Frise chronologique
1050-1060
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1050-1060 (≈ 1055)
Charte de Robert Bertrand le Torz avec Guillaume le Conquérant.
1221-1268
Extensions et donations
Extensions et donations
1221-1268 (≈ 1245)
Nouvelles donations des Bertran, visite d'Eudes Rigaud.
1466
Conflit pour le prieuré
Conflit pour le prieuré
1466 (≈ 1466)
Guillaume d'Estouteville vs. religieux, victoire de Dumay.
1612
Effondrement partiel
Effondrement partiel
1612 (≈ 1612)
Chœur et nef endommagés par négligence.
1776
École royale militaire
École royale militaire
1776 (≈ 1776)
Transformation sous le duc d'Orléans, 216 pensionnaires.
1975
Protection monument historique
Protection monument historique
1975 (≈ 1975)
Inscription par arrêté du 31 octobre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. A 62) : inscription par arrêté du 31 octobre 1975
Personnages clés
| Robert Bertrand le Torz - Fondateur du prieuré |
Seigneur de Roncheville, donateur initial (1050-1060). |
| Guillaume le Conquérant - Duc de Normandie |
Mentionné dans la charte de fondation. |
| Eudes Rigaud - Archevêque de Rouen |
Visite le prieuré en 1268, 12 religieux présents. |
| Guillaume d'Estouteville - Cardinal et rival |
Dispute le prieuré en 1466. |
| Dom Anselme Dumay - Prieur élu |
Remporte le conflit contre d'Estouteville. |
| Marquis de Laplace - Ancien élève |
Étudia à l'école militaire (XVIIIe siècle). |
Origine et histoire
L'église Saint-Sauveur de Beaumont-en-Auge est un ancien prieuré bénédictin fondé au XIe siècle par Robert Bertrand le Torz († 1082), seigneur de Roncheville, avec le soutien de Guillaume le Conquérant et Mathilde de Flandre. La charte de fondation (1050-1060) mentionne des dons de terres, églises, dîmes et droits commerciaux, dont des foires et des salines. Ce prieuré, dépendant de l'abbaye Saint-Ouen de Rouen, devient un centre religieux et économique majeur dans la région.
Au XIIIe siècle, le monastère s'étend grâce à de nouvelles donations des Bertran, dont Robert VI, et compte douze religieux lors de la visite d'Eudes Rigaud en 1268. Les dons sont confirmés par Philippe de Valois en 1328. Au XVe siècle, le prieuré est disputé entre le cardinal Guillaume d'Estouteville et les religieux, qui élisent dom Anselme Dumay comme prieur. En 1466, ce dernier remporte le conflit. Cependant, en 1612, une partie du clocher et de la nef s'effondre par négligence, nécessitant des réparations limitées.
En 1666, le prieuré adhère à la congrégation de Saint-Maur, marquant un renouveau spirituel. Mais en 1689, un incendie ravage le bourg, épargnant seulement l'église. Au XVIIIe siècle, le duc d'Orléans transforme le prieuré en collège (1731), puis en école royale militaire (1776), accueillant jusqu'à 216 pensionnaires, dont le marquis de Laplace. La Révolution met fin à cette institution en 1791, et les religieux sont remplacés par des laïcs pour une courte période.
L'église, partiellement détruite, conserve des éléments architecturaux remarquables : un transept du XIIIe siècle avec des fenêtres flamboyantes, un chœur à triforium, et une nef réduite à une travée. La tour centrale, couverte d'ardoise, domine l'édifice. En 1975, l'église est inscrite aux monuments historiques, préservant ainsi son héritage médiéval et son rôle dans l'histoire locale.
Le site, initialement dédié à Saint-Sauveur, illustre les transformations d'un prieuré bénédictin en institution éducative, reflétant les évolutions politiques et religieuses de la Normandie. Les vestiges architecturaux, des arcs trilobés du XIIIe siècle aux modifications du XVe siècle, témoignent de son importance passée.