornouailles et lié à l’abbaye de Tavistock, fut construite dans les douves de l’ancien château d’Audierne, vestige d’un camp romain. Son vocable changea au milieu du XVIIe siècle pour saint Raymond Nonnat, cardinal catalan de l’ordre de la Merci, sans lien direct avec la Bretagne. L’édifice, en granite, fut érigé par la population locale – dont les maîtres de barque, symbolisés par trois « vaisseaux de pierre » sculptés (un bâtiment à hune, un langoustier, une barque de pêche) – reflétant la prospérité maritime d’Audierne.
La construction s’échelonna au début du XVIIe siècle : le chœur (1607), le porche (1612), puis la sacristie (1646) et un reliquaire aujourd’hui disparu (commencé en 1652). Le clocher baroque, reconstruit en 1731 par H. Mathieu Yvenou, se distingue par son dôme massif et une inscription gravée. L’église, classée Monument Historique en 1932, présente des éléments architecturaux remarquables : portes en anse de panier encadrées de colonnes torses, voûtes à liernes, et un mobilier incluant un maître-autel de 1785, des statues des saints Raymond et Julien, ainsi que des tableaux des XVIIe et XIXe siècles (dont une Assomption et une copie de l’Annonciation de Vasari).
À proximité, la fontaine de Saint-Raymond (1704), ornée d’inscriptions partiellement illisibles, intègre une pierre tombale réemployée (Marie Jeanne Raimone Bargilliat, 1838). L’église, trop exiguë face à l’afflux de marins au XIXe siècle, fut remplacée comme paroisse par Saint-Joseph au XXe siècle, devenant une chapelle funéraire. Son histoire illustre les liens entre foi locale, artisanat maritime et patrimoine architectural, tandis que son clocher reste l’un des rares exemples baroques du diocèse, avec celui de Plogonnec.
Contrairement aux églises voisines, Saint-Raymond ne fut pas construite par des maîtres jurés, mais par des ouvriers locaux, sans plans détaillés. Cette origine populaire explique son style sobre, marqué par une « masse imposante » visible depuis les hauteurs de Keridreux. Les modifications ultérieures se limitèrent à la réfection du clocher (1731) et à la disparition de la sacristie et de l’ossuaire (XVIIe siècle). Aujourd’hui propriété communale, elle perpétue la mémoire des deuils liés à la mer, dans une ville où la pêche à la sardine façonna l’identité sociale et économique.
Le mobilier comprend aussi un tableau de Gustave Lassalle-Bordes (Les sept Maccabées, 1847), commande d’État, et des culots sculptés dans le porche sud, voûté sur croisée d’ogives. Les bas-reliefs de bateaux, symboles des activités portuaires, rappellent que les marchands d’Audierne tirèrent leur richesse de la pêche et du commerce maritime aux XVIIe et XVIIIe siècles. L’inscription du clocher (« H. MATIEU YVENOU F. L’AN 1731 ») atteste de cette période faste, tandis que la fontaine voisine, dédiée au saint patron, témoigne des pratiques dévotionnelles bretonnes.