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Frise chronologique
1080
Consécration initiale
Consécration initiale
1080 (≈ 1080)
Par l’évêque Raynier de Flandreselle.
1428
Incendie destructeur
Incendie destructeur
1428 (≈ 1428)
Reconstruction partielle au XVIe siècle.
1562
Dégâts protestants
Dégâts protestants
1562 (≈ 1562)
Mutilations pendant les guerres de Religion.
1594
Incendie du clocher
Incendie du clocher
1594 (≈ 1594)
Suivi de restaurations jusqu’au XVIIe.
1853
Incendie de la flèche
Incendie de la flèche
1853 (≈ 1853)
Remplacée par une structure métallique.
1862
Inauguration flèche métallique
Inauguration flèche métallique
1862 (≈ 1862)
Œuvre de Romuald Dufour.
1912
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1912 (≈ 1912)
Protection complète de l’édifice.
2000
Reclassement du clocher
Reclassement du clocher
2000 (≈ 2000)
Après déclassement partiel en 1920.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église : classement par arrêté du 2 mai 1912 - La flèche et la partie haute du clocher : déclassement par décret du 7 mai 1920 - La tour-clocher (cad. AI 54) : classement par arrêté du 8 septembre 2000
Personnages clés
| Raynier de Flandreselle - Évêque d’Orléans |
Consacre l’église en 1080. |
| Antoine Charpentier - Sculpteur |
Reconstruit le maître-autel (1656–1660). |
| Jean-Baptiste Isnard - Facteur d’orgues |
Crée le grand orgue (1784–1789). |
| Romuald Dufour - Entrepreneur parisien |
Conçoit la flèche métallique (1855). |
| Pierre-Adolphe Foulon - Architecte-voyer |
Projet de reconstruction post-1853. |
| Pierre Dion (père et fils) - Artisans |
Réalisent portails sud (1596) et nord (1627). |
Origine et histoire
L'église Saint-Salomon-et-Saint-Grégoire de Pithiviers, classée Monument Historique en 1912, trouve ses origines à la limite des XIe et XIIe siècles. Consacrée en 1080 par Raynier de Flandreselle, évêque d'Orléans, elle conserve aujourd’hui son abside d’origine (devenue chapelle latérale), la croisée du transept, et le bras sud servant de sacristie depuis le XVIIe siècle. Ces vestiges témoignent de sa fondation médiévale, avant les destructions et transformations ultérieures.
Au XVe siècle, l’église subit un incendie en 1428, nécessitant une reconstruction partielle au XVIe siècle. En 1562, elle est endommagée par les protestants, puis le clocher brûle en 1594. Les restaurations se multiplient : portails refaits (1596, 1627, 1635), flèche en charpente reconstruite (1608–1610), voûtes en bois (1650), et maître-autel par Antoine Charpentier (1656–1660). Ces travaux lui donnent son apparence actuelle, marquée par des ajouts renaissants et classiques sur une base gothique.
Le XIXe siècle apporte de nouvelles modifications : après l’incendie de la flèche en 1853, une flèche métallique est inaugurée en 1862 par Romuald Dufour. Des éléments néo-gothiques (faux triforium, menuiseries) sont ajoutés vers 1870. La protection du monument évolue aussi : classée en 1912, la flèche est temporairement déclassée (1920, 2000), avant que la tour-clocher ne soit à nouveau protégée en 2000. Ces étapes reflètent son adaptation constante aux normes et styles de chaque époque.
Parmi les éléments remarquables, l’orgue créé par Jean-Baptiste Isnard (1784–1789) et les escaliers en vis (massif du clocher, façade occidentale, transept sud) illustrent la complexité architecturale du site. Les matériaux utilisés — voûtes en bois, brique et plâtre — et les interventions d’architectes comme Pierre-Adolphe Foulon soulignent les techniques variées employées au fil des siècles. Aujourd’hui, l’église incarne un palimpseste architectural, où chaque période a laissé sa trace.
Les protections successives (classements et déclassements partiels) révèlent les enjeux patrimoniaux liés à sa conservation. Les arrêts de 1912, 1920, 1998 et 2000 témoignent des débats sur l’authenticité et la valeur historique de ses composantes, notamment la flèche et le clocher. Ces décisions administratives s’inscrivent dans une histoire plus large de préservation du patrimoine religieux en France, entre respect des origines et adaptations modernes.