Frise chronologique
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Portail roman et nef primitive
XIIIe siècle
Tour carrée défensive
Tour carrée défensive
XIIIe siècle (≈ 1350)
Clocher avec ouvertures trilobées
1641
Bataille de la Marfée
Bataille de la Marfée
1641 (≈ 1641)
Date gravée sur la tour
1683
Réparation des nefs latérales
Réparation des nefs latérales
1683 (≈ 1683)
Fenêtres du XVIIe siècle
1740
Construction du chœur en marbre
Construction du chœur en marbre
1740 (≈ 1740)
Commande du curé Devillers
3 juin 1959
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
3 juin 1959 (≈ 1959)
Église et décor intérieur protégés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise avec son décor intérieur, y compris les autels (cad. AB 86) : classement par arrêté du 3 juin 1959
Personnages clés
| Curé Devillers - Commanditaire du chœur |
Finança les autels en 1740 |
| Mme Devillers (mère du curé) - Seigneur en partie de Cheveuges |
Finança partiellement les travaux |
| Jean Tobie - Instituteur à Chaumont |
Auteur du livre de raison |
Origine et histoire
L’église Saint-Rémi de Cheveuges, située dans les Ardennes (Grand Est), est un édifice paroissial dont les origines remontent au XIe siècle, avec des transformations majeures aux XIIIe, XVIe et XVIIe siècles. Classée monument historique depuis 1959, elle se distingue par son portail défensif du XIe siècle, doté de contreforts massifs, d’un mâchicoulis et d’un tympan sculpté représentant le Christ et les apôtres. Ce portail, typique de l’art roman primitif, servait de refuge aux villageois et à leurs bêtes lors des pillages, illustrant le rôle protecteur de l’église dans une région souvent menacée.
La tour carrée surplombant le chœur, construite au XIIIe siècle, atteint 25 mètres de haut et arbore des ouvertures trilobées et une fenêtre ogivale, témoignant d’une vocation à la fois religieuse et défensive. Les deux cloches actuelles, bénies en 1921, remplacent celles enlevées pendant la Première Guerre mondiale. Une inscription datée de 1641 sur la tour évoque la bataille de la Marfée, rappelant les conflits qui ont marqué l’histoire locale. La nef, de transition roman-gothique, fut partiellement détruite puis reconstruite plus bas au XVIIe siècle, comme en attestent les dates gravées (1683) au-dessus des fenêtres latérales.
Le chœur, chef-d’œuvre baroque du XVIIIe siècle, fut commandé en 1740 par le curé Devillers, grâce au financement de sa mère, alors « Seigneur en partie » de Cheveuges. Réalisé en marbre et pierre de taille, il représente la Passion du Christ et s’harmonise avec une voûte gothique du XVIe siècle, haute de 8 mètres. Les vitraux modernes (1958), illustrant les Six Jours de la Création, et les fonts baptismaux en pierre complètent cet ensemble riche, où se mêlent histoire locale, art sacré et adaptations architecturales liées aux guerres.
Parmi les éléments remarquables, on note un autel polychrome du XVe siècle, partiellement caché par le revêtement actuel, ainsi qu’une pierre tombale seigneuriale près du chœur, attribuée à la famille de Roucy. La chaire néo-gothique (1864) et la grille de communion (1830) reflètent les ajouts ultérieurs. L’église, propriété communale, incarne ainsi près d’un millénaire d’histoire, entre culte, défense et vie communautaire dans les Ardennes.