Frise chronologique
XIIe siècle
Construction de l'abside et du chœur
Construction de l'abside et du chœur
XIIe siècle (≈ 1250)
Parties romanes originales encore visibles aujourd'hui.
XIIIe siècle
Reconstruction de la nef et façade
Reconstruction de la nef et façade
XIIIe siècle (≈ 1350)
Style gothique adopté pour ces éléments.
XVIe siècle
Fortification de l'abside et du chœur
Fortification de l'abside et du chœur
XVIe siècle (≈ 1650)
Percements pour canons durant les guerres de Religion.
1789
Fermeture après la Révolution
Fermeture après la Révolution
1789 (≈ 1789)
Église abandonnée jusqu'aux restaurations du XIXe siècle.
1844
Incendie causé par la foudre
Incendie causé par la foudre
1844 (≈ 1844)
Dégâts majeurs sur le clocher et la toiture.
1925
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1925 (≈ 1925)
Protection officielle de l'édifice par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 10 décembre 1925
Personnages clés
| Léo Drouyn - Historien et archéologue |
A étudié les percements pour canons du XVIe siècle. |
| Madame Ballion - Architecte du patrimoine |
A confirmé l'absence d'arc triomphal en 1995. |
| Émile Thibaud - Maître-verrier (XIXe siècle) |
Auteur des vitraux du chœur datés de 1867. |
| Bernard Fournier - Maître-verrier bordelais |
A intégré un rondel du XVIe siècle en 2002. |
Origine et histoire
L'église Saint-Saturnin de Camarsac, située dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice catholique dont les origines remontent au XIIe siècle. L'abside et le chœur, seuls vestiges de l'édifice roman primitif, contrastent avec la nef et la façade occidentale, reconstruites au XIIIe siècle dans un style gothique. Le bâtiment se distingue par son clocher-mur barlong et une nef dépourvue de bas-côtés, complétée par un chœur à une travée et une abside pentagonale. Les dimensions intérieures atteignent 16 mètres de longueur, avec une largeur de 6,18 mètres et des hauteurs variables entre la nef (7,90 m) et le chœur (6,70 m).
Au XVIe siècle, l'abside et le chœur furent exhaussés et fortifiés durant les guerres de Religion, avec des percements conçus pour des canons, selon les observations de Léo Drouyn. Le portail occidental, orné d'une archivolte retombant sur des colonnettes à chapiteaux feuillagés, est le seul élément sculpté notable. Un porche et une sacristie furent ajoutés au XVIIIe siècle, tandis que l'église, fermée après la Révolution de 1789, subit des restaurations majeures au XIXe siècle, notamment après un incendie provoqué par la foudre en 1844. La cloche, refondue en 1920 par la fonderie Barbe, et l'électrification en 1935 marquent les dernières transformations significatives.
L'intérieur de l'église abrite un mobilier remarquable, dont un tabernacle en bois doré du XVIIe siècle classé Monument Historique en 1971. Ce tabernacle, orné de sculptures baroques, représente des figures religieuses comme le Bon-Pasteur, saint Jean-Baptiste, et sainte Catherine, cette dernière également présente sur un vitrail du XVIe siècle intégré dans une création moderne de 2002. Les vitraux du chœur, réalisés en 1867 par Émile Thibaud, ainsi qu'une pietà naïve du XVe siècle et une chaire en pierre de 1677, complètent ce patrimoine mobilier. À l'extérieur, trois cadrans canoniaux du XIIe ou XIIIe siècle et une croix de cimetière, dont le socle sculpté remonte au XIIe siècle, témoignent de l'histoire médiévale du site.
Les restaurations successives, menées notamment par l'Association pour la Restauration et la Sauvegarde de l'Église de Camarsac (A.R.S.E.C.), ont permis de préserver des éléments architecturaux comme les arcatures romanes de l'abside, dégagées en 1995. Les modillons de la corniche, présentant des styles variés (abstrait, classique, ou moderne), ainsi que les chapiteaux incisés, illustrent la diversité artistique du monument. Enfin, les toiles du XIXe siècle, dont une Vierge à l'Enfant inspirée de Simon Vouet, et les fonts baptismaux extérieurs, aujourd'hui comblés, rappellent l'évolution liturgique et culturelle de l'édifice à travers les siècles.