Frise chronologique
vers 1032
Construction initiale
Construction initiale
vers 1032 (≈ 1032)
Édification en style roman par Hugues de Limeray
XIIe siècle
Remaniement roman
Remaniement roman
XIIe siècle (≈ 1250)
Modifications architecturales majeures
10 décembre 1711
Effondrement du clocher
Effondrement du clocher
10 décembre 1711 (≈ 1711)
Dû au refus de financements par l’abbaye de Moncé
16 avril 1715
Arrêt du Conseil du Roi
Arrêt du Conseil du Roi
16 avril 1715 (≈ 1715)
Ordonne la reconstruction du clocher
1856
Crue de la Loire
Crue de la Loire
1856 (≈ 1856)
Dégâts majeurs dans l’église
1926
Inscription MH
Inscription MH
1926 (≈ 1926)
Église inscrite à l’inventaire
1992
Classement du clocher
Classement du clocher
1992 (≈ 1992)
Base du clocher classée monument historique
2013-2019
Campagne de restauration
Campagne de restauration
2013-2019 (≈ 2016)
Toiture, maçonneries et intérieurs rénovés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, sauf partie classée (cad. B 1241) : inscription par arrêté du 30 mars 1926 ; Clocher roman (cad. B 1241) : classement par arrêté du 16 octobre 1992
Personnages clés
| Hugues de Limeray - Seigneur et fondateur |
Commanditaire de l’église vers 1032 |
| Madeleine Dorat - Abbesse de Moncé |
Refusa de financer les réparations du clocher |
| Abbé Blaive - Curé et archéologue amateur |
Restaura et documenta l’église (1872-1898) |
| Philippe Véron et Madeleine Diot - Mariés en 1811 |
Ex-voto commémorant leur union dans l’église |
Origine et histoire
L’église Saint-Saturnin de Limeray, située dans le département d’Indre-et-Loire en région Centre-Val de Loire, fut édifiée vers 1032 par le seigneur Hugues de Limeray en style roman. La base de son clocher, construite en petit appareil régulier, est l’un des rares vestiges du XIe siècle. L’édifice fut profondément remanié aux XIIe et XVIe siècles, avec une voûte refaite en style gothique angevin et des ouvertures percées en style gothique flamboyant. Son portail, typique de l’art roman, présente un arc en plein cintre soutenu par des colonnes à chapiteaux.
Le clocher s’effondra en 1711 après des décennies de négligence, notamment en raison du refus de l’abbesse Madeleine Dorat de l’abbaye de Moncé de financer les réparations nécessaires. Un arrêt du Conseil du Roi en 1715 ordonna finalement la reconstruction, imputant les coûts à l’abbaye. Le clocher fut rebâti au XVIIIe siècle, tandis que la façade occidentale, datant probablement du XVIe siècle, fut restaurée en 1964 après la démolition d’un narthex ajouté au XIXe siècle par l’abbé Blaive.
L’église subit également des dégâts majeurs lors de la crue de la Loire en 1856, qui détériora les murs, le sol et le mobilier. L’abbé Blaive, curé de Limeray de 1872 à 1898, joua un rôle clé dans la préservation du patrimoine en intégrant des éléments architecturaux sauvés, comme des colonnettes de marbre d’Amboise et un chapiteau de l’abbaye de Moncé. Depuis 2013, une campagne de restauration en quatre phases a permis de rénover la couverture, les maçonneries et les intérieurs.
Classée partiellement aux monuments historiques (base du clocher en 1992 et inscription générale en 1926), l’église abrite des statues et vitraux des XIXe et XVIe siècles, dont certains proviennent de l’abbaye de Moncé. Un ex-voto de 1811, gravé sur ardoise, commémore un mariage local et évoque la grande comète de cette année-là, reflétant l’histoire sociale et religieuse de la Touraine.
Les vitraux, réalisés par les ateliers Lobin de Tours (1837) et Charlemagne de Toulouse (1866), ainsi que les médaillons du XVIe siècle, illustrent l’évolution artistique de l’édifice. L’abbé Blaive, archéologue amateur, transforma temporairement l’église en un musée éclectique, dont seules les pièces majeures subsistent aujourd’hui. Son manuscrit de 1893 décrit en détail l’histoire et l’architecture du lieu.