Frise chronologique
1153
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1153 (≈ 1153)
Création par l’abbaye Saint-Sardos de Sarlat.
1289
Demande de bastide
Demande de bastide
1289 (≈ 1289)
Requête à Philippe IV le Bel.
16 octobre 1323
Destruction de la bastide
Destruction de la bastide
16 octobre 1323 (≈ 1323)
Incendie et pendaison du sergent royal.
1668
Destruction de l’église paroissiale
Destruction de l’église paroissiale
1668 (≈ 1668)
Transfert du statut paroissial au prieuré.
16 juin 1939
Classement du portail
Classement du portail
16 juin 1939 (≈ 1939)
Protection au titre des monuments historiques.
1939
Classement du portail
Classement du portail
1939 (≈ 1939)
Protection au titre des monuments historiques.
1951–1952
Restauration du portail
Restauration du portail
1951–1952 (≈ 1952)
Chapiteaux originaux déplacés à l’intérieur.
1951-1952
Restauration du portail
Restauration du portail
1951-1952 (≈ 1952)
Démontage de deux chapiteaux originaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le portail : classement par arrêté du 16 juin 1939
Personnages clés
| Georges Tholin - Historien local |
A étudié l’architecture religieuse de l’Agenais. |
| Philippe IV le Bel - Roi de France |
Destinataire de la demande de bastide en 1289. |
| Raymond-Bernard de Montpezat - Seigneur local |
Instigateur de la destruction de 1323. |
| Philippe V le Long - Roi de France |
Autorise la bastide en 1318. |
| Ralph Basset de Drayton - Sénéchal d’Agenais |
Accusé d’avoir instigué l’agression de 1323. |
| Adolphe Gilles - Architecte |
Dirige la restauration de 1875–1877. |
| Raymond Bernard de Montpezat - Seigneur local |
A brûlé la bastide et pendu le sergent royal. |
| Charles IV le Bel - Roi de France |
Autorise la fondation de la bastide en 1323. |
Origine et histoire
L'église Saint-Sardos, située au cœur de la commune du même nom en Lot-et-Garonne, est un ancien prieuré dépendant de l’abbaye de Sarlat, fondé en 1153. Ce prieuré s’inscrit dans un contexte de développement des bastides, villes nouvelles médiévales offrant des franchises pour attirer les populations. Le site, proche de Montpezat en Agenais, devient un enjeu stratégique entre les royaumes de France et d’Angleterre après le traité d’Amiens (1279), qui rattache la région au duc d’Aquitaine, roi d’Angleterre, sous suzeraineté française.
En 1289, les religieux de Sarlat sollicitent Philippe IV le Bel pour créer une bastide près du prieuré, sous protection royale. Le projet, accepté en 1318 par Philippe V le Long, déclenche des tensions locales. En 1323, le seigneur de Montpezat, Raymond-Bernard, et des nobles brûlent la bastide et pendent un sergent royal, provoquant la guerre de Saint-Sardos. Cet épisode marque le début d’un conflit franco-anglais et la destruction partielle du prieuré, ne laissant intact que son portail roman, aujourd’hui classé.
L’église, initialement composée d’une nef à trois bas-côtés et absides, est reconstruite partiellement aux XVIIe et XIXe siècles. Le portail nord, incorporé dans l’édifice actuel, date du XIIe siècle et présente des chapiteaux sculptés (dont une scène de la Chute originelle) et des peintures médiévales (XVe–XVIe siècles). Classé en 1939, il est restauré en 1951–1952, tandis que les chapiteaux originaux sont placés à l’intérieur. L’église, ancienne priorale devenue paroissiale après 1668, conserve aussi des voûtes gothiques tardives.
Le site illustre les luttes féodales et les enjeux politiques de l’Agenais, entre seigneurs locaux (comme les barons de Montpezat), abbayes puissantes (Sarlat), et couronnes de France et d’Angleterre. Son architecture mêle ainsi héritage roman, destructions médiévales, et reconstructions modernes, reflétant une histoire mouvementée.
Les sources historiques, comme les travaux de Georges Tholin ou André de Bellecombe, soulignent son rôle dans les dynamiques régionales, depuis sa fondation monastique jusqu’à son intégration dans le patrimoine communal actuel.