Origine et histoire de l'Église Saint-Remi
L'église Saint-Rémi d'Amiens, située dans le département de la Somme, remplace une première église paroissiale détruite après la Révolution française. L’édifice actuel, de style néogothique, fut initié en 1889 sous l’impulsion du curé Louis Eugène Debeaumont et selon les plans de l’architecte Paul Delefortrie. La construction, interrompue en 1891 pour des raisons financières, ne vit achever que le chœur et le transept. Les orgues, inaugurées en 1900, furent reconstruites par Salomon Van Bever à partir d’un instrument plus ancien datant de 1842, initialement installé dans l’église des cordeliers.
Après la Première Guerre mondiale, l’architecte Pierre Ansart compléta l’édifice en ajoutant une sacristie, tandis que son fils, le verrier Gérard Ansart, restaura ou créa de nouveaux vitraux. Ceux-ci illustrent la vie de saint Rémi dans l’abside, l’histoire des cordeliers au triforium, et les douze apôtres dans les fenêtres hautes. L’église fut inscrite aux monuments historiques le 17 août 2001, avec sa sacristie et les vestiges de l’ancienne nef du couvent. Aujourd’hui, elle est confiée à la communauté catholique polonaise d’Amiens.
L’intérieur abrite des éléments patrimoniaux remarquables, dont le tombeau de Nicolas de Lannoy et Magdelaine de Mutterel (1631), sculpté par Nicolas Blasset et inspiré des tombeaux royaux. Ce tombeau, à double représentation (priants et transis), est un cas unique dans le Nord de la France. L’église conserve également une Vierge à l’Enfant offerte par le Grand Condé après la bataille de Rocroi (1643), classée monument historique en 1904, ainsi que des bas-reliefs en marbre du XVIIe siècle, comme La Cène et L’Adoration des Mages, provenant de l’abbaye de Corbie et classés en 1907.
Les vitraux, réalisés par la Maison Hutin de Reims puis restaurés par Gérard Ansart, mêlent récits hagiographiques et symboles religieux. L’orgue, reconstruit en 1900, utilise le buffet et des éléments de l’instrument original des frères Basiliens (1842). Plusieurs objets mobiliers, dont des bas-reliefs des XVIe–XVIIIe siècles et un reliquaire de la Sainte Larme de Selincourt, sont protégés depuis 1982. L’église témoigne ainsi d’un héritage artistique et spirituel mêlant néo-gothique, patrimoine médiéval et mémoire franciscaine.