Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Nef unique et abside romane en cul-de-four
XIVe siècle
Remaniement du portail
Remaniement du portail
XIVe siècle (≈ 1450)
Porte d’entrée refaite, chapiteaux des péchés capitaux
Fin XVe - début XVIe siècle
Extension des nefs latérales
Extension des nefs latérales
Fin XVe - début XVIe siècle (≈ 1625)
Triplement de la largeur pour l’accueil des fidèles
1700 environ
Modification du chœur
Modification du chœur
1700 environ (≈ 1700)
Mur plat et retable ajoutés, sacristie aménagée
1865
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1865 (≈ 1865)
Clocher-mur roman remplacé par un clocher-porche de 30m
1986
Classement partiel
Classement partiel
1986 (≈ 1986)
Inscription aux monuments historiques (hors clocher et sacristie)
1999-2007
Restauration majeure
Restauration majeure
1999-2007 (≈ 2003)
Consolidation de la voûte, du clocher et de la toiture
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église, y compris la chaire en pierre dans la nef (à l'exclusion du clocher et de la sacristie modernes), ainsi que les quatre chapiteaux provenant du portail de l'église et actuellement scellés dans la façade Est du presbytère. (cad. C 256, 238) : inscription par arrêté du 4 novembre 1986
Personnages clés
| Saint Romain du Mans - Saint patron de l’église |
Disciple de saint Martin de Tours, dédicataire |
| Alexandre Antoine Lambert - Architecte bordelais |
Concepteur du clocher-porche en 1865 |
| Cardinal Donnet - Archevêque de Bordeaux |
Promoteur des clochers pointus, armoiries sur le clocher |
| Henri Curcier - Maître-verrier bordelais |
Auteur des vitraux (1896-1903) |
| Jean-Marie Billa - Architecte des restaurations |
Dirige les travaux de 1999 à 2007 |
| Barons de Larroque-Budos - Ancien seigneurs locaux |
Sépultures dans le bas-côté sud, armoiries sur le clocher |
Origine et histoire
L'église Saint-Romain de Budos, située dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice catholique dont les origines remontent au XIIe siècle. Elle est dédiée à saint Romain du Mans, disciple de saint Martin de Tours. Construite initialement avec une nef unique orientée vers l’est et une abside en cul-de-four, elle a subi des transformations majeures aux XIVe, XVIe et XVIIIe siècles, ainsi qu’une reconstruction partielle de son clocher au XIXe siècle.
L’abside et le chœur, seuls vestiges du XIIe siècle, présentent un chevet à neuf pans orné de chapiteaux sculptés représentant des motifs végétaux, animaux et des scènes symboliques comme des hommes enchaînés ou des oiseaux picorant. Ces éléments, partiellement masqués par des ajouts ultérieurs (contreforts, sacristie), témoignent d’un art roman raffiné. Le portail du XIVe siècle, aujourd’hui réduit, était autrefois orné de chapiteaux illustrant les péchés capitaux (Luxure, Gourmandise, Colère, Avarice), dont deux sont conservés dans le mur de l’ancienne mairie.
Au XVIe siècle, l’église est agrandie avec l’ajout de deux nefs latérales, triplant sa largeur pour répondre à l’augmentation démographique post-guerre de Cent Ans. Le chœur est modifié au XVIIIe siècle par l’ajout d’un mur plat et d’un retable en stuc, tandis que la sacristie occupe l’espace de l’abside romane. Le clocher-mur roman, menacé par des fissures, est démoli en 1865 et remplacé par un clocher-porche de 30 mètres de haut, conçu par l’architecte bordelais Alexandre Antoine Lambert. Ce dernier porte les armoiries du pape Pie IX, du cardinal Donnet et des barons de Larroque-Budos.
L’intérieur abrite un maître-autel en marbre des Pyrénées (1846), un retable classé du XVIIIe siècle dédié à saint Romain, et des vitraux du XIXe siècle signés Henri Curcier, illustrant des scènes religieuses comme la remise du rosaire à saint Dominique. Les bas-côtés, voûtés en 1868, conservent des dalles funéraires des seigneurs de La Roque-Budos (jusqu’en 1770) et un autel commémoratif des morts des deux guerres mondiales. Une pierre circulaire percée, découverte sous le sol, alimente des légendes locales sur d’éventuels souterrains.
Classée partiellement aux monuments historiques en 1986 (à l’exclusion du clocher et de la sacristie), l’église a fait l’objet de restaurations majeures entre 1999 et 2007 pour consolider sa voûte, son arc triomphal et son clocher. Ces travaux ont permis sa réouverture au public en 2004, préservant un patrimoine architectural marqué par près de neuf siècles d’histoire religieuse et communautaire.