Origine et histoire de l'Église Saint-Remi
L'église Saint-Rémi, dédiée à saint Rémi et saint Laurent, se situe au cœur de l'ancien bourg de Douvres-la-Délivrande, à moins de 300 mètres du domaine de la Baronnie, dans le département du Calvados. Elle est bâtie en pierre calcaire blonde de la région de Caen et orientée vers le sud-est. L’édifice comprend une nef à vaisseau unique, une tour latérale au nord et un chevet dont le chœur est flanqué de collatéraux ; côté sud, deux constructions plus basses abritent une chapelle au sud-ouest et la sacristie au sud-est. La donation du patronage et des revenus de l’église par Philippe d’Harcourt aux chanoines de la cathédrale de Bayeux en 1153 est attestée, et la partie carrée de la tour, la plus ancienne du monument, date du XIIe siècle. Selon Arcisse de Caumont la nef était encore romane lors de sa visite, mais elle a été reconstruite en style néo-gothique en 1865 à l’initiative de l’abbé Michel Bellée ; cette nef, voûtée d’ogives, comporte quatre travées et conserve une tribune en bois au-dessus du portail. Le chevet, reconstruit au XIVe ou au début du XVe siècle, a subi plusieurs transformations et réparations, notamment en 1832 et 1835, puis après des dégâts causés par la foudre en 1932 ; le vitrail central, rétabli en 1936, n’occupe que le tiers supérieur du mur central. Une petite porte basse en plein cintre surbaissé, située près de la tour, est l’un des éléments anciens conservés, tandis que la chapelle Saint-Laurent du collatéral sud a été reconstruite en 1832, date gravée sur l’un de ses contreforts.
La tour, accolée au nord de la nef, se présente sur plan carré et s’élève sur trois niveaux séparés par des cordons, surmontés d’une flèche octogonale ; toute la partie carrée appartient à la fin du XIIe siècle. La base, qui abrite une chapelle, est décorée d’une arcature de trois baies dont seule la centrale est ouverte, les colonnes de chaque baie portant des chapiteaux ornés de godrons ou d’entrelacs. Le deuxième niveau est traité en arcatures aveugles en plein cintre appuyées sur colonnettes, tandis que l’étage des cloches comporte de grandes baies géminées en arc brisé à trois ressauts, avec rouleaux décorés et archivoltes ornées de billettes ; des abat-sons garnissent ces ouvertures. Une corniche à arcature trilobée ornée de modillons sculptés couronne la partie carrée. La flèche, de facture gothique, est une pyramide octogonale en pierre percée de lucarnes et ornée de gables et de clochetons, ces derniers ayant été rétablis en 1875 à l’initiative du curé Michel Bellée.
À l’intérieur, la chapelle du rez-de-chaussée du clocher, accessible par une grande baie en arc brisé de la fin du XIIe siècle, présente une archivolte décorée et des chapiteaux sculptés ; elle est couverte d’une voûte d’ogives bombée et éclairée par de petites fenêtres en plein cintre. La chapelle dite « aux soldats morts pour la patrie », d’abord dédiée à Jeanne d’Arc, a été bâtie autour de 1830 contre le collatéral sud ; voûtée en ogives et éclairée par une fenêtre en plein cintre, elle adopte un décor néo-roman de bâtons brisés formant losanges et a été dédiée après la Première Guerre mondiale aux soldats morts au combat. Un arc triomphal marque la transition entre la nef et le chœur.
Le chœur, dont la charpente est lambrissée comme celles des toitures, s’ouvre largement sur les collatéraux par quatre hautes arcades ; le maître-autel, dédié à saint Rémi, date de la fin du XVIIIe siècle. Sous le vitrail de 1936 se trouve une toile du XIXe siècle de M. A. Ledien représentant le baptême de Clovis par saint Rémi. Le collatéral sud, reconstruit en 1832, conserve un retable dont la toile représente le martyre de saint Laurent et il est prolongé au sud-ouest par une chapelle néo-romane ; le collatéral nord, reconstruit en 1829, communique avec le rez-de-chaussée du clocher et a vu l’installation d’un orgue construit en 1974 et restauré en 2021. Enfin, la sacristie a été ajoutée en 1843.
Le clocher est classé au titre des monuments historiques depuis 1862 et le chevet est inscrit depuis 1927.