Origine et histoire de l'Église Saint-Saturnin
L'église Saint-Saturnin, située à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), est classée monument historique le 22 juillet 1913.
Les premières mentions remontent au XIe siècle : en 1067 Joscelyn la donna au prieuré Saint-Martin-des-Champs, donation confirmée en 1085, et le pape Calixte II confirma en 1119 les possessions du prieuré, dont l'autel, la cour et la dîme de Champigny.
En 1200 la création d'un chapelain chargé de l'autel de saint Jacques reçut le consentement du curé de Champigny.
Le cimetière attenant fut déplacé en 1835.
L'église fut fortement endommagée lors de la bataille de Champigny du 30 novembre au 2 décembre 1870.
Les parties les plus anciennes encore visibles datent du XIIe siècle : la base du clocher et la porte occidentale.
Le chœur appartient à la fin du XIIe–XIIIe siècle et la nef au début du XIIIe siècle ; le clocher a été refait au XVIIe siècle.
Au XIXe siècle une absidiole orientée au sud fut ajoutée après 1810, la sacristie fut construite en 1840 et des vitraux furent posés en 1855 et 1858.
L'église reçut un décor peint en 1877 après les restaurations consécutives aux dégâts de 1870 ; l'intérieur fut restauré vers 1980 et la façade occidentale en 1985.
L'édifice présente un plan allongé orienté vers l'est.
La façade occidentale, flanquée de contreforts, comporte un portail en plein cintre de tradition romane, surmonté d'une verrière.
La base du clocher conserve des caractéristiques romanes du XIIe siècle avec des contreforts massifs ; le clocher reconstruit au XVIIe siècle a été modifié au XIXe siècle lors des restaurations.
L'intérieur comprend une grande nef prolongée par le sanctuaire et deux nefs latérales, chacune composée de trois travées, tandis qu'une quatrième travée, servant d'assise au clocher, forme le chœur du vaisseau.
Les nefs se terminent par deux chapelles, l'une dédiée à sainte Geneviève, l'autre à la Vierge.
La nef, de style gothique, est voûtée en croisées d'ogives et s'ouvre par de grandes arcades sur colonnes aux chapiteaux sculptés de feuillages caractéristiques de la région parisienne.
Des tribunes, destinées autrefois au logement des pèlerins, subsistent ; une clef de voûte représente deux visages, probablement un seigneur de Champigny et sa femme.
Six oculi datés de 1858, œuvre d'Antoine Lusson, éclairent la nef et présentent dans leur médaillon central saint Pierre (la clé), saint Paul (l'épée), saint Matthieu (un livre accompagné d'un homme ailé), saint Jean (l'aigle), saint Luc (le bœuf) et saint Marc (le lion).
Trois verrières de chœur, également réalisées par l'atelier d'Antoine Lusson en 1855 et offertes à la paroisse d'après une inscription attribuée à Monsieur Mignon, représentent au centre saint Saturnin et des décors de rinceaux sur les baies latérales.
À l'entrée du chœur se trouvait une peinture murale de Théobald Chartran, réalisée en 1877 et médaillée au Salon de 1877 (3e prix), représentant le martyre de saint Saturnin avec Dieu le Père au centre ; cette peinture disparut lors d'une réfection après 1926.
Le mobilier comprend des fonts baptismaux en grès du XVIIe siècle, destinés aux baptêmes par aspersion et inscrits au titre des objets le 20 octobre 1975.
L'ancien banc d'œuvre du XVIe siècle, remonté comme devant d'autel, est en bois taillé et montre la scène de l'arrestation de Jésus au jardin des Oliviers ainsi que la présentation à Ponce Pilate.
Un chasublier du XIXe siècle a également été inscrit à titre d'objet le 20 octobre 1975.