Frise chronologique
961
Première mention écrite
Première mention écrite
961 (≈ 961)
Testament de Raymond II de Rouergue
1254-1260
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
1254-1260 (≈ 1257)
Bulle papale et travaux dirigés
XVe siècle
Portail nord et abside
Portail nord et abside
XVe siècle (≈ 1550)
Style flamboyant et agrandissement
1793-1795
Temple de la Raison
Temple de la Raison
1793-1795 (≈ 1794)
Période révolutionnaire
1861-1868
Restauration majeure
Restauration majeure
1861-1868 (≈ 1865)
Clocher et nef reconstruits
2002
Inscription MH
Inscription MH
2002 (≈ 2002)
Protection patrimoniale
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église (cad. DE 307) : inscription par arrêté du 31 juillet 2002
Personnages clés
| Raymond II de Rouergue - Comte donateur |
Premier testament mentionnant l’église (961) |
| Bertrand de Montaigu - Prieur puis abbé |
Initiateur de la reconstruction (1247-1260) |
| Innocent IV - Pape |
Bulle d’indulgences pour les travaux (1254) |
| Frères Pedoya - Peintres décorateurs |
Décors du chœur (années 1840) |
| Théodore Olivier - Architecte |
Restauration du clocher (XIXe siècle) |
| Joseph Villiet - Maître-verrier |
Vitraux signés (1869-1875) |
Origine et histoire
L’église Saint-Sauveur de Castelsarrasin, mentionnée dès 961 dans le testament de Raymond II de Rouergue comme propriété de l’abbaye de Moissac, fut reconstruite entre 1254 et 1260 sous l’impulsion du prieur Bertrand de Montaigu. La bulle papale d’Innocent IV en 1254 accorde des indulgences pour financer sa reconstruction gothique, marquée par des voûtes d’ogives et un chevet plat. Le monument servait à la fois d’église priorale et paroissiale, avec des offices distincts pour les moines et les fidèles.
Au XIVe siècle, deux chapelles latérales (Notre-Dame au sud et Saint-Alpinien au nord) furent ajoutées, tandis que le portail nord, de style flamboyant, date du XVe siècle. En 1497, une expertise révèle des fissures majeures dans le chœur, conduisant à son agrandissement vers 1500 par une abside à pans coupés. Le prieuré décline après le rattachement à Cluny en 1431, ne comptant plus que trois moines, et les religieux quittent définitivement les lieux en 1625.
Le XVIIe siècle voit l’ajout de chapelles baroques (Saint-Joseph en 1649, Sacré-Cœur) et l’acquisition de mobilier provenu de l’abbaye de Belleperche après sa vente comme bien national en 1791. Transformée en Temple de la Raison pendant la Révolution, l’église est restaurée au XIXe siècle : le clocher et la première travée sont reconstruits entre 1861 et 1868 par les architectes Théodore Olivier et Louis Calmettes. Les décors peints, vitraux (Joseph Villiet, Louis-Victor Gesta) et mosaïques du chœur datent de cette période.
L’édifice, inscrit aux Monuments Historiques en 2002, conserve des reliques de saint Alpinien, patron de la ville, et un orgue dont le buffet, classé, provient aussi de Belleperche. Les décors peints, étudiés par Anne Bossoutrot, révèlent des strates allant du XIIIe au XIXe siècle, avec des contributions majeures des frères Pedoya et du sculpteur Loubens. Le cloître, détruit en 1769, a laissé quelques chapiteaux dispersés dans la région.
Les transformations successives — reconstruction partielle, ajouts de chapelles, modifications liturgiques — reflètent son rôle central dans la vie religieuse et communautaire de Castelsarrasin, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque contemporaine. Son architecture mêle ainsi gothique languedocien, éléments Renaissance, et enrichissements baroques.