Frise chronologique
274
Martyre de saint Révérien
Martyre de saint Révérien
274 (≈ 274)
Décapitation à Nevers avec ses compagnons.
fin XIe - début XIIe siècle
Construction du prieuré et de l'église
Construction du prieuré et de l'église
fin XIe - début XIIe siècle (≈ 1225)
Fondation clunisienne, édification du chevet roman.
1723
Incendie destructeur
Incendie destructeur
1723 (≈ 1723)
Nef et clocher détruits, restauration sommaire.
1833-1840
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
1833-1840 (≈ 1837)
Restauration néo-romane par Paillard, classement MH.
1840
Premier classement Monument Historique
Premier classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Protection du chœur et des peintures.
1887-1888
Restauration des fresques
Restauration des fresques
1887-1888 (≈ 1888)
Dégagement des peintures murales du XVIe siècle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Choeur et les parois décorées de peintures murales : classement par liste de 1840 et par arrêté du 1er juillet 1887 ; La voussure supportant un bas-relief du XIIe siècle, en pierre sculptée, représentant deux anges, située à la partie supérieure du portail (cad. A 253) : classement par arrêté du 6 août 1958
Personnages clés
| Saint Révérien - Missionnaire et martyr (IIIe s.) |
Patron de l’église, décapité en 274. |
| Rotbertus - Sculpteur roman |
Auteur de chapiteaux signés dans le chœur. |
| François Mouchet de Villedieu - Dernier prieur commanditaire (1778-1789) |
Évêque de Digne, expulsé à la Révolution. |
| Pierre Hyppolite Paillard - Architecte du XIXe siècle |
Reconstruit la nef en style néo-roman. |
| Hugues de Lespinasse - Seigneur local (XIVe s.) |
Enterré dans l’église, dalle funéraire classée. |
| Dom Admiral et Dom Périnet - Derniers moines (1789) |
Expulsés à la Révolution, fin du prieuré. |
Origine et histoire
L’église Saint-Révérien, située dans le bourg éponyme de Bourgogne-Franche-Comté, est une ancienne prieurale romane construite entre la fin du XIe et le début du XIIe siècle. Dédiée à saint Révérien, missionnaire romain décapité en 274 avec ses compagnons près de Nevers, elle dépendait directement de l’abbaye de Cluny. Ce prieuré conventuel, doté de droits seigneuriaux étendus et de richesses foncières (terres, moulins, étangs), fut un centre religieux et politique majeur du Nivernais médiéval. Ses moines, au nombre de douze à l’origine, virent leur effectif décliner à partir du XVe siècle, tandis que les bâtiments conventuels tombaient en ruine, à l’exception du logis prioral.
L’église, d’architecture romane pour son chevet (déambulatoire, absidioles) et néo-romane pour sa nef reconstruite au XIXe siècle, a subi de multiples destructions. Un incendie en 1723 ravagea le clocher et la nef, entraînant une restauration sommaire en 1725-1726. Le clocher s’effondra à nouveau au début du XIXe siècle, nécessitant une reconstruction complète de la nef (1833-1840) par l’architecte Paillard, dans un style imitant l’original. Classée dès 1840, l’église abrite des trésors artistiques : chapiteaux romans sculptés (dont un signé Rotbertus), fresques des XVe-XVIe siècles dans les chapelles rayonnantes, et dalles funéraires médiévales.
Le chevet, partie la plus ancienne, illustre l’influence clunisienne par ses chapiteaux historiés (scènes bibliques, bestiaire fantastique) et ses modillons. Les peintures murales de la chapelle axiale, dédiées à la Vierge (XVIe siècle), mêlent symboles des litanies (soleil, lune, tour de David) et scènes narratives (Annonciation, Visitation). La chapelle nord, sous le vocable de saint Révérien, conserve une statue céphalophore du XIVe siècle. Ces éléments, protégés dès 1840, témoignent de la richesse spirituelle et artistique du prieuré, malgré son déclin à l’époque moderne.
À la Révolution, le prieuré fut dissous et ses biens vendus comme biens nationaux. Les deux derniers moines, Dom Admiral et Dom Périnet, furent expulsés en 1789. Au XIXe siècle, les campagnes de restauration (1887-1888) révélèrent les fresques cachées sous des badigeons et consolidèrent la structure. Aujourd’hui, l’église, propriété communale, reste ouverte au public. Son portail roman réemployé, orné d’anges cariatides byzantins, et ses dalles funéraires de seigneurs locaux (Hugues de Lespinasse, Marguerite de Thianges) rappellent son passé de nécropole aristocratique.
Le prieuré de Saint-Révérien, lié à des familles nobles comme les Champallement ou les Chéry (dynastie de prieurs aux XVIIe-XVIIIe siècles), fut aussi un lieu de pouvoir. Ses prieurs, souvent issus de l’élite régionale, cumulaient des charges ecclésiastiques : ainsi François Mouchet de Villedieu, dernier prieur commanditaire (1778-1789), était également évêque de Digne. Les archives mentionnent des pillages répétés (1343, 1360, 1423) et des donations de seigneurs locaux, soulignant son rôle central dans la vie médiévale nivernaise.