Origine et histoire
L’église Saint-Samson de Clermont, située dans le département de l’Oise en région Hauts-de-France, est un édifice religieux dont la construction s’étale du XIIe au XVIe siècle. Initialement édifiée à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle pour remplacer la collégiale du donjon de Clermont, elle fut partiellement détruite pendant la guerre de Cent Ans, ne laissant debout qu’une chapelle autour de la nef. Restaurée en 1495, elle subit plusieurs modifications majeures, notamment après un incendie en 1785 qui détruisit son clocher, reconstruit en 1812. L’église, classée monument historique en 1921, présente une architecture dissymétrique, avec une nef à six travées au nord et seulement trois au sud, et des chapelles ajoutées au XVIe siècle.
L’intérieur de l’église révèle une richesse architecturale et artistique, avec des vitraux du XVIe siècle, des tableaux du XVIIIe siècle, et un Saint-Sépulcre du XVIe siècle. Les vitraux, classés monuments historiques en 1906, illustrent des scènes bibliques et des légendes locales, comme celle des saints Crépin et Crépinien, patrons des tanneurs. Le chœur, transformé au XVIe siècle, conserve des éléments gothiques primitifs, tandis que les voûtes, refaites en 1870-1871, mêlent styles gothique flamboyant et Renaissance.
L’église Saint-Samson est également marquée par des événements historiques locaux, comme la consécration en 1327 par Jean de Marigny, ou la bulle papale de 1489 unissant la cure à la mense. Son clocher, reconstruit après l’incendie de 1785, et ses orgues, dont le buffet du XVIIe siècle est classé, témoignent de son importance dans la vie religieuse et communautaire de Clermont. Les restaurations successives, notamment au XIXe siècle, ont permis de préserver ce patrimoine, tout en y ajoutant des éléments néo-gothiques, comme la façade ouest refaite en 1878.
Les particularités architecturales de l’église incluent un déambulatoire asymétrique, des chapelles rayonnantes, et une nef à l’élévation complexe, reflétant cinq campagnes de construction distinctes. Les statues extérieures, comme celles de Saint-Samson, Sainte Barbe et Saint Nicolas, sculptées en 1878 par Désiré Froc-Robert, remplacent celles détruites pendant la Révolution. L’ensemble, avec ses irrégularités structurelles et ses ajouts tardifs, offre un témoignage unique de l’évolution des styles architecturaux et des pratiques religieuses sur plusieurs siècles.
Le mobilier et les objets liturgiques, comme la Mise au tombeau du XVIe siècle ou les stalles du chœur transformées en 1842, complètent ce patrimoine. Les vitraux, restaurés au XIXe siècle, restent parmi les éléments les plus précieux, avec des scènes comme l’Arbre de Jessé ou la Vision de Jacob, classées pour leur valeur artistique et historique. L’église, toujours active dans la paroisse Cœur du Christ de Clermont, continue de jouer un rôle central dans la vie spirituelle et culturelle de la ville.
Enfin, l’église Saint-Samson illustre les défis de la préservation d’un édifice médiéval, marqué par des incendies, des guerres et des restaurations. Son classement en 1921 et les protections ultérieures de ses éléments mobiliers soulignent son importance dans le patrimoine français. Aujourd’hui, elle attire les visiteurs pour son architecture éclectique, ses vitraux remarquables et son histoire riche, reflétant près de neuf siècles de vie religieuse et communautaire à Clermont.