Frise chronologique
1521
Construction de la chapelle Sainte-Suzanne
Construction de la chapelle Sainte-Suzanne
1521 (≈ 1521)
Première chapelle par Jean Dinocheau.
1653
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
1653 (≈ 1653)
Par Louis XIV, plans de Jacques Lemercier.
1705
Loterie de piété
Loterie de piété
1705 (≈ 1705)
Financement de la chapelle de la Vierge.
5 octobre 1795
Insurrection royaliste
Insurrection royaliste
5 octobre 1795 (≈ 1795)
Combats devant l’église pendant le 13 vendémiaire.
1815
Saccage de l’église
Saccage de l’église
1815 (≈ 1815)
Manifestation contre l’Église après le refus d’inhumer Françoise Raucourt.
7 décembre 1914
Classement monument historique
Classement monument historique
7 décembre 1914 (≈ 1914)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jacques Lemercier - Architecte initial |
Conçoit les plans originaux en 1653. |
| Jules Hardouin-Mansart - Architecte |
Reprend le chantier, ajoute la chapelle de la Vierge. |
| Louis XIV - Roi de France |
Pose la première pierre en 1653. |
| Étienne-Louis Boullée - Architecte |
Conçoit la chapelle du Calvaire en 1754. |
| Denis Diderot - Philosophe |
Inhumé dans l’église en 1784. |
| Pierre Corneille - Dramaturge |
Inhumé dans l’église en 1684. |
Origine et histoire
L’église Saint-Roch, située au 296 rue Saint-Honoré dans le 1er arrondissement de Paris, est un édifice baroque construit entre 1653 et 1722. Initialement conçue par Jacques Le Mercier, elle est l’une des plus vastes églises de Paris avec ses 126 mètres de longueur. Classée monument historique depuis 1914, elle a été le théâtre d’événements marquants, comme les combats de l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795). Pillée pendant la Révolution, elle a récupéré une partie de son patrimoine et abrite aujourd’hui une riche collection d’œuvres d’art.
La construction de l’église débute en 1521 avec une chapelle dédiée à sainte Suzanne, transformée en église paroissiale en 1577 sous le patronage de saint Roch. En 1653, Louis XIV pose la première pierre du nouvel édifice, conçu par Jacques Lemercier. Après des interruptions dues à des problèmes financiers et à la mort de Lemercier, les travaux reprennent sous la direction de Jules Hardouin-Mansart, qui ajoute notamment la chapelle de la Vierge. La façade, achevée en 1739 par Jules-Robert de Cotte, est de style baroque avec des colonnes doriques et corinthiennes.
L’église Saint-Roch est connue comme la « paroisse des artistes » en raison des nombreuses personnalités qui y ont été inhumées ou dont les obsèques y ont été célébrées, comme Pierre Corneille, Denis Diderot, ou André Le Nôtre. Elle abrite également des œuvres d’art majeures, dont des peintures de Jean-Baptiste-Marie Pierre et des sculptures de Falconet. Pendant la Révolution, elle est pillée et devient brièvement le « Temple du Génie ». En 1815, elle est saccagée lors d’une manifestation hostile à l’Église.
L’architecture de Saint-Roch s’inspire des églises jésuites, avec une nef unique, des chapelles latérales et un transept peu saillant. La chapelle de la Vierge, de forme elliptique, est un chef-d’œuvre de Jules Hardouin-Mansart. L’intérieur, richement décoré, comprend une chaire baroque de Simon Challe et des vitraux du XIXe siècle. Les grandes orgues, construites entre 1750 et 1756, ont été remaniées par Aristide Cavaillé-Coll et sont toujours en usage.
L’église a également joué un rôle dans l’histoire politique et sociale de Paris. Son parvis a été le lieu de combats pendant la Révolution, et ses murs portent encore les traces des impacts de mitraille de l’époque. Aujourd’hui, elle reste un lieu de culte actif et un témoignage majeur du patrimoine religieux et artistique parisien.