Frise chronologique
1675-1677
Construction de l'église
Construction de l'église
1675-1677 (≈ 1676)
Financée par la bourgeoisie laonnoise, remplace un édifice médiéval.
1790
Désacralisation et vente
Désacralisation et vente
1790 (≈ 1790)
Devenue bien national pendant la Révolution.
1795
Destruction du clocher
Destruction du clocher
1795 (≈ 1795)
Transformée en salle de spectacle ensuite.
1804-1807
Aménagement en théâtre
Aménagement en théâtre
1804-1807 (≈ 1806)
Théâtre à l’italienne conçu par Carrier.
1975
Classement monument historique
Classement monument historique
1975 (≈ 1975)
Façades et toitures protégées, intérieur en ruine.
1976-1979
Réhabilitation en mairie annexe
Réhabilitation en mairie annexe
1976-1979 (≈ 1978)
Restauration par Alain Gigot, architecte des Monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toiture (cad. AD 68) : classement par arrêté du 5 décembre 1975
Personnages clés
| Pierre Gerbaut - Seigneur de Boisléchelles |
Commanditaire principal de la construction. |
| Jean Marest - Maître maçon |
Responsable de l’édification (1676-1678). |
| Armand Sentiez - Sculpteur |
A décoré l’église à sa construction. |
| Carrier - Architecte départemental |
Conçoit le théâtre en 1804-1807. |
| Jean-François Troy - Peintre décorateur |
Réalise les décors du théâtre. |
| Alain Gigot - Architecte des Monuments historiques |
Dirige la restauration (1976-1979). |
Origine et histoire
L’église Saint-Rémy-au-Velours de Laon, construite entre 1675 et 1677, remplace un édifice médiéval du XIIe siècle jugé vétuste. Financée par la bourgeoisie locale, dont Pierre Gerbaut, seigneur de Boisléchelles, et le procureur du roi Le Doulx, elle coûte 14 240 livres. Son nom évoque la fréquentation par la « robe », c’est-à-dire les magistrats et notables. Des éléments du XVIe siècle subsistent côté est, révélés lors de restaurations ultérieures.
Désacralisée en 1790 pendant la Révolution, l’église est vendue à la ville en 1791 et son clocher abattu en 1795. Transformée en salle de spectacle, elle accueille un théâtre à l’italienne entre 1804 et 1807, conçu par l’architecte Carrier et décoré par Jean-François Troy. Endommagée pendant la Première Guerre mondiale, elle est restaurée entre 1919 et 1925 dans un style Louis XVI, avant de fermer en 1965.
Classée monument historique en 1975 pour ses façades et toitures, l’église, alors en ruine intérieure, est réhabilitée entre 1976 et 1979. Depuis 1980, elle sert d’annexe à la mairie de Laon, marquant sa transition d’un lieu religieux à un espace civique. Son histoire reflète les bouleversements politiques et culturels de la France, de l’Ancien Régime à l’époque contemporaine.
L’édifice est aussi mentionné dans la littérature : Champfleury y situe un épisode comique des Souffrances du professeur Delteil (1853). Son architecture, mêlant pierre calcaire et toits d’ardoise, témoigne des savoir-faire du XVIIe siècle, tandis que ses transformations successives en font un symbole de la réappropriation du patrimoine.
Les architectes et artisans ayant marqué son histoire incluent Jean Marest (maître maçon), Armand Sentiez (sculpteur), et Paul Marquiset (architecte des rénovations de 1893). La restauration des années 1970, menée par Alain Gigot, a permis de sauver l’édifice, aujourd’hui propriété communale et lieu de mémoire pour Laon.