Frise chronologique
1125–1130
Fondation par Louis le Gros
Fondation par Louis le Gros
1125–1130 (≈ 1128)
Don de la chapelle aux chanoines de Senlis
Milieu XIIe siècle
Construction gothique primitive
Construction gothique primitive
Milieu XIIe siècle (≈ 1250)
Chœur, transept et arcades nord conservés
12 juillet 1256
Dédicace à saint Rémi
Dédicace à saint Rémi
12 juillet 1256 (≈ 1256)
Célébrée par Eudes Rigaud, archevêque de Rouen
1562
Porche Renaissance par Le Mercier
Porche Renaissance par Le Mercier
1562 (≈ 1562)
Commande de Guillaumes Germain
1620
Chapelle funéraire de Sillery
Chapelle funéraire de Sillery
1620 (≈ 1620)
Œuvre attribuée à François Mansart
XVIe siècle
Reconstruction post-Guerre de Cent Ans
Reconstruction post-Guerre de Cent Ans
XVIe siècle (≈ 1650)
Arcades sud refaites, style flamboyant
1762
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
1762 (≈ 1762)
Style hybride, voûtes pseudo-flamboyantes
16 juin 1926
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
16 juin 1926 (≈ 1926)
Protection partielle de l’édifice
19 juin 1981
Classement de la chapelle
Classement de la chapelle
19 juin 1981 (≈ 1981)
Ancienne chapelle funéraire de Sillery
12 janvier 2024
Classement complet de l’église
Classement complet de l’église
12 janvier 2024 (≈ 2024)
Remplace les protections antérieures
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église Saint-Rémi, en totalité, située place du Maréchal-Leclerc, sur les parcelles n° 277 et n° 278 de la section AC du cadastre, à l'exclusion des locaux du presbytère situés au-dessus de la chapelle de la Vierge et de la sacristie, telle que figurée sur les plans annexés à l'arrêté : classement par arrêté du 12 janvier 2024
Personnages clés
| Louis VI le Gros - Roi de France (1108–1137) |
Dona la chapelle aux chanoines de Senlis |
| Eudes Rigaud - Archevêque de Rouen (1248–1275) |
Dédia l’église à saint Rémi en 1256 |
| Nicolas Le Mercier - Maître-maçon (1541–1637) |
Conçut le porche Renaissance en 1562 |
| Guillaumes Germain - Archidiacre du Vexin |
Commanditaire du porche en 1562 |
| Nicolas Brulart de Sillery - Garde des Sceaux (1544–1624) |
Fonda le prieuré et commanda la chapelle |
| François Mansart - Architecte (1598–1666) |
Attribué comme auteur de la chapelle |
| Saint Jean Eudes - Fondateur des Eudistes (1601–1680) |
Fit un vœu dans l’église en 1624 |
| John Abbey - Facteur d’orgues (1785–1859) |
Conçut l’orgue classé en 1833 |
Origine et histoire
L’église Saint-Rémi de Marines, située dans le Val-d’Oise, trouve ses origines au XIIe siècle, lorsque le roi Louis le Gros (1108–1137) offre une chapelle primitive aux chanoines de Saint-Vincent de Senlis entre 1125 et 1130. Ces derniers édifient l’église actuelle à partir du milieu du XIIe siècle, dont subsistent aujourd’hui le chœur, le transept et les grandes arcades nord de la nef, de style gothique primitif. L’église est dédiée à saint Rémi en 1256 par l’archevêque de Rouen, Eudes Rigaud, après son agrandissement financé par les dîmes perçues par les chanoines.
La Guerre de Cent Ans endommage gravement l’édifice, entraînant des reconstructions partielles à partir du XVIe siècle. Les grandes arcades sud de la nef, de style gothique flamboyant, sont reprises en sous-œuvre au milieu du XVIe siècle et ornées de chapiteaux Renaissance. En 1562, l’archidiacre Guillaumes Germain commande au maître-maçon Nicolas Le Mercier un porche Renaissance devant le collatéral sud, ainsi que des travaux de modernisation des élévations latérales, restés inachevés. Le collatéral nord conserve des traces de cette transition stylistique, avec des fenêtres Renaissance et une voûte en berceau.
Au XVIIe siècle, la seigneurie de Marines passe à Nicolas Brulart de Sillery, garde des Sceaux d’Henri IV, qui fonde un prieuré pour les Oratoriens en 1618 et commande à François Mansart une chapelle funéraire dédiée à saint Roch (aujourd’hui chapelle du Sacré-Cœur). Cette chapelle octogonale, de style classique, est un rare exemple d’architecture baroque dans le Vexin. Les parties orientales, remaniées à plusieurs reprises, perdent leur cohérence originelle, notamment après la reconstruction du chœur en 1762 dans un style hybride.
L’église, partiellement protégée dès 1926 (inscription MH), voit sa chapelle classée en 1981, puis l’ensemble de l’édifice classé en 2024. Malgré des restaurations maladroites, elle conserve des éléments remarquables comme le porche Renaissance, la chapelle Mansart et des boiseries du chœur. Aujourd’hui, elle reste un lieu de culte actif au sein d’un regroupement paroissial de 34 communes, avec des messes dominicales célébrées chaque dimanche à 11 heures.
Le mobilier inclut une cloche du XIIIe siècle classée, l’un des plus anciens spécimens français fabriqués selon la méthode du moine Théophile, ainsi qu’un orgue de John Abbey (1833), restauré en 1989. Une plaque commémore aussi le vœu de saint Jean Eudes en 1624 dans cette église, soulignant son rôle spirituel historique.