Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice roman avec abside et portail sculpté.
1685
Agrandissement sud
Agrandissement sud
1685 (≈ 1685)
Ajout d'un bas-côté, date gravée sur la porte.
1849
Fonte de la cloche
Fonte de la cloche
1849 (≈ 1849)
Cloche fondée par Élie Deyres de Bordeaux.
1850
Fin de l'usage paroissial
Fin de l'usage paroissial
1850 (≈ 1850)
Devenue chapelle de secours après 1850.
2 septembre 1907
Classement partiel
Classement partiel
2 septembre 1907 (≈ 1907)
Portail et abside classés monuments historiques.
10 décembre 1925
Inscription totale
Inscription totale
10 décembre 1925 (≈ 1925)
L'église inscrite en totalité, hors parties classées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le portail et l'abside : classement par arrêté du 2 septembre 1907 - L'église, à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 10 décembre 1925
Personnages clés
| Élie Deyres - Fondeur de cloche |
A fondu la cloche en 1849 à Bordeaux. |
| Durassie - Architecte restaurateur |
Dirigea la restauration de 1855. |
| Videau - Entrepreneur |
Collabora à la restauration de 1855. |
Origine et histoire
L'église Saint-Saturnin de Cardan, située dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice religieux d'origine romane construit au XIIe siècle. Elle se caractérise par une façade occidentale surmontée d'un clocher-mur et un chevet roman bien conservé, incluant une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four. À l'origine, sa superficie était inférieure à 100 m2, mais elle fut agrandie au XVIIe siècle, comme en témoigne la date de 1685 gravée sur la porte méridionale. L'intérieur, largement remanié à cette époque, a perdu une grande partie de sa décoration romane, à l'exception notable d'un chapiteau de l'abside représentant des dragons.
Le portail roman, richement orné, compte six colonnes engagées aux chapiteaux sculptés, dont cinq d'époque romane. Les archivoltes, décorées de dents de scie et de motifs géométriques, encadrent un tympan où figurent une statuette de saint Pierre et une Madone assise, typique de l'iconographie romane (Trône de Sagesse). Les chapiteaux racontent des scènes moralisatrices, comme la lutte entre les forces du bien (anges, ecclésiastiques) et du mal (Satan, sirènes, tentations charnelles). Deux modillons obscènes, conservés sous la corniche, illustrent les représentations crues de la luxure fréquentes dans l'art roman.
Classée monument historique en 1907 pour son portail et son abside, puis inscrite en totalité en 1925, l'église fut restaurée en 1855 par l'architecte Durassie et l'entrepreneur Videau. Cette restauration a notamment ajouté un chapiteau néo-roman (représentant des lions) et remplacé certains modillons jugés indécents. À l'intérieur, la chaire en bois (XVIIIe siècle) et un retable en pierre peinte (première moitié du XVIIIe) témoignent des ajouts post-médiévaux. La cloche, fondue en 1849 par Élie Deyres de Bordeaux, marque la transition vers son statut de chapelle secondaire après 1850.
L'iconographie extérieure inclut une console méridionale symbolisant la Chute d'Adam, où un couple nu, allongé sous un arbre à fleur de lis, incarne le péché originel. Les modillons de la corniche, majoritairement géométriques, comptent deux exhibitionnistes masculins, l'un ithyphallique (partiellement détruit), l'autre en position anale. Ces éléments reflètent les préoccupations moralisatrices et eschatologiques de l'art roman, mêlant avertissements contre la luxure et symboles de rédemption.
L'église, initialement paroissiale jusqu'en 1850, devint une chapelle de secours avant d'être préservée pour son patrimoine artistique. Son cimetière, autrefois adjacent, a été déplacé. Aujourd'hui propriété de la commune de Cardan, elle illustre l'évolution architecturale des édifices religieux ruraux, du roman au classique, tout en conservant des traces rares de son décor médiéval original.