Frise chronologique
VIe siècle
Fondation de l’oratoire
Fondation de l’oratoire
VIe siècle (≈ 650)
Saint Rémi ordonne la construction d’un oratoire.
775
Donation à Saint-Denis
Donation à Saint-Denis
775 (≈ 775)
L’église est cédée à l’abbaye de Saint-Denis.
907
Première mention paroissiale
Première mention paroissiale
907 (≈ 907)
Acte royal citant la paroisse d’Asnières.
Vers 1130–1150
Reconstruction gothique de la nef
Reconstruction gothique de la nef
Vers 1130–1150 (≈ 1140)
Arcades en tiers-point et chapiteaux à crochets.
XIIe siècle (début)
Construction du chœur roman
Construction du chœur roman
XIIe siècle (début) (≈ 1215)
Deux travées voûtées en berceau subsistent.
Fin XIIe – début XIIIe siècle
Ajout des chapelles latérales
Ajout des chapelles latérales
Fin XIIe – début XIIIe siècle (≈ 1325)
Voûtement d’ogives dans les chapelles nord et sud.
1409
Incendie du clocher
Incendie du clocher
1409 (≈ 1409)
Foudre détruit partiellement la charpente et le clocher.
1792
Transfert du retable de Royaumont
Transfert du retable de Royaumont
1792 (≈ 1792)
Colonnes de marbre et retable intégrés à l’église.
1832
Déplacement du cimetière
Déplacement du cimetière
1832 (≈ 1832)
Cimetière paroissial transféré hors du village.
1985
Classement monument historique
Classement monument historique
1985 (≈ 1985)
Inscription par arrêté du 22 novembre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Rémi (cad. AD 257) : inscription par arrêté du 22 novembre 1985
Personnages clés
| Saint Rémi (437–533) - Évêque de Reims |
Aura ordonné la construction de l’oratoire primitif. |
| Robert le Pieux (972–1031) - Roi de France |
Cité dans un acte de 907 mentionnant la paroisse. |
| Antoine Coysevox (1640–1720) - Sculpteur |
Auteur du monument funéraire d’Henri de Lorraine (transféré en 1959). |
| Jean-Joseph Bourguet de Guilhem de Travanet (XVIIIe s.) - Marquis et industriel |
Achetait Royaumont et offrit le retable à l’église. |
| Daniel Sarrabat (1666–1748) - Peintre |
Auteur attribué du retable (Adoration des bergers, vers 1650). |
| Vincent Malliet (m. 1570) - Archer du roi et capitaine |
Dalle funéraire conservée dans l’église. |
Origine et histoire
L’église Saint-Rémi d’Asnières-sur-Oise, située dans le Val-d’Oise, trouve ses origines au VIe siècle, lorsque saint Rémi, évêque de Reims, aurait ordonné la construction d’un oratoire à cet emplacement. Une première église en bois, dédiée à saint Rémi, est attestée par une charte de 775 la cédant à l’abbaye de Saint-Denis. La paroisse est mentionnée pour la première fois en 907 sous le règne de Robert le Pieux. Les vestiges les plus anciens de l’édifice actuel datent du XIIe siècle, avec les deux premières travées du chœur voûtées en berceau, caractéristiques de l’art roman.
Au XIIe et XIIIe siècles, l’église est profondément remaniée : la nef est reconstruite dans un style gothique primitif, avec des arcades en tiers-point et des chapiteaux à crochets, tandis que l’abside romane est remplacée par un chevet à pans coupés voûté d’arêtes. Le clocher-porche, élément le plus remarquable, est érigé durant cette période, combinant des influences romanes (contreforts plats) et gothiques (baies en arc brisé, décors sculptés). Les chapelles latérales, ajoutées ultérieurement, illustrent l’évolution des techniques de voûtement, avec des ogives gothiques flamboyantes dans la chapelle nord.
L’histoire de l’église est marquée par des événements tragiques, comme l’incendie de 1409 provoqué par la foudre, qui détruit partiellement le clocher et la charpente de la nef. Au XVIIe siècle, l’église s’enrichit de mobilier prestigieux, notamment le retable et les colonnes de marbre provenant de l’abbaye de Royaumont, démantelée après la Révolution. Classée monument historique en 1985, l’église conserve aujourd’hui un patrimoine mobilier exceptionnel, incluant des stalles médiévales, des dalles funéraires des XVIe–XVIIe siècles, et des vitraux du XIXe siècle, témoignant de son rôle central dans la vie paroissiale et de son lien avec l’histoire locale.
Le chœur, mélange d’éléments romans et gothiques, abrite un retable baroque encadré par les colonnes de Royaumont, tandis que les chapelles latérales révèlent des détails architecturaux variés, comme les chapiteaux sculptés de motifs fantastiques dans la chapelle nord. L’extérieur, sobre et harmonieux, est dominé par le clocher, dont la flèche octogonale et les baies géminées en font un exemple typique des clochers gothiques du Val-d’Oise. Les restaurations des XIXe et XXe siècles ont préservé l’édifice, tout en adaptant certains éléments (faux plafonds, vitraux) aux goûts des époques successives.
L’église Saint-Rémi reste un lieu de culte actif, accueillant des messes dominicales et illustrant la continuité religieuse depuis le Moyen Âge. Son mobilier, incluant des œuvres classées comme les stalles du XVe siècle ou le lambris du XVIIIe, ainsi que ses dalles funéraires (dont celle d’un curé du XIIIe siècle), en font un site patrimonial majeur. Son inscription au titre des monuments historiques en 1985 consacre son importance historique et architecturale, tout en soulignant son ancrage dans le paysage rural du parc naturel régional Oise-Pays de France.
La localisation de l’église, près de l’Oise et de l’ancienne abbaye de Royaumont, renforce son lien avec l’histoire monastique et seigneuriale de la région. Les modifications apportées au fil des siècles — comme la suppression des monuments funéraires des seigneurs de Touteville en 1763 ou l’ajout de vitraux offerts par des paroissiens au XIXe siècle — reflètent les évolutions sociales et artistiques. Aujourd’hui, l’église, bien que modeste par sa taille, offre un panorama complet de l’art sacré en Île-de-France, des origines romanes à l’héritage révolutionnaire.