Frise chronologique
XIIe siècle
Fondation de la chapelle romane
Fondation de la chapelle romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Premières maçonneries en épi et cimetière mérovingien.
XIIIe siècle
Agrandissement gothique
Agrandissement gothique
XIIIe siècle (≈ 1350)
Clocher et charpente primitive ajoutés.
1459-1492
Église paroissiale attestée
Église paroissiale attestée
1459-1492 (≈ 1476)
Mentionnée dans les sources médiévales.
1646
Litre armoriée des Bourbon-Condé
Litre armoriée des Bourbon-Condé
1646 (≈ 1646)
Hommage à Henri II de Bourbon après sa mort.
XVe-XVIe siècles
Style gothique flamboyant
Style gothique flamboyant
XVe-XVIe siècles (≈ 1650)
Transept nord et peintures murales réalisées.
1828
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
1828 (≈ 1828)
Ajout de sacristies et pots acoustiques.
1870
Désacralisation
Désacralisation
1870 (≈ 1870)
Dernière messe avant vente et division.
1979
Création de l’ASPHAN
Création de l’ASPHAN
1979 (≈ 1979)
Début de la sauvegarde par l’association.
1989
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1989 (≈ 1989)
Protection officielle de l’édifice.
2003
Fin restauration charpente-nef
Fin restauration charpente-nef
2003 (≈ 2003)
Couverture et structure consolidées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Saturnin-du-Vieux-Bourg (ancienne) (cad. G 487, 488, 493, 494, 495) : classement par arrêté du 26 janvier 1989
Personnages clés
| Henri II de Bourbon - Prince de Condé et seigneur de Nozay |
Litre armoriée en son honneur (1646). |
| Louis XIII - Roi de France |
Donata la seigneurie de Nozay en 1632. |
| Moines bénédictins de Saint-Florent-de-Saumur - Fondateurs du prieuré voisin |
Origine de la confusion toponymique. |
| Seigneurs de Nozay - Fondateurs de l’église |
Édifice dédié à Saint-Pierre-aux-Liens. |
| Membres fondateurs de l’ASPHAN (1979) - Sauveurs du patrimoine |
Rachat et restauration de l’église. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre-aux-Liens du Vieux-Bourg, souvent appelée à tort « Saint-Saturnin », est une ancienne église paroissiale médiévale située à Nozay, en Loire-Atlantique. Fondée au XIIe siècle, elle fut agrandie entre les XIIIe et XVe siècles, devenant un édifice gothique avec des éléments romans encore visibles, comme les murs nord de la nef en maçonnerie « en épi ». Son nom originel, Saint-Pierre-aux-Liens, témoigne de son lien avec une communauté chrétienne ancienne, associée à une fontaine et un cimetière mérovingien.
Au XVe siècle, l’église adopte un style gothique flamboyant, notamment dans le transept nord, orné de peintures murales du XVIe siècle illustrant les martyres de saint Étienne et saint Blaise. Au XVIIe siècle, une sacristie est ajoutée, et les fenêtres de la nef sont modifiées. Malgré des projets d’agrandissement au XIXe siècle, l’édifice, jugé trop exigu pour 4 000 paroissiens, est désacralisé en 1870 après la construction d’une nouvelle église en ville. Vendue et divisée en lots, elle est transformée en granges, entrepôts ou écuries, subissant d’importantes dégradations.
Sauvée in extremis par l’Association de Sauvegarde du Patrimoine Historique et Artistique de Nozay (ASPHAN), créée en 1979, l’église est rachetée par morceaux entre 1980 et 1987. Les travaux de restauration, débutés en 1983 sans protection initiale au titre des monuments historiques (classement obtenu seulement en 1989), révèlent des éléments remarquables : une charpente gothique en « nef de vaisseau renversé », des inscriptions médiévales du XVe siècle, et une litre armoriée rendant hommage à Henri II de Bourbon, prince de Condé, seigneur de Nozay au XVIIe siècle. Aujourd’hui propriété de l’ASPHAN, elle accueille des activités culturelles.
L’édifice, de plan en croix latine, mesure 45 mètres de long et conserve des traces de son passé paroissial, comme les fonts baptismaux médiévaux redécouverts en 1995. Son transept nord, dédié à saint Michel puis à Notre-Dame-du-Populo, abrite des peintures restaurées en 1986, tandis que le chœur, reconstruit en 1828, intègre des pots acoustiques rares dans la région. L’erreur toponymique « Saint-Saturnin », officialisée lors du classement de 1989, provient d’une confusion avec un prieuré bénédictin voisin fondé à la fin du XIIe siècle.
Architecturalement, l’église allie des styles romans (murs en épi), gothiques (charpente, transept nord) et des ajouts classiques (fenêtres du XVIIe siècle). Sa toiture en ardoise, sa nef unique, et ses contreforts extérieurs reflètent les remaniements successifs. Les vestiges du clocher du XIIIe siècle, démoli en 1885, et les traces des cordes de cloches sur les fermes rappellent son rôle central dans la vie communautaire médiévale. La restauration en cours vise à préserver ce patrimoine, notamment la couverture du chœur et de la sacristie sud.