Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Chapelle castrale à nef unique, fronton conservé.
vers 1410
Destruction du château
Destruction du château
vers 1410 (≈ 1410)
Par les troupes bourguignonnes, marquant un déclin.
1554
Reconstruction Renaissance
Reconstruction Renaissance
1554 (≈ 1554)
Agrandissement par Jean Bullant pour Anne de Montmorency.
1770
Création de la compagnie d'arc
Création de la compagnie d'arc
1770 (≈ 1770)
Trophées conservés dans l'église, tradition locale.
17 janvier 1920
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
17 janvier 1920 (≈ 1920)
Protection officielle de l'édifice et de ses éléments.
1978
Installation de l'orgue
Installation de l'orgue
1978 (≈ 1978)
Œuvre de Maurice Delmotte, acquis par une association.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 17 janvier 1920
Personnages clés
| Anne de Montmorency - Connétable et seigneur de Gandelu |
Commanditaire de la reconstruction Renaissance en 1554. |
| Jean Bullant - Architecte |
Auteur des travaux du XVIe siècle (château et église). |
| Jacques Stella - Peintre italien (XVIIe siècle) |
Auteur attribué du *Baptême de Clovis* (1650). |
| Maurice Delmotte - Facteur d'orgues (XXe siècle) |
Créateur de l'orgue installé en 1978. |
| Charles de Bourbon-Condé - Prince de sang |
Né à Gandelu en 1562, mentionné sur une plaque. |
| Léon Potier de Gesvres - Duc et pair de France (1620-1704) |
Famille noble honorée par les litres funéraires. |
Origine et histoire
L’église Saint-Rémy de Gandelu, située dans l’Aisne (Hauts-de-France), trouve ses origines au XIIe siècle comme chapelle castrale. À l’époque, elle ne comportait qu’une nef centrale aux murs percés d’ouvertures, avec un fronton encore visible aujourd’hui. Ce lieu de culte, placé sur l’ancienne voie gauloise reliant Paris à Reims (dite « chemin des sacres »), témoignait d’une activité intense, liée à la présence du château voisin.
Vers 1410, le château médiéval est détruit par les troupes bourguignonnes, marquant un tournant. Au XVIe siècle, Anne de Montmorency, devenu seigneur de Gandelu, confie à l’architecte Jean Bullant (connu pour les châteaux d’Écouen et de Fère-en-Tardenois) la reconstruction du château en style Renaissance et l’agrandissement de la chapelle. Les travaux transforment l’édifice : le chœur et les bas-côtés sont reconstruits avec des voûtes à arcs brisés, des colonnes remplacent les murs latéraux, et une tourelle d’escalier en pierre est ajoutée. Une « chapelle royale », ornée de fleurs de lys, est aménagée pour accueillir des personnalités, tandis qu’une porte extérieure, aujourd’hui murée, facilitait l’accès des pèlerins.
L’église abrite des éléments remarquables, comme une statue de saint Remy (XIVe siècle) en bois polychrome, initialement placée au-dessus du portail, ou des vitraux partiels des XIIe et XVIe siècles. Après la Révolution, elle récupère des retables, stalles et un bénitier en marbre de l’abbaye de Cerfroid, détruite. Classée Monument Historique en 1920, elle conserve aussi des litres funéraires des duc de Gesvres (XVIIe siècle), des tableaux classés (dont un Baptême de Clovis attribué à Jacques Stella), et un orgue de 1955 installé en 1978 par l’association locale, aujourd’hui dissoute.
Le cimetière entourant autrefois l’église est déplacé pendant la Révolution. Au XIXe siècle, la flèche en bois recouverte d’ardoises disparaît, remplacée par le clocher actuel. La sacristie est ajoutée à la même période. Les traces architecturales, comme les fenêtres bouchées de la nef ou les modifications des arcs, illustrent les transformations successives, reflétant l’histoire mouvementée de Gandelu, entre pouvoir seigneurial, activités religieuses et vie communautaire.
Parmi les objets classés figurent des statues (Vierge à l’Enfant, Christ au Pilori), des peintures des XVIIe et XVIIIe siècles (Saint Jérôme, La Trinité), et des plaques funéraires, comme celle d’Antoine Andry ou celle commémorant la naissance à Gandelu en 1562 du prince Charles de Bourbon-Condé. Les boiseries du chœur, provenant de Cerfroid, rappellent l’ordre des Trinitaires, dédié au rachat des captifs des pirates barbaresques. Ces éléments soulignent le rôle central de l’église, à la fois lieu de culte, de mémoire seigneuriale et de patrimoine artistique.