Frise chronologique
XIe et XIIe siècles
Construction du clocher
Construction du clocher
XIe et XIIe siècles (≈ 1250)
Seul élément érigé initialement, dédié à saint Saturnin.
Seconde moitié du XIIe siècle
Édification de l'église
Édification de l'église
Seconde moitié du XIIe siècle (≈ 1275)
Sur l'ancien fief du Moyneau, donné par Adam II.
1721
Don de l'autel rococo
Don de l'autel rococo
1721 (≈ 1721)
Offert par Joseph Pâris Duverney à l'église.
1730
Restauration du clocher
Restauration du clocher
1730 (≈ 1730)
Travaux sur la tour et son beffroi.
1862
Classement du clocher
Classement du clocher
1862 (≈ 1862)
Inscription aux monuments historiques par liste.
1865
Inauguration du cénotaphe de Watteau
Inauguration du cénotaphe de Watteau
1865 (≈ 1865)
Mémorial sur le parvis pour le peintre.
1914
Ajout du portail gothique
Ajout du portail gothique
1914 (≈ 1914)
Don des sœurs Smith Champion, provenant de Paris.
1988-1989
Classements des dalles et du cénotaphe
Classements des dalles et du cénotaphe
1988-1989 (≈ 1989)
Inscriptions à l'inventaire général du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Clocher (cad. AG 125) : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Saturnin - Saint patron de l'église |
Premier évêque de Toulouse, dédicataire du clocher. |
| Adam II de Beaumont-Gâtinais - Seigneur de Villemomble |
Donateur du fief du Moyneau pour l'église. |
| Joseph Pâris Duverney - Financier et mécène |
Offrit un autel rococo en 1721. |
| Antoine Watteau - Peintre célèbre |
Son cénotaphe inauguré en 1865 sur le parvis. |
| Arsène Houssaye - Historien du XIXe siècle |
A décrit la coutume médiévale du vin post-messe. |
| Louis Auvray - Sculpteur du XIXe siècle |
Auteur du buste de Watteau sur le cénotaphe. |
Origine et histoire
L'église Saint-Saturnin de Nogent-sur-Marne, édifiée au XIIe siècle, est un témoignage architectural médiéval situé dans le Val-de-Marne. Son clocher, seul élément érigé au début du XIIe siècle, est dédié à Saturnin, premier évêque de Toulouse. La majeure partie de l'édifice, construite dans la seconde moitié du XIIe siècle, s'élève sur l'ancien fief du « Moyneau », un domaine donné par Adam II de Beaumont-Gâtinais, seigneur de Villemomble. Ce territoire, initialement sous l'autorité de l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés, abritait une paroisse dont l'église fut contemporaines du château de Plaisance, autre résidence locale.
Au Moyen Âge, l'église était le lieu d'une coutume post-messe où les paroissiens buvaient le vin local jusqu'à l'ivresse, avant de se rendre en procession à Saint-Maur. Cette tradition, rapportée par l'historien Arsène Houssaye, illustre les mœurs festives et religieuses de l'époque. Le clocher, symbole de l'édifice, fut restauré en 1730 après des dégradations, puis classé monument historique en 1862, marquant sa valeur patrimoniale.
Au XVIIIe siècle, l'église bénéficia de dons notables, comme un autel rococo offert en 1721 par le financier Joseph Pâris Duverney, reconnaissant de l'accueil des Nogentais. La Révolution française endommagea gravement le monument, nécessitant des restaurations ultérieures, notamment celle du mobilier liturgique. En 1865, un cénotaphe en mémoire du peintre Antoine Watteau, dont les restes furent profanés en 1789, fut érigé sur le parvis. Ce monument, orné d'un buste en marbre, fut inscrit à l'inventaire général du patrimoine en 1989.
L'architecture de l'église mêle des éléments romans, comme le clocher quadrangulaire surmonté d'une flèche en pierre, et des ajouts gothiques, tels que le portail latéral offert en 1914. Ce dernier, provenant d'une chapelle parisienne des Récollettes, fut intégré après la démolition de la façade occidentale en 1853. À l'intérieur, la nef centrale, composée de quatre travées dont une ajoutée ultérieurement, est rythmée par des piliers à colonnettes supportant des croisées d'ogives. Le chœur, à chevets plats, abrite des dalles funéraires médiévales, dont celle dite des « époux », classée en 1988.
Le mobilier inclut également un tableau du XVIIIe siècle, L'Adoration des bergers, copie d'une œuvre de Léonard de Vinci, ainsi qu'un autel secondaire orné d'angelots et des armoiries des Pâris-Duverney. Ces éléments, combinés à des fresques aujourd'hui disparues, reflètent l'évolution artistique et religieuse du site. L'église, toujours active dans la vie locale, conserve ainsi des traces tangibles de près de neuf siècles d'histoire nogentaise.