Frise chronologique
XIe siècle
Fondation initiale
Fondation initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Maçonneries en moellons visibles sur le mur sud.
XIIe - début XIIIe siècle
Décor sculpté et portail
Décor sculpté et portail
XIIe - début XIIIe siècle (≈ 1304)
Ajout des chapiteaux historiés et tympan roman.
1793
Vandalisme révolutionnaire
Vandalisme révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Têtes des sculptures mutilées (sauf saint Jean-Baptiste).
XIIIe, XVIIIe et XIXe siècles
Remaniments successifs
Remaniments successifs
XIIIe, XVIIIe et XIXe siècles (≈ 1865)
Modifications architecturales et restaurations.
1er décembre 1908
Classement du portail
Classement du portail
1er décembre 1908 (≈ 1908)
Protection au titre des monuments historiques.
10 décembre 1925
Inscription totale
Inscription totale
10 décembre 1925 (≈ 1925)
Église protégée en entier (hors portail classé).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le portail Ouest : classement par arrêté du 1er décembre 1908 ; Eglise, à l'exception du portail classé : inscription par arrêté du 10 décembre 1925
Personnages clés
| Saint Romain de Blaye - Patron initial de l’église |
Disciple de saint Martin de Tours (mort en 385). |
| Saint Barthélemy - Dédicataire actuel |
Remplace saint Romain comme saint patron. |
| Salomé - Figure biblique sculptée |
Danseuse sur le portail (scène de la décollation). |
| Saint Jean-Baptiste - Personnage central du tympan |
Décapité, seule tête épargnée en 1793. |
| Saint Michel - Archange représenté |
Combat contre le dragon (chapiteau intérieur). |
Origine et histoire
L'église Saint-Romain de Cessac, située dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice catholique dont les origines remontent au XIe siècle, comme en témoignent les maçonneries en petit appareil de moellons visibles sur le mur sud de la nef. À l'origine placée sous le patronage de saint Romain de Blaye (disciple de saint Martin de Tours, mort en 385), elle est aujourd’hui dédiée à saint Barthélemy. Son architecture mêle une nef courte, un chevet plat flanqué d’une sacristie, et une façade occidentale dominée par un clocher-pignon roman typique de la Saintonge, renforcé par une bretèche à vocation défensive.
Le monument a subi des remaniements majeurs aux XIIe, XIIIe, XVIIIe et XIXe siècles, avec un décor sculpté ajouté au XIIe et début XIIIe, visible sur le portail et dans le chœur. Le portail occidental, classé en 1908 pour ses chapiteaux historiés, illustre des scènes bibliques comme le Christ en majesté entouré des apôtres ou la décollation de saint Jean-Baptiste, tandis que l’édifice entier est inscrit en 1925. Les chapiteaux intérieurs, comme celui représentant saint Michel terrassant le dragon ou l’Adoration des mages, révèlent des influences artistiques régionales, notamment de l’abbaye de La Sauve-Majeure, modèle pour plusieurs sculptures.
L’iconographie extérieure inclut des modillons (dont huit datent du XIXe siècle) et des tympans narratifs, comme la danse de Salomé pour Hérode, où les têtes des personnages furent mutilées en 1793 par des révolutionnaires — sauf celle de saint Jean-Baptiste, déjà décapité. À l’intérieur, quatre chapiteaux non structurels du chœur ancien, réemployés comme décors muraux, dépeignent des scènes symboliques (un moine intempérant, des félins, l’Eucharistie) ou morales, reflétant les thèmes romans. Les maçonneries et modillons gothiques du chevet (têtes couronnées, agneau crucifère) marquent une évolution stylistique.
L’église, propriété communale, incarne un patrimoine religieux et artistique marqué par des influences aquitaines et saintongeaises, tout en portant les traces des bouleversements historiques, de sa fondation médiévale aux restaurations modernes. Son portail, classé parmi les premiers monuments historiques de Gironde (1908), et son inscription totale (1925) soulignent sa valeur patrimoniale exceptionnelle.