Frise chronologique
1433
Lettre de franchise du duc Jean V
Lettre de franchise du duc Jean V
1433 (≈ 1433)
Exemption pour la chapelle Notre-Dame du Merzer.
vers 1450
Reconstruction du chevet
Reconstruction du chevet
vers 1450 (≈ 1450)
Après destruction partielle par une tempête.
1530
Nouveau chevet et vitraux
Nouveau chevet et vitraux
1530 (≈ 1530)
Style « Beaumanoir » et don de Rohan-Albret.
1535
Vitrail du Crucifiement
Vitrail du Crucifiement
1535 (≈ 1535)
D’après Jost de Negcker, avec donateurs.
1562
Ajout du collatéral nord
Ajout du collatéral nord
1562 (≈ 1562)
Élargissement symétrique de la nef.
1619
Construction de l’ossuaire
Construction de l’ossuaire
1619 (≈ 1619)
Inscription en breton sur la mortalité.
1697-1699
Nouvelle sacristie jésuite
Nouvelle sacristie jésuite
1697-1699 (≈ 1698)
Contre l’angle nord-est de l’église.
1706
Réaménagement du chœur
Réaménagement du chœur
1706 (≈ 1706)
Ajout d’un grand retable sculpté.
1761
Modification du chancel
Modification du chancel
1761 (≈ 1761)
Arasement et garde-corps en ferronnerie.
1916
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1916 (≈ 1916)
Église, porte de cimetière et calvaire protégés.
2010
Fin des restaurations majeures
Fin des restaurations majeures
2010 (≈ 2010)
Vitraux, retable et stabilisation du porche.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église ; la porte du cimetière ; le calvaire ; l'ancienne chapelle située dans la clôture (cad. AB 17) : classement par arrêté du 28 février 1916
Personnages clés
| Jean V (duc de Bretagne) - Duc de Bretagne |
Accorde une franchise en 1433. |
| René de Rohan - Donateur des vitraux |
Commanditaire avec Isabeau d’Albret (1535). |
| Isabeau d’Albret - Donatrice des vitraux |
Épouse de René de Rohan. |
| Jean de Kerguiziau - Abbé de Daoulas |
Donateur du chancel (1573-1581). |
| Jost de Negcker - Graveur anversois |
Auteur des cartons des vitraux. |
| Pierre Quélennec - Maire de La Martyre |
Cite les restaurations en 2010. |
Origine et histoire
L'église Saint-Salomon de La Martyre, située dans le Finistère en Bretagne, est un édifice religieux catholique intégré dans un enclos paroissial classé parmi les plus remarquables du Léon. Sa construction s’échelonne du XIe au XVIIe siècle, avec des éléments majeurs datant des XVe, XVIe et XVIIe siècles. L’église actuelle conserve des vestiges du XIIIe siècle, comme les piliers et le collatéral sud, mais son chevet fut reconstruit vers 1450 après une tempête ayant endommagé l’édifice. Le monument est classé au titre des monuments historiques depuis le 28 février 1916.
Le porche sud, en pierre de kersanton, est un chef-d’œuvre du XVe siècle, orné de scènes de la Nativité et d’une Vierge parturiente, tandis que son tympan arbore les armes des familles de Rohan et de Léon. Ce porche, lié à la reconstruction de la nef vers 1420-1430, illustre l’influence de l’atelier léonard du Folgoët. À l’intérieur, le chancel en kersanton (XVe siècle), partiellement modifié au XVIIe siècle, et les vitraux du XVIe siècle, dont un arbre de Jessé et un vitrail du Crucifiement (1535), témoignent de la richesse artistique de l’édifice.
Le chevet, reconstruit vers 1530 dans le style « Beaumanoir » à pans multiples, accueille trois vitraux offerts par René de Rohan et Isabeau d’Albret, inspirés des gravures de Jost de Negcker. L’ossuaire (1619) et la sacristie jésuite (1697) complètent cet ensemble, tandis que des peintures murales du XIVe siècle, redécouvertes en 1997, rappellent les strates historiques du lieu. La restauration majeure, achevée en 2010, a permis de préserver les vitraux, le retable, et le mobilier liturgique, dont un reliquaire Renaissance et un calice des XVIe-XVIIe siècles.
La tour-porche, datant du début du XIVe siècle, précède une nef élargie au XVIe siècle par l’ajout d’un collatéral nord aussi haut que le vaisseau central. Les arcs-diaphragmes, caractéristiques de l’architecture gothique bretonne, et les chapiteaux sculptés reflètent des influences anglaises et locales, comme ceux de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. La porte triomphale du XVIe siècle, surmontée d’un chemin de ronde, et le calvaire de l’enclos paroissial soulignent le rôle social et religieux du site, lieu de foires et de pèlerinages.
Parmi les éléments remarquables, le baptistère de 1635, les bénitiers en kersanton (XVIe-XVIIe siècles), et les statues des apôtres dans le porche illustrent la dévotion locale. La « Cariatide aux bandelettes » (1619), symbole de la tentation, et les sablières polychromes du XVIe siècle, représentant des scènes quotidiennes comme un labour ou un enterrement, ajoutent une dimension narrative et populaire à l’édifice. Le trésor de l’église, incluant une statue en argent de l’Enfant Jésus (1667), atteste de son importance patrimoniale.
L’histoire de l’église est aussi marquée par des légendes, comme celle d’une tempête au XVe siècle ayant motivé sa reconstruction, bien que les analyses architecturales suggèrent une évolution plus progressive. Les modifications successives, dont la suppression partielle du chancel au XVIIe siècle et l’ajout d’une ferronnerie en 1761, reflètent les adaptations liturgiques et esthétiques au fil des siècles. Aujourd’hui, l’église Saint-Salomon reste un témoignage exceptionnel de l’art religieux breton, alliant gothique flamboyant, Renaissance, et baroque.