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Église Saint-Roch de Saint-Sulpice-et-Cameyrac en Gironde

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise romane et gothique

Église Saint-Roch de Saint-Sulpice-et-Cameyrac

    2 Rue des Anciens Combattants
    33450 Saint-Sulpice-et-Cameyrac
Propriété de la commune
Église Saint-Roch de Saint-Sulpice-et-Cameyrac
Église Saint-Roch de Saint-Sulpice-et-Cameyrac
Église Saint-Roch de Saint-Sulpice-et-Cameyrac
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Église Saint-Roch de Saint-Sulpice-et-Cameyrac
Église Saint-Roch de Saint-Sulpice-et-Cameyrac
Crédit photo : William Ellison - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1090
Construction de l'église primitive
XIIe siècle
Édification abside et chœur
XIIIe siècle
Construction de la façade occidentale
XVe siècle
Restauration des voûtes
1806
Reconstruction partielle du clocher
21 décembre 1925
Classement de l'abside
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'abside : inscription par arrêté du 21 décembre 1925

Personnages clés

Léo Drouyn - Historien et dessinateur A documenté les modillons en 1847.
Christian Bougoux - Historien local A contribué aux recherches sur l’église.
Edmond Chrétien - Sculpteur bordelais Auteur du monument aux morts (1921).
François Henri Curcier - Peintre verrier Créateur des vitraux (1895).

Origine et histoire

L'église Saint-Roch de Saint-Sulpice-et-Cameyrac, édifiée vers 1090, est un témoignage majeur de l'architecture romane en Gironde. Son abside et son chœur, datant du XIe siècle, furent restaurés au XVe siècle, tandis que sa façade occidentale, à trois niveaux, fut ajoutée au XIIIe siècle. L'édifice, partagé entre les abbayes de Saint-Jean-d'Angély et Sainte-Croix de Bordeaux, arbore une nef prolongée par un chœur rectangulaire et une abside semi-circulaire, éclairée par des fenêtres évasées. Ses seize modillons du XIIe siècle, dessinés par Léo Drouyn en 1847, illustrent des motifs variés : entrelacs, animaux, scènes obscènes ou religieuses, dont sept furent remplacés au XIXe siècle par des corbeaux simples.

À l’intérieur, quatre chapiteaux romans du XIIe siècle, situés sur l’arc triomphal et entre le chœur et le sanctuaire, présentent des sculptures symboliques complexes. Au nord, un lion dévorant un homme et une parturiente enchaînée évoquent la punition des péchés, tandis qu’au sud, un démon emporte une âme vers l’enfer, illustrant les croyances médiévales sur le salut. Les chapiteaux entre le chœur et le sanctuaire mêlent motifs hybrides (oiseaux-serpents, basilic) et végétaux, reflétant l’influence de l’abbaye Sainte-Croix de Bordeaux. Ces éléments, combinés à des restaurations ultérieures (XVe, XVIIe, XIXe siècles), soulignent l’évolution stylistique et fonctionnelle de l’édifice.

Le mobilier et les ajouts postérieurs enrichissent l’histoire de l’église. Un retable du XVIIe siècle, dédié à saint Roch, domine la chapelle éponyme, tandis que des statues en plâtre (XIXe siècle) et des vitraux signés François Henri Curcier (1895) ornent l’intérieur. À l’extérieur, une croix de cimetière du XVIe siècle, un monument aux morts de 1921 et un cadran solaire (XVIe–XVIIe siècle) complètent le patrimoine. L’abside, classée monument historique en 1925, incarne la synthèse entre héritage roman, transformations gothiques et restaurations modernes, tout en témoignant de la vie paroissiale et funéraire locale.

Les recherches de Léo Drouyn (1850), Christian Bougoux et des historiens locaux ont permis de reconstituer l’histoire de l’église, depuis sa fondation médiévale jusqu’à ses modifications structurelles (voûtes du XVe siècle, contreforts du XVIIe siècle, reconstruction partielle du clocher en 1806). Les modillons et chapiteaux, par leur iconographie riche, offrent un éclairage sur les mentalités religieuses et les pratiques artistiques de l’Aquitaine romane. L’édifice, toujours propriété communale, reste un lieu de mémoire et de culte, où se croisent histoire locale, architecture sacrée et patrimoine sculptural.

Le contexte historique de Saint-Sulpice-et-Cameyrac, situé près de Bordeaux, révèle une région marquée par les échanges entre abbayes (Saint-Jean-d’Angély, Sainte-Croix) et les influences artistiques bordelaises. Les modillons et chapiteaux de l’église, comparables à ceux d’Izon ou Beychac, s’inscrivent dans un réseau d’édifices romans girondins. Les restaurations successives, notamment au XIXe siècle, reflètent les enjeux de préservation du patrimoine face aux évolutions liturgiques et aux besoins communautaires, comme le déplacement du cimetière au XXe siècle.

Liens externes