Frise chronologique
Fin XIe siècle
Fondation légendaire
Fondation légendaire
Fin XIe siècle (≈ 1195)
Lieu de rassemblement des croisés selon la tradition.
1206
Première mention écrite
Première mention écrite
1206 (≈ 1206)
Aucun vestige des XIe–XIIe siècles visible.
XVe siècle
Reconstruction gothique flamboyant
Reconstruction gothique flamboyant
XVe siècle (≈ 1550)
Après la guerre de Cent Ans.
1792
Élection des députés à la Convention
Élection des députés à la Convention
1792 (≈ 1792)
Lieu de vote révolutionnaire dans l’église.
1863–1864
Restauration néo-gothique
Restauration néo-gothique
1863–1864 (≈ 1864)
Clocher et transept rebâtis.
1907
Classement monument historique
Classement monument historique
1907 (≈ 1907)
Protection officielle de l’État.
Mai 1940
Bombardements de la Seconde Guerre mondiale
Bombardements de la Seconde Guerre mondiale
Mai 1940 (≈ 1940)
Effondrement des voûtes et destruction partielle.
1988–1993
Création des vitraux par Alfred Manessier
Création des vitraux par Alfred Manessier
1988–1993 (≈ 1991)
31 verrières sur le thème de la Résurrection.
2012
Restauration du clocher
Restauration du clocher
2012 (≈ 2012)
Toiture définitive après 1945.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Guy Ier de Ponthieu - Comte et fondateur légendaire |
Organisa le rassemblement des croisés en 1096. |
| Godefroy de Bouillon - Chef croisé |
Passa en revue les chevaliers à Abbeville. |
| Alfred Manessier - Peintre-verrier (1911–1993) |
Auteur des 31 vitraux modernes (1988–1993). |
| François Enaud - Inspecteur des monuments historiques |
Commanda les vitraux à Manessier en 1982. |
| Jean du Bos - Bourgeois d’Abbeville (XVIe siècle) |
Finança la *Mise au tombeau* sculptée. |
| Louis-Martin Porchez - Vicaire puis évêque (1805–1860) |
Servit à Saint-Sépulcre avant la Martinique. |
Origine et histoire
L'église Saint-Sépulcre d'Abbeville est une collégiale gothique du XVe siècle, reconstruite après la guerre de Cent Ans dans un style flamboyant. Bien que sa fondation remonte traditionnellement à la fin du XIe siècle, liée au rassemblement des croisés par Godefroy de Bouillon, aucun document ni vestige architectural ne confirme cette origine avant 1206. L’édifice actuel, mentionné pour la première fois en 1332, incarne le renouveau économique post-conflit, avec une architecture caractéristique de son époque.
En 1792, l’église accueillit l’élection des députés d’Abbeville à la Convention nationale. Au XIXe siècle, des restaurations majeures furent entreprises en 1863, incluant la reconstruction néo-gothique du clocher et du transept. Classée monument historique en 1907, elle subit de lourds dommages lors des bombardements de 1940, avec l’effondrement des voûtes et la destruction des vitraux. La restauration, retardée jusqu’aux années 1970, permit une renaissance artistique marquée par l’installation de 31 vitraux conçus par Alfred Manessier entre 1988 et 1993.
Les vitraux, réalisés par l’Atelier Lorin de Chartres, illustrent le thème de la victoire de la vie sur la mort, avec des scènes de la Passion et de la Résurrection. Ils attirent aujourd’hui près de 11 000 visiteurs annuels. L’église abrite également une Mise au tombeau du XVIe siècle, sculptée en bois et pierre, ainsi que des statues et un mobilier liturgique des XVIIe–XIXe siècles. Le clocher, enfin restauré en 2012, clôt un siècle de travaux visant à préserver ce joyau du patrimoine abbevillois.
Parmi les figures liées à l’église, Louis-Martin Porchez (1805–1860) y fut vicaire avant de devenir évêque de la Martinique. Les sources historiques, comme les ouvrages d’Em. Delignières (1904) ou de l’abbé Lefèvre (1872), documentent son évolution architecturale et son rôle dans la vie religieuse locale, depuis le Moyen Âge jusqu’à sa restauration contemporaine.