Frise chronologique
XIIe siècle
Construction de l'église romane
Construction de l'église romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Nef, chevet à trois absides, transept et coupole.
vers 1282
Passation aux Hospitaliers
Passation aux Hospitaliers
vers 1282 (≈ 1282)
Transfert de la commanderie templière.
XVIe siècle
Aménagements défensifs
Aménagements défensifs
XVIe siècle (≈ 1650)
Exhaussement du chevet pendant les guerres de Religion.
1868
Restauration de la coupole
Restauration de la coupole
1868 (≈ 1868)
Remplacement du lambris par un berceau.
20 décembre 1907
Classement de la croix de cimetière
Classement de la croix de cimetière
20 décembre 1907 (≈ 1907)
Croix du XVe siècle située à proximité.
22 novembre 2002
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
22 novembre 2002 (≈ 2002)
Protection de l'édifice et de son décor.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église (cad. ZM 39) : classement par arrêté du 22 novembre 2002
Personnages clés
| Philippe le Bel - Roi de France |
Persécuteur des Templiers (non lié à ce transfert). |
| Hérode Antipas - Personnage biblique sculpté |
Représenté sur un chapiteau (danse de Salomé). |
| Saint Pierre - Apôtre représenté |
Chapiteau illustrant sa délivrance (Actes 12). |
| Salomé - Figure biblique sculptée |
Danse et décapitation de Jean-Baptiste (chapiteau). |
Origine et histoire
L'église Saint-Saturnin de Mauriac, située dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine, trouve ses origines au XIIe siècle comme église d’une commanderie templière, avant de passer aux Hospitaliers de Saint-Jean vers 1282. Ce transfert, antérieur au concile de Vienne, n’est pas lié aux persécutions des Templiers par Philippe le Bel. L’édifice roman initial, réduit à une chapelle nord et un croisillon, fut agrandi au XIIe siècle avec une nef à travée unique, un chevet à trois absides, et un transept surmonté d’une coupole sur pendentifs. Les absides, couvertes de culs-de-four, et les bras du transept en berceaux brisés témoignent de cette période.
Au XIIIe ou XIVe siècle, un clocher-mur fut ajouté à l’ouest, tandis qu’un pignon triangulaire fut installé à la fin du XVIe siècle. Durant les guerres de Religion, le chevet et le transept furent exhaussés à des fins défensives, avec une bretèche à mâchicoulis construite à partir de plates tombes des Chevaliers de Malte, encore visibles aujourd’hui. La nef, initialement inachevée ou détruite, fut modifiée en 1868 : sa coupole fut restaurée, un berceau remplaça le lambris, et des fenêtres furent percées. La voûte de l’absidiole sud conserve des peintures du XVIe siècle représentant les douze apôtres, aujourd’hui dégradées par des infiltrations.
L’intérieur abrite douze chapiteaux historiés du XIIe siècle, répartis dans le presbyterium et la nef, illustrant des scènes moralisatrices plutôt que bibliques. Parmi eux, quatre étaient visibles des fidèles (saltimbanques, danse de Salomé, Tentation d’Adam et Ève, saint Pierre ès liens), tandis que les autres, réservés au clergé, mettaient en garde contre les vices comme la gourmandise ou la colère. Ces sculptures, influencées par les ateliers de l’abbaye de Saint-Ferme, mêlent figures humaines, animaux et créatures hybrides, reflétant l’art roman aquitain. L’église, classée Monument Historique en 2002, incarne ainsi un patrimoine à la fois religieux, militaire et artistique.
À proximité, une croix de cimetière du XVe siècle, classée en 1907, complète l’ensemble. Son fût gothique, orné de saints sous des dais sculptés, et son socle à trois niveaux illustrent l’art funéraire médiéval. L’église Saint-Saturnin, avec son histoire templière, ses transformations défensives et son décor sculpté, offre un témoignage unique des évolutions architecturales et sociales de la Gironde entre le Moyen Âge et l’époque moderne.