Construction initiale XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice roman attribué aux templiers.
1505 ou 1517
Fonte de la cloche ancienne
Fonte de la cloche ancienne 1505 ou 1517 (≈ 1517)
Cloche la plus vieille du clocher.
vers 1623
Construction du clocher-tour
Construction du clocher-tour vers 1623 (≈ 1623)
Ajout d’un élément gothique.
1640
Ajout de la sacristie
Ajout de la sacristie 1640 (≈ 1640)
Agrandissement de l’édifice.
1673
Achèvement du clocher
Achèvement du clocher 1673 (≈ 1673)
Date gravée sur la partie haute.
1877–1888
Restauration néo-gothique
Restauration néo-gothique 1877–1888 (≈ 1883)
Refonte de la nef et des sculptures.
21 décembre 1925
Classement Monument historique
Classement Monument historique 21 décembre 1925 (≈ 1925)
Protection intégrale de l’église.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 21 décembre 1925
Personnages clés
Gustave Pierre Dagrant - Maître-verrier
Auteur des vitraux (XIXe siècle).
Chevalier anonyme de Montarouch - Gisant du XVIe siècle
Probablement templier ou hospitalier.
Origine et histoire
L'église Saint-Romain de Targon, située dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice catholique dont les origines remontent potentiellement au XIIe siècle. Construite en style roman, elle aurait été édifiée par les templiers de Montarouch avant de dépendre de l’abbaye de La Sauve-Majeure. À l’époque, elle se composait d’une nef unique rectangulaire et d’une abside voûtée en cul-de-four, avec une porte latérale sud. Son architecture initiale reflétait l’influence des ateliers de La Sauve-Majeure, visible dans les chapiteaux et modillons romans encore partiellement conservés.
Aux XVIe et XVIIe siècles, l’église subit d’importants agrandissements : ajout d’un bas-côté gothique, d’un clocher-tour (vers 1623) et d’une sacristie (vers 1640). Le clocher, carré et doté de trois cloches dont une fondue en 1505 ou 1517, fut surélevé d’une chambre forte pendant les Guerres de religion, équipée de meurtrières. Les échauguettes Renaissance aux angles nord-est et sud-ouest, ainsi que les modillons sculptés (dont certains à connotation obscène ou symbolique), illustrent cette période de transition entre Moyen Âge et époque moderne. En 1673, la partie haute du clocher est achevée, marquant la fin des travaux majeurs.
Au XIXe siècle, une restauration néo-gothique (1877–1888) transforma radicalement la nef, voûtée et remaniée, tandis que les chapiteaux du portail et les modillons furent refaits. Malgré ces modifications, des éléments romans subsistent, comme la métope du bûcheron ou les voussures du portail ornées de figures allégoriques (luxure, colère, cupidité). L’édifice, classé Monument historique en 1925, abrite aussi un gisant du XVIe siècle, probablement celui d’un chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, aujourd’hui masqué par un orgue.
L’iconographie de l’église, riche en symboles, mêle scènes bibliques (Adoration des Mages, Chute d’Adam et Ève) et représentations moralisatrices. Les chapiteaux du chœur, inspirés de La Sauve-Majeure, opposent la rédemption à la chute, tandis que les modillons, typiques de l’art roman, dépeignent vices et vertus. Les vitraux, œuvre du maître-verrier bordelais Gustave Pierre Dagrant (1839–1915), complètent ce patrimoine artistique.
L’église Saint-Romain incarne ainsi près de neuf siècles d’histoire, des templiers aux restaurations modernes, en passant par les conflits religieux et les évolutions architecturales. Son clocher fortifié, ses sculptures romanes et ses ajouts Renaissance en font un témoin privilégié du patrimoine aquitain.
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